Formule 1

Prost très attristé par le décès de Niki Lauda

Son rival pour le titre chez McLaren dans les années 80

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Par Olivier Ferret

21 mai 2019 - 13:48
Prost très attristé par le décès de (...)

Alain Prost a été un des rivaux principaux de Niki Lauda sur la fin de la carrière de l’Autrichien, au milieu des années 80.

Le Français a été en lutte pour le titre face à Lauda en 1984 et 1985 et a fini par le battre, au sein de la même équipe, McLaren.

L’AFP a recueilli le sentiment du quadruple champion du monde aujourd’hui à l’annonce du décès de Lauda.

"Il y a des champions, des gens avec des palmarès, mais là on perd un seigneur qui ne s’est jamais plaint de quoi que ce soit dans sa vie, de sa condition, de son accident et qui a toujours avancé," explique Prost.

"Je suis totalement bouleversé, ému et très triste après un choc incroyable. Ce sont des sentiments beaucoup plus forts que j’aurais pu imaginer. C’est à peu près 40 ans de ma vie, quelqu’un qui représente beaucoup pour moi."

"C’est l’idole de ma jeunesse quand j’ai commencé en karting", pendant les années Ferrari, entre 1974 et 1977, quand Lauda a remporté ses deux premiers titres mondiaux. Il y a ensuite eu la période d’équipiers qui a été la plus faste et la plus géniale que j’ai jamais connue car il y a ce mélange de succès avec McLaren - lui gagne le championnat en 1984, moi en 1985 - mais surtout cette relation d’amitié très forte qui s’est crée à ce moment-là."

"Je suis aussi content pour lui qu’il l’ait gagné que si je l’avais gagné moi," ajoute Prost à propos de la bataille pour le titre en 1984.

Prost a eu pour surnom le professeur mais il aurait pu avoir le même que Lauda.

"Niki était surnommé l’ordinateur. Cette image lui a collé à la peau alors que c’était loin d’être un ordinateur. C’est quelqu’un qui savait différencier le travail et le privé, qui savait vraiment décompresser et qui m’a appris beaucoup par rapport à ça".

"Après les GP, j’étais dégouté quand j’avais un incident mécanique ou un truc comme ça et, un soir, il m’a emmené dans une boîte de nuit et on a commencé à boire un ou deux whisky coca, ce qui n’était jamais arrivé dans ma vie."

"On a énormément rigolé et il m’a dit : ’tu vois, ça sert à oublier ce qui s’est passé et à partir de demain tu ne penses plus jamais à ce qui est derrière.’ C’était sa philosophie : il y a le travail, il y a l’amusement. Depuis cette période, j’ai toujours des cases dans ma vie et je ne mélange pas les choses. Ca, c’est Niki qui me l’a donné."

Prost et Lauda se sont ensuite longuement croisés dans les paddocks, dans différents rôles, pour différentes équipes.

"On a toujours été en relation et ce qui est très, très fort c’est que cette amitié n’a jamais cessé. Je ne tournais pas les talons en me disant : qu’est ce qu’il m’a raconté ? C’était au deuxième degré ? Qu’est-ce qu’il veut dire ? Non, Niki, c’était Niki."

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