Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix d’Azerbaïdjan

Un flop spécial décerné aux organisateurs et aux commissaires du Grand Prix

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Par A. Combralier

30 avril 2019 - 18:13
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être louangé ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : Le caractère de Bottas, l’entente entre les pilotes Mercedes.

En ce week-end à Bakou, Valtteri Bottas a montré qu’il était prêt à hausser le ton pour lutter face à Lewis Hamilton, dans la course probable au titre qui s’annonce entre les deux pilotes Mercedes. Tout a commencé le samedi, en qualifications : le Finlandais a battu de 50 millièmes son coéquipier, bien que Lewis Hamilton eût le choix de l’ordre de sortie, avec un bonus lié à l’aspiration à la clef. Sans cet avantage, Valtteri Bottas réussit tout de même à signer la pole. La course, et surtout le premier tour, furent ensuite décisifs. Piégé au départ par Lewis Hamilton à Shanghai, Valtteri Bottas ne s’est, cette fois-ci, pas laissé faire ! Il a réussi à conserver sa première place en défendant virilement sa peau, même si Lewis Hamilton n’a pas tenté le diable il est vrai. Véloce, corrosif, volontaire face à son coéquipier, l’ancien pilote Williams a confirmé ses bonnes dispositions, et – contrairement aux attentes – montre les dents.

Dans le même temps, ces premiers tours ont confirmé à quel point l’entente entre les deux pilotes était parfaite. Dans sa déclaration d’après-course notamment, Lewis Hamilton a rendu hommage au travail du Finlandais, qu’il respecte profondément ; il a de plus indiqué qu’il s’était « sacrifié » au départ, en s’inclinant assez précocement. Bottas s’entend parfaitement avec Lewis Hamilton, Bottas est performant : dans ces conditions, et malheureusement pour Esteban Ocon, on ne voit pas pourquoi Toto Wolff ne prolongerait pas son « wingman » préféré…

Top n°2 : Sergio Pérez confirme à Bakou.

Avec une monoplace conçue avec les moyens du bord l’an dernier, c’est-à-dire avec les moyens d’une écurie quasiment en faillite, personne ne s’attendait à voir Racing Point pointer à la 5e place du classement des constructeurs au bout de quatre courses. Si Racing Point performe autant, c’est d’abord et avant tout grâce à Sergio Pérez. A Bakou, le Mexicain a de nouveau livré une prestation de très belle facture, sa meilleure de la saison. Il a tout d’abord réalisé un excellent 5e temps en Q3, qualifié « meilleur des autres ». Au départ, il a bondi devant Max Verstappen et lui a tenu tête pendant quelques tours. Il a ensuite résisté aux deux McLaren, grâce à une excellente gestion pneumatique, sans commettre une seule erreur. Il confirme ainsi que Bakou est un circuit qui lui plaît particulièrement. Sergio Pérez, ou la valeur sûre sur laquelle Racing Point peut s’appuyer. De l’autre côté du garage, le constat n’est pas tout à fait identique…

Top n°3 : McLaren engrange, l’orange revient au vert.

Deux McLaren dans les points : ce n’était plus arrivé depuis Bakou… 2018 ! Les monoplaces oranges s’étaient relativement bien qualifiées à Bakou : Lando Norris 7e, Carlos Sainz 11e, à la suite d’un drapeau jaune sorti au mauvais moment pour lui. Parti 9e à la suite des pénalités d’Antonio Giovinazzi et de Kimi Räikkönen, l’Espagnol a enfin débloqué son compteur points et s’est même offert le luxe de battre son coéquipier, pourtant parti devant lui. Il est vrai que Lando Norris a été clairement désavantagé par la stratégie de l’équipe : il s’est arrêté une deuxième fois en fin d’épreuve pour chausser des tendres qui n’ont jamais fonctionné. Peu importe après tout, puisqu’il s’agissait d’un arrêt gratuit. Ce qu’il faut retenir, c’est que McLaren semble être dans les clous pour viser la 4e place au classement des constructeurs. Woking revient de loin, et impossible de ne pas y être sensible.

Les flops

Flop n°1 : Plaques d’égouts, lenteur des commissaires : l’organisation du Grand Prix à revoir.

Vendredi et dimanche, les organisateurs comme les commissaires du Grand Prix d’Azerbaïdjan se sont rendus risibles et sont passés pour des « amateurs », pour reprendre le terme de Kimi Räikkönen. En EL1, le vendredi, la séance a dû être annulée au bout de seulement dix minutes : des plaques d’égouts s’étaient détachées à la suite du passage de plusieurs voitures, dont celle de Charles Leclerc ; l’infortuné George Russell en récolta les frais : la plaque arracha son fond plat et aurait pu même, à 10 ou 15 centimètres près, causer des dégâts plus graves… La FIA a assuré que ces dommages n’étaient pas de sa responsabilité ; mais impossible de ne pas faire le lien entre la disparition de Charlie Whiting et ce certain relâchement sécuritaire, même si, bien sûr, des incidents similaires avaient déjà été déplorés en Malaisie ces dernières années.

