Hamilton veut courir un GP d’Afrique en F1 mais n’ignore pas les controverses autour du Rwanda

Lewis envisage de prolonger sa carrière mais émet des réserves

Hamilton veut courir un GP d’Afrique en F1 mais n’ignore pas les controverses autour du Rwanda
Auteur : Franck Drui
23 octobre 2026 - 06:48

Lewis Hamilton pourrait prolonger sa carrière en Formule 1 jusqu’à ses 45 ans, voire au-delà, pour réaliser un rêve qu’il poursuit depuis de nombreuses années : participer à un Grand Prix sur le continent africain. Alors que la discipline a annoncé son retour en Afrique au début des années 2030, avec une première course prévue au Rwanda, le septuple champion du monde a laissé entendre qu’il était déterminé à rester sur la grille suffisamment longtemps pour vivre cet événement. Mais le pilote Ferrari a également reconnu les controverses entourant le choix du pays organisateur, appelant à ne pas ignorer les questions politiques et humanitaires soulevées par cette décision.

La semaine dernière, la Formule 1 a confirmé son intention de revenir sur le continent africain au début des années 2030, avec l’arrivée du Rwanda au calendrier pour la première fois de son histoire. Il s’agirait du premier Grand Prix de F1 organisé en Afrique depuis 1993, année de la dernière édition du Grand Prix d’Afrique du Sud sur le circuit de Kyalami.

Pour Lewis Hamilton, cette annonce revêt une importance particulière. Le Britannique milite depuis longtemps pour le retour de la discipline sur le continent et a multiplié les démarches auprès de ses dirigeants pour faire avancer ce projet.

Alors qu’il est désormais âgé de 41 ans, cette perspective pourrait même influencer la durée de sa carrière. Si le Grand Prix du Rwanda devait faire son apparition dès 2030, Hamilton aurait alors 45 ans et entamerait sa 24e saison en Formule 1.

Une échéance qui ne semble pas le décourager.

"Je suis maintenant obligé de rester plus longtemps !" lance-t-il.

"Nous allons avoir une course en Afrique ! C’est mon rêve de pouvoir courir en Afrique."

"Je dois continuer à me battre pour essayer de rester en forme, si j’y parviens. Si je peux encore obtenir de bons résultats au cours de l’année prochaine, alors nous continuerons."

Hamilton ne présente donc pas cette prolongation comme une certitude absolue. Mais sa motivation à participer à un Grand Prix africain apparaît particulièrement forte. Il a détaillé les efforts personnels qu’il a consacrés au retour de la Formule 1 en Afrique.

Au fil des années, le pilote Ferrari a multiplié les échanges avec les responsables de la discipline, notamment Stefano Domenicali, directeur général de la F1.

"Je milite pour l’organisation d’une course en Afrique depuis de très, très nombreuses années. J’ai eu d’innombrables réunions avec les différentes parties prenantes, énormément de rendez-vous avec Stefano dans son bureau à Londres, mais aussi pendant les week-ends de Grand Prix."

"D’innombrables appels téléphoniques : ’Qu’est-ce qui se passe ?’, ’Où allons-nous ?’, ’Avec qui êtes-vous en discussion ?’ Beaucoup de réunions avec différents présidents de plusieurs pays, beaucoup d’appels téléphoniques avec des présidents de différents pays africains."

Pour Hamilton, la présence de la Formule 1 en Afrique ne constitue pas uniquement une question d’expansion géographique.

"Pour moi, c’est un endroit qui mérite d’avoir un Grand Prix. Cela va au-delà d’un seul pays, cela concerne le continent dans son ensemble. Il y a tellement de magnifiques pays et les gens y sont tellement accueillants."

"La culture est incroyablement riche et je pense qu’il est important que nous puissions la montrer au monde entier grâce à notre sport. Nous allons dans tous ces pays différents, les gens découvrent certains endroits qu’ils connaissaient très peu et, tout à coup, ils les voient à la télévision et les enfants en parlent. Ils en parlent à l’école. J’ai donc vraiment, vraiment beaucoup d’espoir pour ce Grand Prix."

Le choix du Rwanda suscite des critiques

Si Hamilton se réjouit du retour annoncé de la Formule 1 en Afrique, le choix du Rwanda pour accueillir cette course suscite néanmoins des interrogations importantes. Le gouvernement rwandais est notamment accusé de soutenir le mouvement rebelle M23, actif dans l’est de la République démocratique du Congo.

Amnesty International affirme que ce groupe a commis des violations des droits humains susceptibles de constituer des crimes de guerre. Ces accusations ont alimenté les critiques adressées à la Formule 1 depuis l’annonce de son accord avec le Rwanda.

Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, avait déjà fait part de ses préoccupations à Stefano Domenicali l’année dernière. Elle avait notamment estimé qu’organiser un Grand Prix au Rwanda serait "moralement indéfendable".

La ministre a également demandé à la Formule 1 de garantir que l’organisation de cette course ne serait pas financée grâce à des richesses que le Rwanda aurait prélevées en République démocratique du Congo.

Ces accusations et préoccupations constituent une dimension sensible du projet, alors que la discipline cherche à organiser son premier Grand Prix africain depuis plus de trois décennies.

Hamilton, qui s’est déjà exprimé publiquement contre des atteintes aux droits humains dans plusieurs pays accueillant la Formule 1, reconnaît être conscient des controverses entourant le Rwanda. Il considère toutefois qu’il faut aborder cette question avec davantage de connaissance du contexte historique et politique.

"Bien sûr, ce n’est pas moi qui choisis où nous allons, et il y a naturellement des problèmes partout dans le monde aujourd’hui. J’ai vu beaucoup de ces informations, mais je pense que nous devons vraiment aborder cela avec humilité."

"Il y a énormément de choses que nous ignorons. En grandissant en Angleterre, on ne nous a jamais rien enseigné sur l’Afrique. Cela devrait figurer dans les programmes scolaires : beaucoup des problèmes qu’ils rencontrent là-bas sont encore les conséquences du colonialisme et des interventions occidentales."

"Mais lorsque vous regardez les gens, vous voyez tellement de créations que l’on retrouve aujourd’hui partout, de grandes marques qui viennent d’Afrique, et le continent possède les ressources les plus riches."

Hamilton a ensuite évoqué son souhait de voir les pays africains renforcer leurs liens et leur coopération.

"J’espère vraiment, et je garde toujours cet espoir, que l’Afrique s’unira. Je sais que beaucoup de gens ne veulent pas que cela arrive, parce que les pays africains seraient extrêmement puissants s’ils s’unissaient, mais je continue d’espérer qu’un jour cela se produira."

Pour Hamilton, la tenue d’un Grand Prix au Rwanda ne doit donc pas être considérée comme une raison de passer sous silence les controverses politiques et humanitaires.

Il souhaite au contraire que l’attention internationale suscitée par la Formule 1 puisse encourager une meilleure compréhension des conflits et des difficultés rencontrées par les populations concernées.

"Bien sûr, le fait de nous y rendre ne signifie pas que nous devons négliger ce qui s’y passe. J’espère donc que beaucoup de gens commenceront à s’informer un peu davantage sur ce qui se passe là-bas, sur ce qui s’y est passé pendant des centaines d’années, et j’espère que cela suscitera des discussions."

"Je terminerai simplement en disant ceci : je pense que nous devons veiller à faire pression pour libérer le Congo, libérer le Soudan, libérer la Syrie, libérer la Palestine. J’espère qu’un jour nous parviendrons à davantage de paix."


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