Alguersuari : Le Brésil sera comme une finale de la Ligue des Champions
Le Catalan s’exprime avant la lutte finale 2012
Jaime Alguersuari, qui commente cette saison la Formule 1 sur la BBC Radio 5, s’est exprimé concernant la dernière manche de la saison 2012 au Brésil, qui décidera si Sebastian Vettel ou Fernando Alonso deviendra le sixième triple champion du monde.
Vettel et Alonso possèdent chacun deux titres mondiaux, et l’un des deux remportera son troisième ce week-end. Le vainqueur rejoindra au palmarès Jack Brabham, Jackie Stewart, Niki Lauda, Nelson Piquet et Ayrton Senna.
Alguersuari, qui a piloté pour Toro Rosso par le passé, compare cette lutte finale à un match de football. Ce n’est pas forcément celui qui aura la meilleure voiture qui gagnera.
« La situation à l’apogée de la saison de Formule 1 au Brésil ce week-end est un peu comme une finale de la Ligue des Champions, avec deux équipes en situation de match nul 1 à 1 alors qu’il reste une minute à jouer. Tout peut arriver », déclare Jaime Alguersuari. « Sur le papier, la Red Bull de Sebastian Vettel est dans une très bonne position, avec une voiture rapide et 13 points d’avance sur la Ferrari de Fernando Alonso - alors qu’il reste seulement 25 points à distribuer au vainqueur. »
« Un pilote a tout à perdre et l’autre a tout à gagner. La seule attitude valable qu’Alonso puisse avoir est de prendre des risques et être agressif du début à la fin. La seule attitude valable que Vettel peut avoir est d’être prudent, car tout ce qu’il peut faire c’est de perdre le titre. C’est comme un match de poker. Les deux joueurs ont des cartes différentes et ils doivent jouer entre eux du mieux qu’ils peuvent. Et celui avec la meilleure main ne gagnera pas forcément », ajoute le Catalan.
« La première chose que Vettel a besoin de faire, c’est finir la course et être dans les points. C’est ce qu’il devrait se dire dans la tête. Il est en tête, il a la voiture la plus rapide sur la grille. Alonso a presque déjà perdu, il est déjà second, il ne peut pas aller plus mal. Donc, il n’a rien à perdre. »
Alguersuari se permet de reprendre un exemple criant : le Grand Prix d’Abu Dhabi 2010, quand Fernando Alonso comptait 15 points d’avance au championnat devant Vettel. A l’issue de la course, c’est bien l’Allemand qui remportait le titre...
« La situation est presque exactement l’inverse de la course finale pour le titre en 2010, quand c’est Vettel qui est arrivé à la dernière course de la saison à Abu Dhabi 15 points derrière Alonso, mais qui a fini champion », se souvient le Catalan.
« Dans ce genre de situation les petites erreurs peuvent arriver. Dans les arrêts aux stands, dans la stratégie ou dans le choix des pneumatiques, vous pouvez perdre le championnat. Tout le monde aura des attentes élevées pour Interlagos, mais on aurait tort d’oublier ce qu’il s’est passé plus tôt cette année. A Valence, Vettel a été grand dominateur et aurait même pu faire un autre arrêt aux stands, il aurait quand même gagné. Puis la défaillance de l’alternateur l’a forcé à abandonner. »
« Ensuite, regardez Spa. Alonso aurait probablement terminé deuxième, mais la Lotus de Romain Grosjean lui a atterri dessus dès le premier virage. Cela n’avait rien à voir avec Alonso, et il n’aurait rien pu faire pour l’éviter. Mais c’est arrivé. »
« Alonso a pris des risques quand il devait en prendre. Il était conservateur quand il avait besoin de l’être. Ses deux ou trois premières courses de l’année, en particulier, étaient incroyables : la Ferrari était à une seconde et demie du rythme lors de la première course à Melbourne, et il a réussi à terminer dans les cinq premiers. En Malaisie, la semaine suivante, il a gagné. Incroyable. La saison de Vettel a été bien différente : il a gagné lorsqu’il avait la meilleure voiture, et il était dans le top cinq quand elle ne l’était pas. Ce sont deux grands pilotes, deux grands champions. Mais toute erreur coûtera cher maintenant. »
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