Hamilton ’prie’ pour un renouveau après son calvaire avec l’effet de sol

"Cette génération de F1 de 2022 a probablement été la pire"

Auteur : Franck Drui
29 décembre 2025 - 18:24
Hamilton ’prie’ pour un renouveau après son calvaire avec l’effet de sol

Lewis Hamilton en est réduit à "prier" pour que le prochain cycle réglementaire de la Formule 1 lui soit enfin favorable. Depuis l’introduction des monoplaces à effet de sol en 2022, le septuple champion du monde traverse l’une des périodes les plus compliquées de sa carrière.

Sur les 105 victoires en Grand Prix qu’il compte à son palmarès, seules deux ont été remportées dans l’ère actuelle qui s’achève en 2025. Un constat sévère, notamment expliqué par ses difficultés récurrentes en qualifications, ces voitures ne récompensant plus forcément son style basé sur des freinages tardifs et une attaque franche en entrée de virage.

À 40 ans, le Britannique ne cache plus son aversion pour cette génération de monoplaces, qu’il considère comme la pire qu’il ait connue depuis son arrivée en F1 en 2007. Il est même allé jusqu’à affirmer il y a quelques semaines qu’il n’y avait "pas une seule chose" qui lui manquerait de ces voitures.

Pour Hamilton, l’horizon se situe désormais en 2026, année qui marquera une révolution technique majeure, tant sur le plan du châssis que des groupes propulseurs. Une opportunité de se relancer, après une première saison délicate chez Ferrari en 2025.

"Ça a été vraiment intéressant," explique Hamilton lorsqu’on l’interroge sur sa manière d’aborder ce changement de réglementation, comparé à ceux qu’il a déjà connus par le passé.

Le premier bouleversement majeur de sa carrière remonte à 2009, avec le retour des pneus slicks, l’augmentation de la taille des ailerons et des modifications du diffuseur, dans le but de réduire la dépendance à l’appui aérodynamique. Une transition douloureuse pour McLaren : champion en titre, Hamilton pointait alors à la 11e place du championnat après neuf courses, avant un léger redressement lui permettant de terminer cinquième au classement final.

"Chez McLaren en 2009, je me souviens du premier jour de retour à l’usine : ils disaient que les règles impliquaient 50 % d’appui en moins," raconte-t-il.

"Ils ont donc conçu la voiture pour avoir 50 % d’appui. J’arrive en janvier et ils me disent : ’On a déjà atteint nos objectifs’. Et moi je me dis : ’Waouh, c’est normal ça ?’. On arrive aux premiers essais, et il n’y a absolument aucun appui, on était à des kilomètres des autres. J’ai énormément appris de cette expérience."

Les cycles suivants furent bien plus fructueux. En 2014 puis en 2017, Hamilton s’épanouit pleinement dans les nouvelles réglementations, remportant six titres mondiaux avec Mercedes à l’ère des moteurs hybrides turbo.

"2014, c’était incroyablement excitant. Déjà parce que j’étais dans une nouvelle équipe, et je voyais le travail incroyable qui avait été fait pendant des années, notamment sur le moteur."

"Et 2017, c’était génial : une voiture plus large, plus imposante, avec beaucoup plus d’appui. Elle avait une allure monstrueuse, c’était incroyable."

"Cette génération, celle de 2022, a probablement été la pire, je dirais. Et je prie pour que la prochaine ne soit pas pire que celle-là."

L’ampleur de son malaise transparaissait clairement lors de ses apparitions médiatiques en 2025, où Hamilton se montrait souvent abattu, se contentant parfois de réponses d’un seul mot. Une saison conclue à la sixième place du championnat, à 86 points de son coéquipier Charles Leclerc, avec pour seul véritable éclaircie une victoire en course sprint à Shanghai.

Il faut dire que la Ferrari de 2025 n’a pas aidé : le développement de la monoplace a été stoppé dès le mois d’avril, avec les dernières pièces qui sont arrivées en juin. Une décision lourde de conséquences à court terme, mais que Hamilton continue de défendre.

"Je poussais Fred pour cette décision," confie-t-il, en référence au directeur de la Scuderia, Fred Vasseur.

"Je lui disais qu’on ne pouvait pas se permettre de prendre du retard sur les autres en termes de développement de la nouvelle voiture, parce que la courbe d’apprentissage est très raide pour nous tous."

"Personnellement, ça n’a pas eu d’impact psychologique sur moi."

"Est-ce que je savais qu’on finirait là où on est en fin d’année ? Non. On l’anticipait, mais ça a été pire que ce qu’on imaginait, forcément. Mais c’est moi qui poussais dans ce sens."

"Je l’ai soutenu à 100 %. Et je le soutiens encore : je pense que c’était la bonne décision. Surtout vu notre situation, on ne se battait pas pour le championnat."

"Mais forcément, ça a rendu plus difficile le maintien du niveau de performance, au moins une partie de celui qu’on avait en début de saison. Je ne peux pas répondre pour le reste de l’équipe, mais de ce que j’ai vu, tout le monde est resté très positif. Je n’ai pas constaté d’impact psychologique."


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