Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix du Brésil

Un week-end de premières et de tensions !

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Par Alexandre C.

15 novembre 2022 - 19:10
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les tops et les flops identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être applaudi ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : La pole exceptionnelle de Kevin Magnussen

On attendait que Sergio Pérez, George Russell et Carlos Sainz puissent signer leurs premières poles cette année, dans leurs monoplaces respectives… mais très certainement, personne ne s’attendait à ce que le revenant Kevin Magnussen en fasse de même en 2022 ! La pole du pilote Haas vendredi dernier, fut d’autant plus à saluer qu’elle fut signée à la régulière, sous piste humide. Certes, le Danois eut l’opportunité de profiter des conditions de piste optimales (avec une certaine vista stratégique de l’équipe qui le fit sortir au meilleur moment) ; certes encore, l’accident de George Russell sans doute lui permit de verrouiller sa pole en dernière partie de Q3.

Mais tout de même : ce fut bien à la régulière qu’au terme d’un tour magique, Kevin Magnussen eut l’opportunité de glaner sa première pole en carrière (la première aussi de l’équipe Haas, qui ‘bat’ le record de la plus longue attente avant une pole pour une écurie, qui appartenait à BAR). Ce tour de Kevin Magnussen ne venait pas de rien : il récompensait plutôt des tours déjà très prometteurs sortis par le Danois en Q1 et en Q2.

La magie de cette pole n’est en rien ternie par le reste d’un week-end plus difficile pour Kevin Magnussen (8e place en sprint, abandon au premier tour suite à une collision avec Daniel Ricciardo). Durant des années encore, Kevin Magnussen pourra savourer une année de retour pleine d’étincelles : sa 5e place à Bahreïn en début d’année, sa première pole… Qui l’eût cru encore en janvier dernier ?

Top n°2 : Et revoici les Mercedes !

La statistique est paradoxale : Mercedes n’avait pas réussi de doublé l’an dernier, mais y est parvenue en cette saison 2022 si complexe pour l’équipe. Là encore, comme pour Kevin Magnussen, cette performance ne vient pas de nulle part – on la voyait même venir depuis quelques courses, en particulier depuis les évolutions reçues à Austin. Maintenant qu’elle a réglé son démentiel problème de marsouinage, Mercedes peut en effet se concentrer depuis quelques Grands Prix sur l’amélioration pure des performances de la W13, et on voit tout ce qu’elle a en rayon. En course sprint comme en course tout court, la Mercedes était bien la voiture la plus véloce, économe avec ses pneus de surcroît.

Une mention spéciale doit bien sûr être attribuée à George Russell, qui vient glaner une première victoire entièrement méritée – et qui aurait dû lui revenir dès Sakhir 2020 sans une série de mésaventures. Le Britannique n’aura jamais cédé à une pression d’enfer, avec deux redémarrages derrière la voiture de sécurité et un certain Lewis Hamilton non loin derrière lui.

Là encore, c’est un paradoxe : car ces dernières courses, en cette deuxième moitié de saison, c’était plutôt Lewis Hamilton qui battait George Russell à la régulière. Mais peu importe pour Lewis, qui même s’il n’a plus qu’une occasion de remporter une victoire cette année, savourait surtout le retour au sommet de son équipe - pour lequel il a tant œuvré en début d’année en enchaînant les réglages expérimentaux en essais libres.

Top n°3 : Fernando Alonso chez Alpine : autant de raisons de l’adorer…

Dans le rayon des ‘qui l’eût cru’, on peut sans doute aussi placer le dimanche des Alpine : car après une course sprint désastreuse tant sur la piste qu’en dehors, peu de personnes voyaient les monoplaces françaises infliger une petite rouste comptable à McLaren (14 points), verrouillant probablement au passage la 4e place au classement des constructeurs. En vérité, Fernando Alonso, revenu de l’enfer dimanche (17e place) pour battre les deux Red Bull, n’a pas seulement eu de la réussite, avec une voiture de sécurité virtuelle (puis réelle) sortie au bon moment pour lui ; dès la course sprint, son rythme était frénétique, tout proche de celui des Red Bull ou des Ferrari.

