Antonelli peut devenir champion du monde... mais il doit d’abord laver sa voiture !
Du karting au sommet de la F1, l’Italien se dévoile un peu plus avant Austin
Kimi Antonelli pourrait entrer dans l’histoire de la Formule 1 dès ce week-end à Austin en devenant le plus jeune champion du monde de la discipline. À seulement 20 ans, le pilote Mercedes aborde pourtant cette échéance avec une décontraction surprenante, préférant se concentrer sur ses passions et ses habitudes quotidiennes plutôt que sur les calculs du championnat. Entre ses séances de karting, ses plaisanteries au sein de l’écurie et un rituel étonnant consistant à laver lui-même sa voiture avant chaque Grand Prix, l’Italien explique comment il a appris à gérer une pression qui l’avait parfois submergé lors de sa première saison.
Avant de prendre la direction des États-Unis, où il pourrait décrocher son premier titre mondial, Kimi Antonelli aura accompli une tâche bien éloignée des exigences habituelles d’un pilote de Formule 1 : nettoyer soigneusement sa Mercedes-AMG GT 63.
Une habitude à laquelle le jeune Italien tient particulièrement et qui illustre sa volonté de conserver une vie aussi normale que possible malgré son ascension fulgurante. Car si Antonelli ne pense pas constamment à la Formule 1, il reconnaît que la compétition automobile occupe pratiquement toutes ses journées.
Dans un entretien accordé aux médias avant Austin, le pilote Mercedes F1 explique qu’il cherche à éviter de se laisser envahir par les enjeux du championnat. Cela ne signifie pas qu’il s’éloigne complètement du sport automobile lorsqu’il quitte les circuits. Bien au contraire.
"La Formule 1 n’occupe pas toujours mes pensées. La course automobile, oui, parce que lorsque je rentre chez moi, je joue sur mon simulateur, je conduis toujours quelque chose. Soit je suis en piste avec la GT3 de mon père à Misano, soit je joue sur le simulateur, soit je fais du karting. Donc la course automobile occupe toujours mes pensées."
"J’essaie de ne pas trop penser, avant tout, à la bonne situation dans laquelle je me trouve. J’ai l’impression que si je réfléchissais trop aux championnats et à tout cela, je finirais probablement par devenir anxieux également."
"Et puis je ne pourrais pas non plus passer du temps de qualité à la maison, parce que je ne ferais que m’inquiéter de tout cela. Quand je rentre chez moi, je me détends simplement et je fais des choses normales, ordinaires. Une chose que j’adore faire, c’est laver ma voiture."
Un rituel étonnant avant chaque Grand Prix
Antonelli possède une Mercedes-AMG GT 63 dont il prend personnellement soin. Et contrairement à ce que son statut de pilote de Formule 1 pourrait laisser imaginer, il préfère s’occuper lui-même de son entretien.
"Je vais à la station de lavage. Je n’utilise jamais le lavage automatique, avec les rouleaux. J’aime toujours laver la voiture moi-même, à la main. Je la nettoie à l’intérieur comme à l’extérieur. Les gens sont toujours très surpris, parce qu’ils me disent : ’Oh, je n’aurais jamais pensé te voir venir ici’. Mais j’aime ça."
"D’abord parce que j’adore les voitures et que j’aime vraiment prendre soin de la mienne et de tout ce qui va avec. J’aime la voir propre et tout ça, donc c’est une activité que j’adore. C’est une routine. Avant chaque week-end de course, donc avant Austin par exemple, la veille de mon départ, j’irai à la station de lavage pour nettoyer la voiture."
Et Antonelli ne fait pas les choses à moitié. S’il est capable de se montrer extrêmement rapide au volant de sa Mercedes de Formule 1, il prend tout son temps lorsqu’il s’agit de nettoyer sa voiture personnelle.
"Je prends mon temps parce que cela doit être bien fait. Elle doit être bien nettoyée. Elle doit être bien séchée, parce que si vous ne la séchez pas correctement et qu’il reste de l’eau, cela fait bizarre, elle paraît sale. Donc il faut bien faire les choses, et nettoyer aussi l’intérieur. Pour cela, je prends mon temps."