Dans la course sprint de Formule 2, les commissaires se sont ensuite montrés dépassés. A dix minutes de l’arrivée, trois monoplaces, à la suite d’un accrochage causé par Luca Ghiotto, se sont retrouvées coincées au premier virage. Il a fallu quasiment ces dix minutes aux commissaires pour enlever les monoplaces, à la suite d’une intervention très maladroite de grues et autres engins. « Ces commissaires pourraient-ils être plus lents ? » râlait même Jack Aitken à la radio. A l’heure où le circuit cherche à faire les yeux doux à la FOM pour déplacer la course d’avril en juin, tout cela fait désordre…

Flop n°2 : Renault, des ambitions qui font débat.

En début de saison, Renault ambitionnait de réduire l’écart sur le top 3, plus particulièrement avec Red Bull-Honda. Après quatre courses, inutile de dire que le constat est très inquiétant pour les Jaunes, qui ne sont que 7e au classement des constructeurs. Certes, les écarts demeurent faibles, certes, Renault semblait sous-performer par rapport aux courses précédentes, mais tout de même : l’on attendait bien mieux de ce début de saison de l’écurie française. Cyril Abiteboul se dit très satisfait des progrès réalisés sur le plan du châssis ou du moteur : il faudra que ces progrès soient bien plus tangibles dès Barcelone, au risque de faire passer ce discours pour de l’auto-satisfaction. Dans le même temps, Daniel Ricciardo s’est, malheureusement, ridiculisé avec sa marche arrière sur Daniil Kvyat, alors même qu’il devait symboliser tout le sérieux du projet Renault. L’anecdote peut paraître ridicule, elle pourrait devenir – hélas – révélatrice de ce début de saison en marche arrière.

Flop n°3 : Alfa Romeo et Williams, des erreurs évitables.

Avant la course, Kimi Räikkönen, pourtant qualifié 9e, a appris qu’il devrait partir des stands en raison d’un aileron non-conforme, car trop flexible. L’erreur, qualifiée de « minime » et sans conséquences sur la performance pure par Frédéric Vasseur, a sans doute ruiné la course du Finlandais. Kimi Räikkönen a révélé que l’écurie avait conscience du problème depuis la dernière course, mais « n’avait pas eu le temps de produire une nouvelle pièce. » C’est la deuxième fois qu’Alfa Romeo se retrouve dans une situation similaire : l’écurie n’avait déjà pas trouvé le temps d’introduire le correctif au V6 Ferrari sur la voiture d’Antonio Giovinazzi, lors du dernier Grand Prix. L’Italien n’avait pu alors défendre ses chances en qualifications à Shanghai. Deux erreurs évitables, en somme.

Williams a réalisé une bévue peut-être plus énorme encore, avant la course. Robert Kubica devait partir des stands. Or, les mécaniciens ont positionné la voiture dans les stands neuf minutes trop tôt, ignorant les obligations réglementaires en la matière ! Une erreur d’amateurs, qui prouve que ce n’est pas que le département aérodynamique qui est en perdition, mais aussi tout le volet opérationnel.

On demande à voir…

Barcelone va-t-elle régler les soucis de Haas ?

Haas est en chute libre, en course particulièrement, depuis deux épreuves. L’écurie américaine sait au moins pourquoi : elle a du mal à bien faire chauffer les Pirelli, à les mettre dans la bonne fenêtre de fonctionnement. Les températures fraîches de Bakou étaient, le week-end dernier, particulièrement en cause. A Barcelone, dans deux semaines, la météo devrait être bien plus chaude ; de plus, Haas connaît parfaitement le circuit espagnol et y a brillé en essais hivernaux. Va-t-on dès lors assister à un redressement spectaculaire des performances des Haas ? Il faut l’espérer ; si c’est le cas, la saison estivale pourrait être brillante pour les monoplaces américaines ; si ce n’est pas le cas… l’année 2019 risque d’être longue !

Pierre Gasly a-t-il enfin dompté sa Red Bull ?

Il est difficile de bien interpréter la course de Pierre Gasly, puisque le Français partait des stands, avant de devoir abandonner en raison d’un problème sur l’arbre de transmission. Entre-temps, sa course fut particulièrement prometteuse. Durant son premier relais, il avait un meilleur rythme que Charles Leclerc, qui était en médiums aussi, durant la plupart des tours. Il aurait, sans son abandon, terminé à une 6e place très confortable, loin devant Sergio Pérez, alors qu’il avait du mal à être même le « meilleur des autres » en tout début de saison. Comme Bakou servit de déclic à Charles Leclerc dans son Alfa Romeo l’an dernier, Bakou sera-t-il le tournant de la saison pour Gasly ? Réponse à Barcelone, à la régulière espérons-le !

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