La F1 ’ne manque pas’ à Grosjean, des nouvelles du test avec Mercedes

Le Français s’amuse en IndyCar avec Andretti

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Par Emmanuel Touzot

3 mars 2022 - 18:36
La F1 'ne manque pas' à (...)

Romain Grosjean a quitté la Formule 1 au terme de l’année 2020, lors de son terrible accident à Bahreïn. Le pilote français s’est expatrié aux Etats-Unis dès l’année suivante pour aller disputer une saison presque complète d’IndyCar, à l’exception des courses sur ovales rapides.

Après une cinquième place à St Petersburg en guise de débuts chez Andretti Autosport, alors qu’il dispute sa première saison complète, il révèle que le pilotage d’une Formule 1 ne lui manque pas.

"Non ça ne manque pas, parce qu’en F1, on est très limité par ce que la voiture nous donne" a déclaré Grosjean dans une interview exclusive pour Nextgen-Auto.com.

"Ce n’est pas le cas en IndyCar parce qu’on peut changer énormément de pièces et la faire comme on veut en matière de pilotage."

"Dans les virages rapides, une Formule 1 reste une Formule 1 et c’est fantastique. Mais c’est ce que je dis aux gens qui me demandent si je veux retourner en F1, je dis non parce que j’ai eu la chance de le faire pendant dix ans."

Un sport plus convivial

Le pilotage n’est pas le seul aspect de la F1 qui ne lui manque pas, alors qu’il a découvert un championnat accueillant : "Je m’éclate en IndyCar, les fans m’adorent, je me fais plaisir sur les courses, je peux emmener ma famille, j’ai retrouvé une vie que je connaissais pas d’avant et aujourd’hui je suis très, très content."

A Laguna Seca, après un accrochage avec Jimmie Johnson, l’ancien pilote de F1 était allé s’expliquer avec le septuple champion de NASCAR. Les deux hommes avaient réglé leur différend devant le motorhome de l’Américain, autour d’un verre de rosé.

"Ca ne serait pas pareil en F1 ! J’adore ça, c’est top, on ne se prend pas la tête. En course, en piste, c’est la bagarre et ça joue des coudes. Mais une fois que c’est terminé on partage tout, on rigole, on s’amuse, on boit une bière, on fait la fête et on fait un barbecue, on est des gens qui aiment les mêmes choses."

L’essai avec Mercedes F1 se fera après l’été

Mais Romain Grosjean est encore dans l’attente d’un roulage au volant d’une Formule 1, puisque Mercedes F1 lui avait promis un galop d’essai au volant d’une de ses monoplaces.

Toto Wolff avait été triste pour le pilote français après l’accident de Bahreïn, qui avait mis un terme prématuré à sa carrière. Depuis, il est difficile d’organiser ce roulage, notamment à cause du calendrier très compact de l’IndyCar, et de celui très chargé de la F1.

"On essaie de trouver des dates mais c’est vrai qu’avec le calendrier de l’IndyCar et celui de la F1, ce n’est pas simple. Ils m’ont envoyé un message la semaine dernière pour me demander des dates mais je leur ai dit que ce ne serait pas avant septembre."

"C’est dur parce que j’ai beaucoup de travail à faire pour DHL, des journées de promotion, j’ai les courses IndyCar, il y a aussi les essais, et ça fait que je n’arrive pas à rentrer en Europe" poursuit-il, avant de préciser que l’implication des sponsors est importante en IndyCar.

"Le travail promotionnel est similaire qu’en F1. J’en ai plus que j’en avais chez Haas, puisque chez Haas on n’avait aucun sponsor donc il n’y avait aucun problème ! Mais là avec DHL, j’ai pas mal de choses à faire. Mais tant que c’est fait intelligemment et qu’on trouve les bons moments pour le faire, ça se passe bien."

Grosjean parle avec Andretti de son projet F1

Hormis ce roulage, Romain Grosjean n’est pas intéressé par l’idée d’un retour en Formule 1. Sa nouvelle équipe, Andretti, envisage une arrivée en F1 à l’horizon 2024, mais le pilote de la Dallara numéro 28 préfère envisager son avenir en IndyCar, où il veut briller.

"Je pense qu’en 2024 je serais encore pilote et occupé ! On verra plus tard. Ce qui est sûr c’est qu’on en parle avec des gens de chez Andretti, je partage mon expérience, mais c’est vrai que ce n’est pas là dessus que je me concentre."

"Après si en 2024 je suis double champion IndyCar et double vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis, je me dirais ’pourquoi ne pas retourner en F1’ !" plaisante-t-il, avant de confirmer que son plan de carrière se déroule outre-Atlantique. "Pour le moment, je me concentre sur l’IndyCar."

En revanche, Grosjean suit de près la F1 et a pu notamment se pencher sur les nouvelles monoplaces, répondant au règlement 2022. S’il les trouves jolies, il regrette un gabarit toujours trop important.

"Elles ont l’air pas mal, mais les F1 deviennent trop longues et trop grosses. Quand on les met à côté des voitures des années 2000, elles sont assez monstrueuses. Par contre, elles sont futuristes."

"Les deux grosses équipes que sont Mercedes et Red Bull ont trouvé des solutions plus intéressante que les autres. Derrière, Ferrari et McLaren devraient être pas mal, et ça va être intéressant de voir comment ils arrivent à régler le marsouinage."

Quel bilan tire-t-il de la F1 avec le recul ?

Après une décennie passée en F1, Grosjean en tire un bilan positif avec le recul. Les dernières années furent difficiles, mais une partie de la période Lotus et une partie de la période Haas ont été enrichissantes pour le Français.

"Le bilan il est fantastique. Faire dix ans de F1 et dix podiums, c’est quelque chose dont je n’aurais jamais rêvé en débutant en karting. J’ai une chance extraordinaire d’avoir pu faire ça, et de pouvoir continuer aujourd’hui à m’éclater en IndyCar."

"Les meilleures périodes forcément, c’est celle où ça fonctionne ! Je dirais 2012 et 2013, 2015 était une bonne année. Le début de 2016 et la deuxième partie de 2018 c’était bien aussi, mais les deux dernières années, c’était un peu aller au bagne. On espérait toujours quelque chose et il n’y avait jamais rien."

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