Une première saison beaucoup plus éprouvante qu’il n’y paraissait
Si Antonelli se trouve aujourd’hui aux portes d’un titre historique, sa progression n’a pas été aussi simple que ses résultats actuels pourraient le laisser penser.
Lors de sa première saison en Formule 1, l’Italien avait dû apprendre à gérer simultanément les exigences sportives, les obligations médiatiques et l’attention considérable suscitée par son arrivée chez Mercedes.
Il avait notamment rencontré des difficultés à l’occasion de son Grand Prix à domicile, à Imola, où la pression et les nombreuses sollicitations avaient pesé sur son état mental.
Avec le recul, Antonelli considère qu’il avait surtout besoin de prendre le temps d’analyser cette première expérience.
"J’avais principalement besoin de temps pour digérer les choses, pour revenir sur ma première saison, comprendre ce qui avait été positif et ce qui ne l’avait pas été. Et aussi mieux comprendre ce qui était bon pour moi et ce qui ne l’était pas."
Il a notamment appris à déléguer davantage certaines responsabilités à son entourage afin de préserver son énergie mentale pour la compétition.
"Par exemple, la course à domicile de l’année dernière, à Imola, la manière dont les choses avaient été gérées n’était pas bonne. Cette année, dans ma façon de gérer les choses, j’ai l’impression que, pour davantage de sujets moins importants, je peux beaucoup m’appuyer sur les personnes qui m’entourent afin qu’elles s’en occupent. Comme cela, je n’ai pas à m’en inquiéter."
L’objectif est désormais de limiter ses préoccupations à ce qui compte réellement pour sa performance.
"La seule chose dont je me préoccupe, c’est d’aller en piste et de faire de mon mieux. L’année dernière, je m’inquiétais de beaucoup trop de choses, surtout lors de ma course à domicile, et c’est pour cela que je me sentais mentalement épuisé si tôt dans le week-end."
Antonelli estime que ce changement d’organisation a joué un rôle déterminant dans son évolution.
"Cette année, je me suis senti beaucoup mieux. Je me suis senti bien plus protégé. Notamment parce que les choses dont j’essayais de m’occuper l’année dernière sont désormais prises en charge par l’équipe et par les personnes qui travaillent avec moi. Je peux donc simplement me concentrer sur les aspects importants. Cela a été quelque chose de très important pour moi."
Le passage de la F2 à la F1 est "énorme"
Le pilote Mercedes rappelle également que sa première saison avait été rendue particulièrement exigeante par son arrivée directe dans une écurie de pointe.
Contrairement à certains jeunes pilotes qui débutent dans des structures moins compétitives, Antonelli avait immédiatement dû répondre aux attentes d’une équipe habituée à jouer les premiers rôles.
"Il s’agissait donc principalement de digérer cette expérience. Je pense aussi que, lors de la première saison, on est naturellement un peu plus tendu parce que tout est nouveau. C’est une étape tellement importante. Les gens ne réalisent pas à quel point le passage de la F2 à la F1 est énorme. Surtout dans mon cas, puisque je suis arrivé directement dans une équipe de pointe."
Selon lui, commencer sa carrière dans une structure plus modeste aurait probablement facilité son adaptation.
"Je pense qu’arriver dans une équipe plus petite aurait représenté une étape beaucoup moins importante, disons que la transition aurait été un peu plus facile. Mais lorsqu’on arrive directement dans une équipe de pointe, la charge de travail est déjà beaucoup plus élevée. Il y a beaucoup plus d’engagements en dehors de la piste, beaucoup plus de journées consacrées au marketing et d’événements avec les partenaires. Mais le niveau d’exigence est également plus élevé dans une grande équipe."
Antonelli ne regrette pourtant pas d’avoir été propulsé directement chez Mercedes. Il estime même que cette expérience accélérée lui a permis d’apprendre davantage, notamment sur la manière de gérer l’attention médiatique et les attentes extérieures.
"Je suis très heureux d’avoir rejoint directement Mercedes, ne vous méprenez pas, parce que, encore une fois, j’ai l’impression d’avoir beaucoup plus appris. Surtout en devant gérer immédiatement l’attention médiatique et la pression. Mais je pense vraiment que le saut a été beaucoup plus important en arrivant chez Mercedes qu’il ne l’aurait été dans une équipe plus petite."
