La F1 a envisagé un Grand Prix à New York, pourquoi le projet a été abandonné

Chase Carey révèle les coulisses de l’implantation américaine

La F1 a envisagé un Grand Prix à New York, pourquoi le projet a été abandonné
Auteur : Franck Drui
24 octobre 2026 - 21:08

La Formule 1 aurait pu ajouter New York à son calendrier lors de son expansion aux États-Unis. Chase Carey, ancien directeur général du championnat, a révélé que la métropole américaine figurait parmi les trois seules villes envisagées pour accueillir une nouvelle course après le rachat de la F1 par Liberty Media, aux côtés de Miami et Las Vegas. Mais contrairement à ces deux dernières destinations, New York avait rapidement été considérée comme une option irréaliste. Une décision qui illustre la stratégie mise en place à partir de 2017 pour développer la popularité du championnat sur le marché américain.

La présence de la Formule 1 aux États-Unis s’est considérablement renforcée depuis l’arrivée de Liberty Media à la tête du championnat. Longtemps limitée au Grand Prix des États-Unis disputé sur le Circuit des Amériques, à Austin, l’implantation américaine de la discipline s’est progressivement étendue avec l’arrivée de Miami, puis de Las Vegas.

Cette expansion répondait à une ambition clairement affichée par les nouveaux propriétaires de la F1 : faire du marché américain l’un des principaux moteurs de croissance du championnat. Mais les discussions initiales ne concernaient pas uniquement les deux villes qui ont finalement rejoint le calendrier.

Chase Carey, qui a dirigé la Formule 1 entre 2017 et le début de l’année 2021, avant de céder sa place à Stefano Domenicali, a révélé que New York faisait également partie des destinations étudiées.

L’ancien dirigeant, aujourd’hui âgé de 72 ans, s’est exprimé à ce sujet lors de l’Autosport Business Exchange, organisé à New York.

Invité aux côtés de plusieurs personnalités du sport automobile pour évoquer la croissance, l’innovation et l’influence de la discipline aux États-Unis, Carey a détaillé la stratégie de Liberty Media lors d’un échange sur scène avec Liz Claman, journaliste et présentatrice de Fox Business.

Dès la prise de contrôle de la Formule 1 par Liberty Media, le développement du championnat aux États-Unis constituait une priorité. Pour Chase Carey, l’importance de ce marché ne se limitait pas au nombre de spectateurs ou de téléspectateurs potentiels.

Le dirigeant estimait que les États-Unis jouaient également un rôle déterminant dans l’industrie mondiale des médias et du divertissement.

"Les États-Unis sont importants, pas seulement en raison de la taille du public ici, mais aussi parce qu’ils influencent les médias à l’échelle mondiale. Beaucoup des marques et des franchises qui façonnent l’univers des médias et du divertissement viennent des États-Unis."

Cette influence dépassait donc largement les frontières américaines. Pour Liberty Media, renforcer la présence de la Formule 1 sur ce marché pouvait contribuer à accroître sa visibilité internationale, mais également à attirer de nouveaux partenaires commerciaux.

Carey a notamment rappelé l’importance des entreprises américaines dans l’écosystème économique du championnat.

"Je pense qu’ils avaient déjà environ 300 partenaires. Je crois que plus de la moitié étaient des entreprises basées aux États-Unis. Il pouvait s’agir de petites sociétés, mais elles étaient américaines."

"Les États-Unis sont donc un marché incroyablement important pour nous. Nous avions besoin d’une présence plus forte. Nous voulions renforcer cette présence pour développer le championnat."

Mais cette ambition ne signifiait pas que Liberty Media était prête à organiser des courses dans n’importe quelle ville américaine.

Trois villes seulement : New York, Miami et Las Vegas

Carey a expliqué que les dirigeants de la Formule 1 avaient établi des critères particulièrement stricts pour sélectionner les nouvelles destinations américaines. Le championnat souhaitait privilégier des villes immédiatement reconnaissables, capables de proposer un événement dépassant le seul cadre sportif.

L’objectif était de faire de chaque Grand Prix une vitrine internationale, associant la course automobile à l’image et à l’attractivité de sa ville hôte.

"Mais si nous voulions nous implanter davantage aux États-Unis, il n’y avait que certains endroits où nous pouvions aller. Et j’ai dit : ’Écoutez, nos destinations doivent être des lieux emblématiques, capables d’impressionner les gens’."

À cette époque, la Formule 1 disposait déjà d’une implantation solide à Austin, que Carey continue de considérer comme une réussite.

L’ancien dirigeant a d’ailleurs profité de sa présence à New York, à l’approche du Grand Prix des États-Unis, pour saluer l’événement texan.

"Il y en avait trois. Nous avons déjà une très belle course à Austin. C’est une course fantastique. J’espère que tous ceux qui auront l’occasion de s’y rendre ce week-end en profiteront. C’est une expérience formidable."

"Mais nous voulions compléter cela partout où nous pensions pouvoir le faire. Or, il n’y avait que trois destinations qui nous semblaient réellement pertinentes à ce moment-là."

"C’étaient New York, Miami et Las Vegas."

Pourquoi New York n’a jamais accueilli la F1

La présence de New York dans cette sélection n’a rien d’étonnant au regard des critères définis par Liberty Media.

Avec sa renommée internationale et son importance dans les secteurs économiques, médiatiques et culturels, la métropole américaine correspondait à la volonté d’organiser des Grands Prix dans des destinations emblématiques.

Pourtant, Carey a reconnu que les dirigeants du championnat avaient rapidement considéré cette possibilité comme irréalisable.

Il n’a pas détaillé les obstacles précis qui empêchaient l’organisation d’une course à New York, mais a confirmé que la ville avait été écartée des projets d’expansion.

"Pour New York, nous avions reconnu, de manière réaliste, que cela n’allait pas se faire."

"Miami et Las Vegas sont donc devenues les destinations dans lesquelles nous pensions pouvoir étendre notre implantation, renforcer notre présence et ajouter une nouvelle pierre à l’édifice du développement de la Formule 1 aux États-Unis."

Cette stratégie s’est concrétisée quelques années plus tard. Miami a rejoint le calendrier en 2022, avec une course organisée autour du Hard Rock Stadium, tandis que Las Vegas a accueilli son premier Grand Prix en 2023, sur un tracé empruntant notamment le célèbre Strip.

Avec Austin, ces deux épreuves ont permis à la Formule 1 de disposer de trois Grands Prix sur le territoire américain. L’expansion souhaitée par Liberty Media est donc devenue réalité, même si New York n’a jamais intégré le calendrier.


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