La FIA affiche sa confiance pour la tenue des Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi

Ben Sulayem a fait un point de situation ce mardi

La FIA affiche sa confiance pour la tenue des Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi
Auteur : Franck Drui
20 octobre 2026 - 17:57

L’incertitude qui entoure la fin de la saison 2026 de Formule 1 semble progressivement se dissiper. Malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient et les récents épisodes de violence dans la région, Mohammed Ben Sulayem se montre catégorique : les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi doivent se dérouler comme prévu. Le président de la FIA affirme que les conditions de sécurité permettent actuellement d’organiser ces deux épreuves, tout en reconnaissant qu’une évolution de la situation reste impossible à exclure. Le discours des instances de la F1 a ainsi sensiblement changé ces dernières semaines, alors qu’Imola demeure une solution de remplacement potentielle.

La tenue des deux dernières manches du championnat du monde 2026 fait l’objet d’interrogations depuis plusieurs mois en raison du conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Si cette guerre occupe désormais une place moins importante dans l’actualité internationale, notamment à l’approche des élections américaines de mi-mandat, la situation sécuritaire dans la région reste particulièrement instable.

La semaine dernière encore, deux porte-conteneurs ont été coulés à proximité du détroit d’Ormuz après avoir été frappés par des missiles. Ces incidents s’inscrivent dans une forte augmentation des attaques iraniennes contre le trafic maritime dans le cadre du conflit.

Parallèlement, les Houthis, mouvement séparatiste yéménite, ont également visé plusieurs installations en Arabie saoudite, notamment l’aéroport international de Riyad, lors d’une attaque ayant fait au moins treize morts. En Israël et dans les territoires palestiniens, des colons israéliens ont également mené des attaques contre des Palestiniens et des ressortissants étrangers en Cisjordanie.

Ce contexte avait conduit la Formule 1 à envisager différents scénarios pour conclure son championnat, notamment un éventuel remplacement des deux dernières épreuves par une course à Imola. Au départ, les indications circulant dans le paddock laissaient entendre qu’une décision définitive concernant les Grands Prix du Qatar et d’Abu Dhabi devait être prise à la mi-septembre.

Cette échéance devait permettre de déterminer si les deux courses pouvaient être maintenues ou si la solution de remplacement représentée par Imola devait être activée. La date limite avait ensuite été repoussée à la mi-octobre. Mais ces dernières semaines, la position des responsables du championnat a sensiblement évolué.

Plutôt que d’attendre une annonce formelle confirmant l’organisation des deux Grands Prix, le personnel de la F1 a désormais été invité à considérer que les déplacements au Qatar et à Abu Dhabi auraient bien lieu, sauf communication contraire. En parallèle, Imola se prépare pour prendre le relais en urgence.

Cette nouvelle approche traduit une confiance accrue dans la possibilité de terminer la saison conformément au calendrier initial.

Les déclarations de Mohammed Ben Sulayem, mardi, s’inscrivent directement dans cette logique. Interrogé par les médias sur les conditions de sécurité des événements internationaux organisés sous l’égide de la FIA, Ben Sulayem a d’abord évoqué des compétitions extérieures à la Formule 1.

Il a notamment été question du prochain Rallye Dakar, dont le départ est prévu en Arabie saoudite au mois de janvier. Le président de la Fédération Internationale de l’Automobile a alors insisté sur la responsabilité des organisateurs envers les participants et les officiels.

"Nous faisons preuve de bon sens et nous n’emmènerons jamais notre personnel, nos pilotes ou nos officiels dans un endroit où nous estimons qu’il existe un risque. Jamais."

Invité ensuite à préciser s’il considérait que le Qatar et Abu Dhabi présentaient actuellement des conditions satisfaisantes pour accueillir les deux dernières courses de Formule 1, sa réponse a été immédiate.

"Oui, tout va bien."

"Il y a une chose que je voudrais dire : mes enfants sont là-bas, aux Émirats arabes unis. Vous pensez que je les laisserais là-bas pendant que je suis ici avec vous si c’était dangereux ?"

"Il faut faire preuve de discernement dans cette situation. Se demander : ’Allons-nous rencontrer un problème ?’ est une chose."

"Mais ce que vous lisez dans les médias est en réalité différent de ce que nous constatons là-bas. Ce que nous lisons et voyons à la télévision nous fait dire : ’Mais où cela se passe-t-il ?’ Nous ne vivons pas vraiment cela. Sinon, pourquoi est-ce que je resterais là-bas ? Pourquoi y laisserais-je ma famille ?"

Rien ne s’oppose à la tenue des deux courses

Malgré son optimisme, Mohammed Ben Sulayem refuse toutefois de garantir que la situation ne pourra pas évoluer d’ici aux dernières manches de la saison. Les tensions régionales et les risques de nouveaux incidents rendent toute prévision à long terme délicate.

Le dirigeant distingue donc clairement les conditions actuelles de sécurité d’une garantie absolue concernant les semaines à venir.

"Est-ce que cela signifie qu’il ne se passera rien ? Je ne peux pas le prédire. Je peux seulement vous dire qu’aujourd’hui, il n’y a rien qui empêche leur organisation et que les deux courses auront lieu."

Interrogé plus précisément sur sa confiance dans la possibilité d’envoyer le personnel de la fédération au Qatar et à Abu Dhabi, Ben Sulayem a confirmé qu’il n’avait actuellement aucune inquiétude particulière.

"Je suis rassuré, oui, bien sûr. Écoutez, je ne pense pas que le personnel de la FIA soit plus important à mes yeux que moi-même ou ma famille. Mais si je suis là-bas, cela signifie que je considère que la situation est sûre."

Cette confiance affichée ne signifie cependant pas que la FIA ait abandonné toute possibilité de modifier le calendrier. Ben Sulayem rappelle que la fédération a déjà dû s’adapter à la situation au Moyen-Orient plus tôt dans la saison.

En avril, les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite avaient été annulés à la demande des pays concernés. Le Grand Prix portant le nom de Bahreïn a ensuite été organisé en Malaisie au début du mois d’octobre.

Ces précédents montrent que les instances du championnat restent disposées à modifier leur programme lorsque les circonstances l’exigent.

La possibilité d’organiser une finale de remplacement à Imola n’a donc pas été définitivement écartée.

"Bien sûr, la FIA est toujours prête."

La fédération a également anticipé une autre difficulté potentielle : les restrictions de déplacement qui pourraient être imposées par certains gouvernements.

Même si les autorités locales considèrent les conditions de sécurité comme satisfaisantes, des recommandations officielles ou des interdictions de voyage pourraient empêcher certains membres essentiels du personnel de la FIA de se rendre au Qatar ou aux Émirats arabes unis.

Pour éviter qu’une telle situation ne compromette l’organisation des épreuves, des dispositions ont déjà été prises.

Ben Sulayem a confirmé que des préparatifs avaient été engagés afin de disposer "d’une autre équipe de la FIA prête" à intervenir si certains officiels ne pouvaient pas effectuer le déplacement.


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