Les plaisanteries d’Antonelli sont devenues une tradition chez Mercedes
Cette meilleure adaptation à son environnement professionnel se traduit également par une relation particulièrement détendue avec les membres de son équipe. Mercedes accompagne Antonelli depuis ses années de karting, et le jeune Italien semble désormais parfaitement à l’aise au sein d’une structure qu’il connaît depuis longtemps.
Avant chaque course, il prend notamment l’habitude de taper dans la main de tous les membres de son équipe. Il conserve également un petit rituel avec son ingénieur de course, Peter Bonnington, surnommé Bono.
Antonelli garde systématiquement le premier film protecteur qu’il retire de la visière de son casque pour le glisser sous le clavier de son ingénieur. Une plaisanterie devenue suffisamment habituelle pour faire partie de leur relation quotidienne.
Le pilote italien s’amuse régulièrement à piéger les membres de Mercedes, et certaines de ses facéties sont même diffusées sur les réseaux sociaux. Il a d’ailleurs confié avoir déjà imaginé sa prochaine plaisanterie, sans vouloir en révéler les détails afin de préserver ses chances de réussite.
Sa réputation est désormais telle que les membres de l’équipe le soupçonnent immédiatement lorsqu’un mauvais tour est découvert. En revanche, avec le nombre de personnes qu’il a déjà piégées, Antonelli ne peut jamais être certain de l’identité de celui qui décide de se venger.
Une personne reste toutefois à l’abri de ses plaisanteries pour le moment : Toto Wolff.
Interrogé sur la possibilité de s’en prendre un jour à son directeur d’équipe, Antonelli reconnaît qu’il s’agirait d’un défi d’une tout autre ampleur.
"Oh, là, c’est un autre niveau. Il faut vraiment avoir des couilles pour faire ça. Mais le truc, c’est que je vais bien terminer au championnat, je vais bien finir cette année, donc j’aurai une bonne raison de le faire. Comme ça, il ne pourra pas trop se plaindre. Mais là, c’est vraiment un autre niveau."
La saison 2026 avait pourtant commencé dans des circonstances qui n’annonçaient pas nécessairement une telle domination. Mercedes avait rencontré plusieurs problèmes de fiabilité lors des essais hivernaux, tandis qu’Antonelli avait subi un accident important pendant les essais libres du Grand Prix d’Australie.
Mais l’Italien a rapidement démontré qu’il avait franchi un cap par rapport à sa première saison. À sa vitesse naturelle, déjà remarquée en 2025, il a ajouté une régularité qui lui permet aujourd’hui d’aborder la fin du championnat en position de force.
Ses résultats témoignent de cette progression spectaculaire : à une seule reprise, il a terminé une course sans problème de fiabilité tout en manquant le podium. Une constance exceptionnelle qui l’a placé aux portes d’un premier titre mondial. Et cette consécration pourrait intervenir dès le Grand Prix des États-Unis.
Une victoire à Austin pourrait en effet lui permettre d’être sacré alors qu’il resterait encore cinq courses à disputer, si Hamilton ne fait pas mieux que 5e et Russell 9e. Pas le plus probable mais pas impossible.
Antonelli deviendrait alors le plus jeune champion du monde de l’histoire de la Formule 1. Malgré cette perspective, le pilote Mercedes continue d’aborder ses week-ends avec le sourire, sans sembler se laisser transformer par l’importance de l’enjeu.
Il reconnaît d’ailleurs qu’il lui est encore difficile de mesurer l’ampleur de ce qu’il a accompli en seulement sept mois.
"C’est assez fou, le cap que j’ai franchi. Parce que, bien sûr, avoir une voiture rapide aide, évidemment, mais je ne me serais pas attendu à être un prétendant au titre de cette manière cette saison. Évidemment, je me retrouve dans cette position, j’en suis très heureux, très reconnaissant, et je dois continuer à pousser. Mais au début de l’année, je n’aurais vraiment jamais imaginé me retrouver dans cette situation."
"D’autant plus que nous étions confiants dans la voiture. Je savais que je pouvais me battre pour des victoires, quelques victoires et des podiums, mais me retrouver dans cette position, certainement pas. Cela a donc été une très belle surprise, vraiment."
"Maintenant, il ne nous reste plus qu’à terminer le travail."
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