Russell craque après une saison noire chez Mercedes F1 : ’je suis épuisé’

Quand on est envoyé au tapis deux week-ends sur trois...

Russell craque après une saison noire chez Mercedes F1 : ’je suis épuisé’
Auteur : Franck Drui
6 novembre 2026 - 10:48

George Russell ne cache plus sa lassitude avant le Grand Prix du Brésil. Alors que Mercedes s’apprête à conclure une saison 2026 couronnée de succès avec les deux titres mondiaux, le Britannique dresse un bilan personnel beaucoup plus amer. Après avoir analysé l’ensemble de son championnat avec ses ingénieurs, il a constaté que seules six courses s’étaient déroulées sans problème. Une accumulation d’incidents qui a progressivement compromis ses ambitions de titre et fini par l’épuiser mentalement. Russell refuse toutefois d’accuser son équipe de l’avoir abandonné, tout en lui demandant de ne pas faire preuve de naïveté face à des difficultés devenues beaucoup trop fréquentes.

George Russell espérait que la saison 2026 lui permettrait de se battre jusqu’au bout pour son premier titre mondial. Mais alors que son équipier Kimi Antonelli vient d’être sacré champion du monde, le Britannique doit se contenter d’un bilan marqué par une succession de problèmes techniques, d’incidents et d’occasions manquées.

Après le Grand Prix du Mexique, Russell a décidé de reprendre l’ensemble de sa saison avec ses ingénieurs afin de mieux comprendre les difficultés rencontrées.

Le résultat de cette analyse s’est révélé particulièrement préoccupant : sur les 20 courses disputées jusqu’ici, seulement six se sont déroulées sans problème.

"Sur 14 de ces courses, nous avons rencontré des problèmes que nous considérions comme de la malchance. Mais nous devons commencer à nous poser des questions plus profondes lorsque cela arrive aussi souvent, et particulièrement de notre côté du garage," disait-il hier.

Pour Russell, cette répétition impose désormais à Mercedes de chercher des explications plus approfondies, plutôt que de continuer à attribuer chaque incident à des circonstances malheureuses.

À l’approche de 2027, année durant laquelle il espère relancer sa candidature au titre mondial, le Britannique appelle donc son équipe à ne pas se montrer "naïve" dans son analyse des problèmes de fiabilité.

Russell refuse d’accuser Mercedes de l’avoir laissé tomber

Malgré sa frustration, Russell tient à distinguer les difficultés rencontrées de la qualité du travail fourni par Mercedes.

"Le nombre de problèmes que nous constatons sur l’ensemble de la grille est immense. Et malheureusement, nous avons simplement tiré le mauvais numéro."

Le Britannique prend notamment l’exemple du Grand Prix du Mexique, où il a été confronté à une défaillance également rencontrée par Pierre Gasly sur son Alpine, elle aussi équipée d’un moteur Mercedes.

"Le problème que j’ai rencontré au Mexique, il y a eu une autre voiture motorisée par Mercedes qui l’a eu, celle de Pierre Gasly chez Alpine. Ce n’est donc pas comme si j’étais le seul à rencontrer tous ces problèmes, et Kimi a également connu quelques difficultés à certains moments. Mais oui, la majorité des problèmes sont malheureusement survenus de notre côté du garage."

Russell refuse néanmoins d’en conclure que son équipe lui a fait défaut.

"Je ne pense pas que l’équipe m’ait laissé tomber, sincèrement, parce que ce sont des choses qui arrivent."

"Personne ne souhaite que cela se produise. Nous essayons tous de faire de notre mieux pour obtenir les meilleurs résultats possibles."

Le Britannique estime que Mercedes a simplement dû composer avec un compromis très différent de celui de la saison précédente.

"L’an dernier, nous avions une voiture extrêmement fiable et nous n’avons terminé que quatrièmes du championnat. Cette année, nous avons une voiture extrêmement rapide, mais qui a manqué de fiabilité. Alors, laquelle préférez-vous ?"

"Nous n’étions pas satisfaits l’an dernier et, bien sûr, même si l’équipe va remporter les deux championnats, elle n’est toujours pas satisfaite de cette saison."

Mais sur le plan personnel, les conséquences des incidents accumulés restent difficiles à mesurer. Russell reconnaît qu’il lui est impossible de déterminer précisément combien de points les différents incidents lui ont coûté.

Au-delà des résultats directement perdus, il estime que leur accumulation a pu modifier sa manière d’aborder les courses et sa lutte pour le championnat.

"Et concernant mon propre championnat, il est difficile de chiffrer à quel point cela l’a affecté, parce qu’il est souvent question de dynamique. Lorsque nous commençons la saison et que nous avons le problème en Chine avec la défaillance en qualifications, les problèmes au Japon, la casse moteur au Canada, la pénalité de passage par les stands à Monaco qui n’aurait pas dû en être une, toutes ces choses s’accumulent."

Russell estime que ces difficultés successives ont pu créer un cercle vicieux.

"Et si vous êtes dans la lutte pour le championnat, ou à portée de vos adversaires, vous n’avez pas l’impression de devoir constamment rattraper votre retard. Peut-être que cela a contribué à me pousser à trop attaquer et à vouloir en faire davantage que ce qui était possible. Peut-être pas. On ne peut pas répondre à cette question, et je ne cherche pas à y répondre. Globalement, ce n’a pas été l’année que nous souhaitions."

"Je suis simplement épuisé"

À Interlagos, Russell retrouve pourtant un circuit qui occupe une place particulière dans sa carrière. C’est au Grand Prix du Brésil 2022 qu’il avait remporté sa première victoire en Formule 1, un succès qui demeure l’un de ses meilleurs souvenirs.

Mais cette perspective ne suffit pas à effacer la fatigue accumulée au cours des derniers mois. Le Britannique reconnaît que les déconvenues répétées ont fini par peser lourdement sur son moral.

"Comme je l’ai dit, je me sens simplement épuisé par cette saison à force de devoir constamment me relever", a-t-il confié.

"Quand vous êtes envoyé au tapis, vous vous relevez, puis vous êtes à nouveau envoyé au tapis, vous vous relevez encore. J’espérais devoir faire cela peut-être deux fois dans la saison, pas pratiquement un week-end sur deux."

Le Grand Prix du Mexique a constitué un nouvel épisode particulièrement frustrant, avec une occasion de victoire ou de podium qui s’est envolée pour des raisons indépendantes de sa volonté.

"Quand vous arrivez à ce stade de la saison, que vous êtes loin de chez vous pendant trois semaines consécutives et que vous vivez encore une course comme celle du Mexique, où une chance de victoire, une chance de podium disparaît complètement pour des raisons indépendantes de votre volonté, c’est difficile à encaisser. C’est très difficile à encaisser."

Russell n’attend plus grand-chose du Brésil, mais pense déjà à 2027

Malgré son attachement à Interlagos, Russell aborde donc le Grand Prix du Brésil sans enthousiasme particulier concernant ses chances de résultat. Sa première victoire en F1, obtenue sur ce circuit quatre ans plus tôt, ne suffit pas à lui faire oublier les frustrations de la saison actuelle.

"Le Brésil est donc un endroit que j’adore. J’en garde de merveilleux souvenirs. Est-ce que j’arrive ici avec de grandes attentes ? Sincèrement, non. Mais j’attends avec impatience l’année prochaine, c’est certain."


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