Essais des Pirelli P Zero R et Trofeo RS : les nouvelles références pour les track days !
Le manufacturier italien frappe fort dans le haut de gamme ultra sportif !
Nextgen-Auto.com, en association avec le BMW M Club France, a pu tester les dernières nouveautés pneumatiques de Pirelli lors de la toute dernière édition du P Zero Experience en France, sur le circuit Paul Ricard. Au menu de cet article, nos essais et ressentis du tout nouveau P Zero R et du Trofeo RS, respectivement sur une BMW M3 Compétition type G80 et une BMW M2 CS type F87.
Pour nos lecteurs, Pirelli c’est bien entendu le manufacturier officiel de la F1, mais aussi l’une des plus grandes marques de pneus sportifs au monde, autant en première monte que sur le marché des pneus de remplacement.
Lors du Pirelli P Zero Experience qui s’est tenu en début de mois au Castellet, votre serviteur et Eric, le trésorier du BMW M Club France, ont pu tester sur leurs véhicules personnels ces nouveaux pneumatiques sportifs qui intéressent fortement les afficionados des track days. Vous retrouverez plusieurs photos de notre track day sous l’article.
Commençons par la nouveauté la plus récente, les Pirelli P Zero R qui étaient montés sur la M3 G80 xDrive en 285/30/20 à l’avant comme à l’arrière, le 295/30/20 qui aurait été idéal à l’arrière n’étant pas encore disponible. Les P Zero R marquent probablement l’évolution la plus importante de la gamme P Zero depuis plusieurs années. Alors que les précédents P Zero Corsa étaient souvent considérés comme d’excellents pneus de première monte mais un peu en retrait face aux références du marché en remplacement, son successeur, le P Zero R semble changer la donne. Les premiers essais indépendants dressaient le portrait d’un pneu capable de rivaliser, voire de surpasser, les meilleures références actuelles que sont les Continental SportContact 7, Michelin Pilot Sport Cup 2 et Michelin Pilot Sport S 5 selon les situations.
Un positionnement inédit du P Zero R
Il est d’abord important de comprendre où se situe le P Zero R dans la gamme Pirelli.
Contrairement au nouveau P Zero (PZ5), qui remplace le PZ4 comme pneu ultra haute performance (UHP) routier polyvalent, le P Zero R vise clairement le segment Ultra UHP. Il ne s’agit pas d’un semi-slick destiné principalement au circuit comme un Michelin Cup 2 ou un Bridgestone Potenza Race, mais plutôt d’un pneu sportif pour une utilisation routière intensive capable de supporter des roulages très dynamiques.
Autrement dit, Pirelli a cherché à créer un pneu capable d’offrir les performances d’un semi-slick sans en subir les inconvénients habituels sous la pluie ou sur route froide.
Alléchant ! Etant habitués des Michelin PS4S et Cup 2, ainsi que des Yokohama A052 et AD09 lors de mes track days sur les 4 dernières années, j’attendais vraiment beaucoup de cette journée, et je n’ai pas été déçu, bien au contraire.
Sur le Paul Ricard, dans des conditions idéales (une cinquantaine de voitures sur la journée, en open pitlane) mais néanmoins chaudes (près de 35°C), le P Zero R m’a tout de suite permis de battre mon précédent record de... 3 secondes !
En effet, avec les P Zero R, la M3 G80 m’a permis de tourner en 2’25"04 au lieu de 2’28"01 en Cup 2. La messe était dite côté chrono et les promesses tenues. Mais qu’en est-il du ressenti ?
Le comportement en virage est le premier à saluer, le train avant répond immédiatement, la direction est précise et les transferts de charge restent parfaitement maîtrisés. Le P Zero R offre énormément de confiance lorsque l’on approche de la limite d’adhérence, avec une progressivité dans la dérive, là où tous ses concurrents m’ont toujours paru un peu plus abrupts.
Cette progressivité constitue probablement l’une des plus grandes qualités que j’ai pu remarquer. Plutôt que de décrocher brutalement, le P Zero R avertit progressivement ce qui permet d’exploiter toute l’adhérence sans peur de voir le train arrière passer devant sans comprendre pourquoi !
Sur la lourde G80 (1745 kilos mesurés avec le plein) le sous-virage apparaît tardivement. J’ai pu faire quelques tours en mode 100% propulsion et la motricité reste excellente, avec une dérive facilement contrôlable ! Le ressenti est excellent et même si BMW filtre beaucoup les informations remontant au volant, on sait et on sent comment le pneu travaille aux quatre coins. Le freinage est aussi exceptionnel sur le sec, avec une voiture qui reste stable sur les transferts de charge.