Avec Esteban Ocon, lui aussi en verve mais moins gâté par la stratégie, et un peu en retrait aussi au niveau du rythme, Alpine a donc réussi l’un de ses meilleurs dimanches de l’année là où l’on attendait l’un des pires. Cette course démontre ainsi une fois de plus les excellents pas en avant d’Alpine en cette deuxième moitié de saison : Fernando Alonso va-t-il bientôt regretter son choix de claquer la porte pour Aston Martin F1 ?

Les flops

Flop n°1 : … que de le détester

Ce Grand Prix du Brésil aura été un succédané du Fernando Alonso tel qu’on le connaît – c’est-à-dire un guerrier redoutable en piste, mais au comportement politique discutable voire toxique en dehors. Pour le Fernando Alonso génial, il fallait venir le dimanche : le Taureau des Asturies a de nouveau dompté le milieu de grille, et même les deux Red Bull, pour s’offrir donc cette 5e place exceptionnelle, en étant parti de la 17e place…

Mais la veille, le Fernando Alonso politique et de mauvaise foi était bien de sortie, et de quelle manière. Une semaine après s’être interrogé sur ses multiples pannes moteur chez Alpine, l’Espagnol a poussé le bouchon encore plus loin en tassant son propre Esteban Ocon dans la ligne droite. Il fut jugé coupable par la FIA d’une manœuvre dangereuse au passage. Loin de s’excuser après-course, Fernando Alonso fit du Fernando Alonso en rajoutant de la tension dans l’air, adressant un tacle peu inspiré cette fois à son coéquipier : « Maintenant, on est à l’avant-dernière course, je veux juste aller à Abu Dhabi et tester la voiture verte. C’est donc mon principal objectif maintenant. J’ai été très proche du mur cette année à quelques reprises, à Djeddah, et à Budapest je me souviens aussi. Il semble que lorsque nous partons trop près, il y a cette défense dans les courses. C’est comme ça, on ne peut rien faire. »

Les tensions étaient même palpables le dimanche de course, quand il fut demandé à Ocon de ne pas se battre avec Alonso. Bref, l’Espagnol va quitter de nouveau une équipe (après McLaren, Ferrari…) dans une mauvaise ambiance. Quand Fernando passe, la bonne ambiance ne repasse pas… On comprend ainsi mieux pourquoi ni Toto Wolff, ni Christian Horner, n’ont voulu de lui dans leurs équipes respectives : certes Fernando Alonso est un animal sur la piste, mais en dehors aussi, et c’est bien le problème…

Flop n°2 : L’ambiance se tend chez Red Bull

Il n’y a pas que chez Alpine (et dans une moindre mesure chez Ferrari) que l’ambiance sera électrique à Abu Dhabi : chez Red Bull, des tensions au grand jour sont apparues entre Max Verstappen et Sergio Pérez. Quand il fut demandé au premier de laisser passer le deuxième, pour le gain de la 2e place au championnat, la réponse du Néerlandais fut à la fois catégorique et énigmatique : Non, je ne le ferai pas, et j’ai donné déjà mes raisons pour cela. Quelles raisons ? Il n’a pas fallu longtemps à deux journalistes des Pays-Bas (sans doute bien informés par le clan d’un certain pilote compatriote…) pour laisser éclater une polémique sur le ‘tour suspect’ de Sergio Pérez à Monaco (une erreur volontaire au Portier pour empêcher Max Verstappen de le battre en Q3 ?).

Que cela résulte d’une diversion, d’une fake-news ou au contraire d’une histoire peut-être véridique – la télémétrie de Monaco pour Sergio Pérez est certes troublante – il n’en reste pas moins que les tensions apparaissent réelles entre les deux pilotes Red Bull (et leur entourage). Et tout cela pour le gain d’une 6e place à Interlagos ! Certes, mais pour que les tensions ressurgissent à ce point pour une seule 6e place, cela en dit long sur l’ambiance à Milton Keynes… Red Bull n’avait certainement pas besoin de cette polémique, alors que les deux titres sont déjà verrouillés. La fête sera-t-elle durablement gâchée ? Avec des répercussions l’an prochain sur l’entente entre Max Verstappen et Sergio Pérez ? Seul l’avenir le dira.

