Hamilton révèle pourquoi il a désobéi à Ferrari

"La troisième place ne me suffisait pas !"

Hamilton révèle pourquoi il a désobéi à Ferrari
Auteur : Franck Drui
22 octobre 2026 - 22:17

Aujourd’hui, Lewis Hamilton est revenu pour la première fois en détail sur l’erreur stratégique qui lui a coûté un probable podium au Grand Prix de Singapour. Alors qu’il semblait en mesure de terminer troisième, le septuple champion du monde a choisi de ne pas suivre les consignes du muret des stands de Ferrari lors d’une neutralisation sous voiture de sécurité virtuelle. Une décision prise en une fraction de seconde, qu’il a presque immédiatement regrettée et qui l’a finalement relégué au sixième rang. À Austin, le Britannique a expliqué les raisons de ce pari, tout en affirmant qu’il ne renoncerait pas à prendre des initiatives pour ramener la Scuderia au sommet.

Lewis Hamilton aurait pu quitter Singapour avec un nouveau podium, mais une décision stratégique prise au mauvais moment a compromis ses chances de terminer parmi les trois premiers. Alors que Ferrari semblait en mesure de placer ses deux pilotes aux avant-postes, le Britannique a choisi de rester en piste pendant une période de voiture de sécurité virtuelle, contrairement aux instructions reçues de son équipe.

Charles Leclerc s’est arrêté aux stands, mais Hamilton a décidé de poursuivre sa course, espérant tirer profit d’une stratégie différente de celle de son coéquipier. Le pari s’est finalement retourné contre lui. Le septuple champion du monde a terminé à la sixième place, alors qu’une troisième position paraissait à sa portée avant cet épisode.

Conscient de son erreur, Hamilton avait immédiatement présenté ses excuses à Ferrari par radio après l’arrivée. Le lendemain, il avait également reconnu sur les réseaux sociaux avoir reçu une "leçon douloureuse".

Souffrant après la course, le pilote de 41 ans avait été dispensé de ses obligations médiatiques à Singapour. La conférence de presse organisée ce jeudi à Austin, avant le Grand Prix des États-Unis, constituait donc sa première véritable occasion de revenir publiquement sur cet épisode.

Interrogé sur les circonstances de sa décision, Hamilton a d’abord reconnu que cette erreur lui avait laissé un goût amer pendant plusieurs jours. Il considère néanmoins qu’il doit en tirer les enseignements plutôt que de remettre en question son approche générale de la compétition.

"Avant tout, on apprend de ce genre d’expériences. Il est rare que je me retrouve dans une telle situation. Bien sûr, je ne me suis pas senti très bien pendant les deux jours qui ont suivi, mais on vit et on apprend."

Pour comprendre son choix, il faut remonter à la préparation du Grand Prix.

"Lorsque je me suis placé sur la grille, sachant que j’allais être troisième, je cherchais déjà, comme toujours, des moyens de gagner. Je cherche toujours à faire éventuellement quelque chose de différent, et je voulais adopter une stratégie différente, pas simplement suivre celle de Charles et rouler l’un derrière l’autre."

Les simulations de Ferrari laissaient pourtant entrevoir un scénario favorable, avec ses deux pilotes capables de terminer deuxième et troisième. Mais Hamilton ne voulait pas se satisfaire de ce résultat.

"Nous pensions que Max serait potentiellement plus rapide, et les projections stratégiques nous donnaient en quelque sorte deuxième et troisième. Mais cela ne me suffisait pas. Je voulais avoir plusieurs possibilités et voir ce qui pouvait être envisageable. Si les pneus médiums tenaient plus longtemps, nous pouvions peut-être prolonger davantage le premier relais. Mais une fois la course lancée, ce n’était pas le cas, et les sensations n’étaient pas bonnes pendant ce premier relais."

La suite de la course a encore compliqué la stratégie du Britannique. Hamilton s’est retrouvé derrière Charles Leclerc, perdant du temps alors qu’il disposait de pneus plus performants que ceux de son coéquipier.

Cette situation lui a rappelé un scénario déjà rencontré plus tôt dans la saison, lors du Grand Prix des Pays-Bas.

"Et puis, évidemment, je me suis retrouvé derrière Charles en ressortant, et j’ai finalement perdu beaucoup de temps alors qu’il était sur un pneu plus lent, celui que j’avais utilisé au début, tandis que j’avais du rythme avec les tendres. C’était peut-être un scénario un peu similaire à Zandvoort."

Le moment décisif s’est toutefois produit lors de la neutralisation sous voiture de sécurité virtuelle. Alors que Ferrari souhaitait qu’il s’arrête aux stands, Hamilton a choisi de rester en piste. Le Britannique explique avoir pris cette décision dans un laps de temps extrêmement court, sans être certain de ce que faisait Leclerc.

Il a presque immédiatement compris que son choix risquait de lui coûter cher.

"J’arrivais à l’entrée de la voie des stands et je ne savais pas si Charles allait s’arrêter, parce que je crois qu’il venait de le faire peu de temps auparavant. En une fraction de seconde, j’ai décidé de rester en piste. Et dès que je me suis retrouvé à hauteur de l’entrée des stands, j’ai réalisé que c’était probablement la mauvaise décision. Mais je l’ai reconnu, j’en ai assumé la responsabilité et il faut passer à autre chose."

Hamilton ne cherche donc pas à rejeter la responsabilité de cet épisode sur le muret des stands. Il reconnaît avoir pris lui-même la décision qui a compromis son résultat, alors que Ferrari lui avait indiqué la marche à suivre.

Malgré cette erreur, Hamilton refuse de considérer qu’il devrait désormais systématiquement se conformer aux décisions stratégiques de Ferrari.

Le septuple champion du monde estime que sa mission au sein de la Scuderia ne consiste pas uniquement à piloter, mais également à remettre en question certaines habitudes pour faire progresser l’équipe.

"Nous avons eu de bonnes discussions en interne sur la manière dont nous pouvons mieux travailler ensemble et améliorer notre collaboration. Mais je pense que rien n’a changé concernant la qualité de notre travail collectif en coulisses."

"Je crois sincèrement que mon travail, plutôt que de toujours suivre ce qui est prévu, consiste à remettre continuellement l’équipe en question, moi-même y compris, et à constamment remettre en cause les habitudes établies. C’est finalement ce qui m’a permis d’arriver là où je suis, et je ne vais pas renoncer à cette approche."

Le pilote Ferrari ne cherche pas à minimiser les conséquences de sa décision à Singapour. Au-delà de la déception personnelle d’avoir laissé échapper un probable podium, il regrette surtout les points perdus pour son équipe dans la lutte au championnat des constructeurs.

"Parfois, cela ne se passe pas bien, et c’était l’un de ces moments. Mais il y aura d’autres occasions de se battre, et nous gagnons comme nous perdons en équipe. Nous portons donc ensemble le poids et les conséquences de ces décisions."

"Cela fait vraiment mal lorsque je fais perdre des points à l’équipe. Ce n’est pas quelque chose qui m’arrive très souvent, mais je vais redoubler d’efforts pour m’assurer que cela ne se reproduise pas."


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

ferrari_38_.jpg