Le verdict sur le P Zero R
Comme je l’ai dit au staff de Pirelli sur place très rapidement après quelques sessions, le P Zero R est clairement devenu mon pneu de référence pour les track days. Je n’ai évidemment pas pu le tester sous la pluie mais les essais du très réputé média Tyre Reviews sont également très élogieux dans ces conditions.
Voilà donc un pneu capable de vous promettre une belle journée, quelles que soient les conditions. Tout le monde ne dispose pas forcément de plusieurs jeux de roues et parfois la météo peut se révéler très hésitante voire changeante sur une journée.
Quels sont les points négatifs ? Qui dit pneu Ultra UHP dit forcément grip supérieur et donc une résistance au roulement un peu supérieure. La consommation peut s’en ressentir mais cela reste très marginal. Lors de mon test routier, sur environ 500 kilomètres avant mon track day, je n’ai rien relevé de particulier à ce niveau.
Le confort est également un peu moins convaincant mais c’est le compromis trouvé avec une carcasse plus rigide qui permet d’avoir une bien meilleur précision. Les flancs transmettent davantage les irrégularités de la route.
Qu’en est-il de l’usure ? C’est probablement le point sur lequel nous manquons encore de recul après ce test mais la surface du pneu était particulièrement propre après presque 50 tours de circuit. Il faut bien veiller à rester au niveau des pressions du constructeur à chaud pour éviter de trop user l’extérieur du pneumatique. On monte très vite à plus de 2,5 bars en partant à 2 bars, mais l’amplitude entre les deux pressions est facile à gérer sur un track day.
Aujourd’hui, le marché des pneus sportifs premium est particulièrement relevé et Pirelli vient de le secouer de main de maitre ! Le Continental SportContact 7, les Michelin Pilot Sport 4S et S5 sont clairement dominés. Le Michelin Pilot Sport Cup 2 également. Le P Zero R semble avoir trouvé une combinaison rarement observée : offrir un niveau de grip digne d’un pneu très sportif tout en conservant un comportement rassurant. Et il reste très polyvalent sur la route, autant sur le sec que sous la pluie.
Reste encore une inconnue, me concernant en tout cas : son prix. Si j’ai pu bénéficier de pneus adaptés à ma voiture pour ce test, ils ne sont pas encore commercialisés. Si je compare les références actuelles aux P Zero R déjà disponibles pour le marché de remplacement, le prix semble vouloir se positionner entre celui d’un PS4S et d’un Cup 2. Ce qui, vu sa polyvalence et sa performance, nous parait plus que justifié... pour ne pas dire la bonne affaire pour les amateurs de conduite sportive et de track days !
Les Trofeo RS pour les performances extrêmes
Eric, le trésorier du BMW M Club France, a lui testé une autre catégorie de pneus encore plus performante, à la gomme logiquement bien plus tendre et aux sculptures clairement adaptées à la piste : le Pirelli P Zero en version Trofeo RS.
Le Pirelli P Zero Trofeo RS représente le sommet de la gamme sportive routière du manufacturier italien. Là où le récent P Zero R cherche à proposer un compromis très large entre route rapide, conduite sportive et journées circuit, le Trofeo RS adopte une philosophie beaucoup plus radicale : offrir le maximum de performances sur piste tout en conservant une homologation routière. Il est donc davantage un concurrent des Michelin Pilot Sport Cup 2 R, des Bridgestone Potenza Race ou des Goodyear Eagle F1 SuperSport RS qu’un simple pneu sportif routier.
Le positionnement est clair : le Trofeo RS est destiné aux propriétaires de supercars, d’hypercars et de voitures sportives utilisées régulièrement sur circuit. Pirelli l’a d’ailleurs développé initialement comme un équipement de première monte pour certains constructeurs prestigieux, notamment avec une version spécifique demandée par Pagani pour l’Utopia, qui était présente sur notre track day avec des baptêmes proposés par Pirelli. Quelle merveille pour les yeux !
Le Trofeo RS succède directement au P Zero Trofeo R, un pneu déjà considéré comme une référence chez les amateurs de track days. La différence fondamentale est que Pirelli a voulu rendre le RS plus homogène et plus exploitable.
Le Trofeo R était avant tout un pneu "aftermarket" destiné aux passionnés recherchant un chrono. Le Trofeo RS est davantage pensé comme un produit intégré dans le développement global d’une voiture : les constructeurs peuvent désormais calibrer leurs châssis, leurs suspensions et leurs aides électroniques autour de ce pneu dès la conception.