Quoi qu’il en soit, sur la piste également, tout est allé de travers pour Red Bull qui a peut-être connu son pire week-end en performance pure de l’année. Une erreur de réglages (il n’y avait qu’une seule séance d’essais libres avant le Parc Fermé, cela a pu jouer) a sans doute fait dérailler la performance des deux monoplaces, qui n’avaient pas de rythme (même en tendres pour Sergio Pérez durant la course sprint) et qui mangeaient les gommes. Rien d’inquiétant après une telle série de performances en cette deuxième moitié de saison – mais assurément une grosse faute note dans une partition jusqu’ici exemplaire.

Flop n°3 : La bourde stratégique de Ferrari en qualifications

Si Ferrari a connu une course satisfaisante le dimanche, les deux pilotes Ferrari n’ont jamais vraiment été en lice pour la victoire. Or avec son rythme de ce week-end, Charles Leclerc aurait certainement pu être une épine dans le pied des Mercedes… Mais le week-end du Monégasque fut gâché par une énième bourde stratégique de son week-end en qualifications. En Q3 en effet, pour le premier run (qui serait le seul), Ferrari décidait de faire chausser les intermédiaires à Charles Leclerc. Problème : il était bien le seul du plateau, tout le reste du top 10 étant en tendres. La Scuderia disait attendre une pluie annoncée comme certaine par les radars, mais qui ne tomberait que quelques minutes plus tard – c’est-à-dire trop tard.

Charles Leclerc est donc parti du fond du top 10 en course sprint, et s’il s’était qualifié devant Sergio Pérez par exemple, sans doute n’aurait-il pas eu son accrochage avec Lando Norris… Et alors, qui sait ? Reste que l’agacement du Monégasque était fort perceptible à la radio, même le dimanche. Là encore, la saison est longue et il est temps qu’elle se termine pour tout le monde…

On demande à voir…

Les positions au classement des constructeurs vont-elles changer à la dernière course ?

Tout n’est pas encore joué en cette saison 2022 : certaines positions au classement des constructeurs peuvent varier au prochain Grand Prix à Abu Dhabi. Et quand on sait que chaque position vaut au bas mot plusieurs millions de dollars (les équipes ne connaissent pas encore le pot final qu’il faudra se départager), les enjeux restent donc élevés !

Pour la 2e place au classement des constructeurs, Mercedes est revenue à 19 points de Ferrari. Cela peut sembler beaucoup, mais vu la forme actuelle des Mercedes, et la tendance de la Scuderia à commettre quelques imprécisions stratégiques, un bouleversement de dernière minute n’est peut-être pas à exclure. 19 points séparent aussi Alpine de McLaren, mais il faudrait cette fois des abandons devant et une course folle pour voir l’équipe orange l’emporter sur le fil.

Pour la 6e place au classement des constructeurs, 5 points séparent Alfa Romeo d’Aston Martin F1 : un avantage qui peut là encore basculer si Aston Martin F1 conserve le rythme prometteur vu à Interlagos. Mais Alfa Romeo, comme le prouve la course de Valtteri Bottas, a aussi fait des progrès en performance pure ; et il faudra de même des abandons devant pour que la bataille soit gagnée au finish par les Verts.

Enfin, pour la bataille pour la 8e entre Haas et AlphaTauri, on ne compte que deux petits points d’écart. Mais étant donné que ces deux écuries ont du mal à jouer le top 10, le point inscrit par Kevin Magnussen en course sprint, à Interlagos, suite à sa pole, pourrait valoir très cher. Ce serait une vive déception pour AlphaTauri qui ne cesse de viser la 5e place au classement des constructeurs depuis des années...

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