Alpine F1 et Mercedes : déjà un départ de rêve selon Briatore et Sanchez

"Quand personne ne parle, c’est que tout va bien"

Auteur : Franck Drui
24 janvier 2026 - 11:35
Alpine F1 et Mercedes : déjà un départ de rêve selon Briatore et Sanchez

Flavio Briatore ne cache pas sa satisfaction. Pour le dirigeant italien, les premiers signaux positifs observés avec le nouveau moteur Mercedes d’Alpine en Formule 1 confirment pleinement le bien-fondé d’un choix qu’il a lui-même exigé. Un virage stratégique majeur, controversé en interne et chez les fans de la marque, mais que Briatore juge indispensable pour ramener l’écurie française vers l’avant de la grille.

La maison mère Renault avait en effet pris une décision lourde de conséquences en mettant fin à son programme moteur en tant que motoriste officiel pour la nouvelle ère réglementaire, afin de devenir équipe cliente de Mercedes à partir de 2026. Une décision qui avait suscité de vives critiques parmi les salariés de Viry-Châtillon, certains y voyant une véritable trahison de l’ADN historique du constructeur.

Mais alors que Mercedes est largement pressenti pour disposer du moteur de référence avec la nouvelle réglementation, ce changement pourrait offrir à Alpine un sérieux levier de progression, après une saison 2025 conclue à la dernière place du championnat.

Les premiers indices concrets de cette nouvelle ère sont apparus cette semaine lors du shakedown de la nouvelle A526 à Silverstone. Un roulage marqué par une fiabilité quasi exemplaire, un fait suffisamment rare pour être souligné par Briatore lui-même.

Confiée à Pierre Gasly, la monoplace a parcouru 140 kilomètres malgré des conditions météo difficiles. Alpine n’a pas atteint la limite réglementaire de 200 km pour une journée de tournage, uniquement en raison du manque de luminosité en fin de journée.

Lors du lancement de l’A526 à Barcelone hier, Briatore a décrit une situation qu’il n’avait encore jamais vécue en Formule 1.

"Il y avait de l’aquaplaning, donc ça n’avait aucun sens de prendre des risques avec la voiture," explique-t-il. "Mais faire 140 km a été facile, et pour la première fois de toute ma longue expérience en F1, la voiture est sortie, est rentrée, est ressortie… et n’est jamais rentrée."

L’Italien insiste surtout sur un détail révélateur : le silence dans le garage.

"Normalement, il y a toujours un problème de pression d’huile ou de température, un capteur mal branché, des discussions à la radio... mais là, tout le monde était silencieux."

"C’était une bonne nouvelle que personne ne parle. Quand les gens ne parlent pas, c’est que ça va bien."

Mercedes, une condition non négociable

Arrivé en 2024 comme conseiller exécutif auprès du PDG de Renault de l’époque, Luca de Meo, Briatore révèle aujourd’hui que le passage chez Mercedes n’était pas une option, mais une exigence absolue.

"Avec Luca de Meo, quand nous discutions de mon arrivée dans l’équipe, la seule condition pour que je rejoigne Alpine était d’avoir un moteur Mercedes," affirme-t-il. "Ce n’était pas un plan B. Il n’y avait qu’un seul plan."

"Je voulais un moteur Mercedes, totalement. C’était la seule manière de revenir. Aujourd’hui, il faut travailler avec les meilleures personnes, et les gens de Mercedes, depuis que nous avons commencé à collaborer... c’est une relation super, super forte. C’est exactement ce que nous recherchons."

Interrogé sur la possibilité d’un autre partenariat motoriste, sa réponse est sans détour : "Non. Je veux toujours discuter avec les meilleurs. Le deuxième meilleur, ça ne m’intéresse pas."

En parallèle du roulage d’Alpine, l’équipe officielle Mercedes a elle aussi effectué son shakedown à Silverstone, atteignant cette fois la limite maximale des 200 km. Une démonstration de fiabilité précoce qui constitue un atout majeur, notamment pour les équipes clientes, dans la compréhension des monoplaces 2026.

Le directeur technique exécutif d’Alpine, David Sanchez, partage cet optimisme, estimant que les 200 km étaient largement à la portée de l’équipe sans les caprices de la météo.

"Dès la sortie de la boîte, pouvoir enchaîner les tours sans s’arrêter, c’est un vrai gain de confiance. Cela montre qu’on peut arriver à Barcelone et se mettre immédiatement au travail."

"Nous voulions faire les 200 km. Mercredi matin, nous sommes partis directement sur un relais de cinq ou six tours, et la voiture fonctionnait bien. Ensuite, nous nous sommes arrêtés en attendant que la météo s’améliore, mais ça n’a jamais vraiment été le cas."

"En milieu d’après-midi, on s’est dit : ’bon, qu’est-ce qu’on fait ? Il faut sortir’. On a envoyé Pierre, on l’a simplement laissé en piste, et il a tourné, encore et encore."

"On s’est arrêtés uniquement parce qu’il nous a dit : ’il commence à faire sombre’, et il avait du mal à voir.
Honnêtement, atteindre les 200 km aurait été assez facile. Ça donne juste un peu plus de confiance avant d’aller à Barcelone et de pouvoir immédiatement accumuler les tours."

Alpine prévoit de participer au shakedown de Barcelone dès lundi, même si la météo, avec un risque d’averses en milieu de semaine, pourrait reconditionner le programme.

Au-delà de la performance pure du moteur, Sanchez se montre également très satisfait de la relation technique avec Mercedes.

"Nous travaillons de la manière la plus ouverte possible," souligne-t-il. "Les échanges sont très bons."

"L’intégration de cette unité de puissance s’est très bien passée. Maintenant, nous allons continuer à corriger les petits soucis résiduels et nous concentrer sur la fiabilité et l’intégration globale."

Lors du lancement d’Alpine, Briatore a tenu un discours clair : si l’équipe échoue cette saison, elle ne pourra s’en prendre qu’à elle-même. Selon lui, Alpine dispose désormais de tous les moyens nécessaires.

Interrogé sur ce qui constituerait "un bon ou un mauvais travail" en 2026, il a répondu : "Un mauvais travail ? L’année dernière est un très bon exemple."

"Un bon travail, c’est se battre à chaque course pour les points ; être régulièrement dans le top 6 ou 7. Et peut-être que certaines courses, quand quelque chose tourne mal pour les autres, on peut faire un peu mieux."

"Au moins, nous avons une base solide. On ne construit pas une maison sur du sable. Il faut commencer quelque part. Et c’est là que nous en sommes."


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