Le Trofeo RS se distingue sur plusieurs domaines, notamment une adhérence maximale très élevée. Sur piste sèche et avec une température correcte, le niveau de grip est supérieur au Cup 2 R. Le freinage exceptionnel est aussi l’un de ses points forts. Les pneus semi-slicks modernes gagnent énormément de distance au freinage grâce à leur grande surface de contact et leur rigidité. Les données indiquent que le Trofeo RS affiche des distances de freinage sur sec environ 6 % meilleures que celles des pneus premium classiques dans les tests disponibles. Sur une voiture de 600, 700 ou 800 chevaux, ces mètres gagnés représentent un avantage considérable.
L’endurance enfin, c’est peut-être le domaine où Pirelli veut créer la différence. Le problème historique des pneus extrêmement performants est leur dégradation rapide. Une gomme très tendre peut offrir un tour exceptionnel puis perdre plusieurs secondes lorsque la température devient excessive. Le Trofeo RS vise une meilleure régularité grâce à son nouveau mélange et à sa construction renforcée. L’objectif est de pouvoir enchaîner davantage de tours rapides sans chute brutale de performance.
Les compromis restent importants toutefois, il ne faut toutefois pas considérer le Trofeo RS comme un pneu sportif universel. Ses limites sont logiquement liées à son orientation. Sur route froide ou humide, il sera nettement moins performant qu’un P Zero R. Son score sous la pluie est d’ailleurs très inférieur à celui des pneus routiers sportifs, ce qui confirme qu’il privilégie largement le sec.
Enfin, comme toute gomme très haute performance, le prix est un facteur à ne pas négliger. Mais sa durabilité sur plusieurs track days vient compenser son coût plus élevé au départ, à condition évidemment d’en prendre soin en évoluant avec les bonnes pressions pour l’user le plus uniformément possible. Les pressions constructeurs à chaud sont en général un très bon point de référence.
Toutefois, on n’use pas un set de Trofeo RS n’importe où et n’importe comment. C’est le genre de pneus que l’on aime avoir sur un track day en privé ou en comité assez restreint, quand la piste n’est pas bondée, afin de pouvoir enchainer un maximum de tours "clairs" sans être gêné. Pour aller repousser ses limites et ses chronos. Comme nous avons pu le faire dans les conditions idéales du P Zero Expérience !
Le verdict sur le P Zero Trofeo RS
Eric nous livre le résultat de sa journée avec ce Trofeo RS, et son ressenti est d’autant plus intéressant puisqu’il exploite aussi le Trofeo R sur une autre de ses BMW M.
Après un très bon ressenti avec les Trofeo R sur ma BMW Série 1M E82, avec un monte piste en 265/35/18 à l’avant et 295/30/18 à l’arrière, la monte d’origine n’existant pas, j’avais hâte que Pirelli sorte une monte homologuée sur la BMW M2 CS F87, voila chose faite, et en plus en Pirelli P Zero Trofeo RS, la gamme semi-slick aux performances extrêmes.
Depuis la réception de l’auto, je roule en Michelin Cup 2 Connect, mais la prise en main des Trofeo RS a été très facile. Après quelques tours de chauffe pour monter rapidement à 2,5 bars, petit arrêt au stand pour redescendre un peu en dessous de la préconisation du constructeur.
Dès les premiers tours on remarque rapidement que les flans sont plus rigides que sur les Cup 2, et la M2 CS est plus maniable et s’inscrit plus facilement dans les virages lents du circuit du Castellet. Sur le rapide le touché de piste est excellent, on ressent toutes les aspérités de la piste et aussi les bouts de gommes laissés par nos autres amis pistards. L’auto est bien rivée au sol comme si l’on avait une monte plus large en ligne droite.
A la différence des Trofeo R ancienne génération que j’ai sur la 1M, qui était plus un pneu de "qualification" avec une fenêtre de fonctionnement optimale de 4/5 tours maximum, là avec ces nouveaux Trofeo RS, on peut enchainer 10 tours sans baisse de performance avec des températures de piste avoisinant les 45°...
L’après-midi, j’ai été épaulé par notre coach Philippe Chatelet, j’ai remonté un peu les pressions et c’est là où j’ai fait mes meilleurs chronos de la journée, malgré les températures qui augmentaient.
Le ressenti est plus que positif sur ces nouveaux Pirelli P Zero Trofeo RS, après 60 tours environ sur la journée je pourrai largement refaire 2 journées piste encore surement.
Nous retrouverons certainement Pirelli sur une de nos journée circuits en 2027 pour présenter à nos membres ces nouveaux produits.
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