Motorsport

Une médaille d’argent pour IMSA Performance au Mans

En LM GTE Am

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Par Olivier Ferret

19 juin 2012 - 15:16
Une médaille d’argent pour IMSA (...)

Le suspense aura duré jusqu’à la fin dans ces 24 Heures du Mans 2012, catégorie LM GTE Am. La Porsche 911 GT3 RSR aux couleurs de la Matmut, après avoir dominé une grosse partie de la course, aura finalement se « contenter » de la place de dauphin dans le fantastique duel qui l’aura opposé tout au long de la course face à la Corvette n°50. Pas de victoire mais une 2ème place qui en a presque la saveur tant cette course aura été indécise jusqu’au dernières minutes pour l’équipe de Seine Maritime, auteur d’une prestation exemplaire pendant 24 Heures.

En fin de matinée, chaque tour de Nicolas Armindo est inférieur à 4 minutes. Déchainé et régulier, il signe des chronos encore plus rapides qu’en qualifications, claquant même un 3.59:00. A ce rythme, l’écart entre les deux pilotes passe sous les 30 secondes à 11h30. Encouragé par son propre effort, l’Alsacien grave un nouveau record dans la foulée en 3.58:579 !

A cette cadence, il est idéalement placé à 17 secondes pour prendre le commandement lorsque la Corvette #50 de Labre Compétition ravitaille. Mais la satisfaction de pointer en tête ne dure qu’un temps car Nicolas Armindo devra lui aussi repasser par les stands.

Il ressortait logiquement derrière son adversaire après cet arrêt... pour de nouveau repartir à l’assaut. De 6 secondes à 11H46, l’écart entre la Porsche 911 GT3 RSR #67 du team IMSA Performance Matmut et la Chevrolet Corvette de Labre Compétition fond comme neige au soleil : l’Alsacien reprend la tête de la course à moins de 3 heures de l’arrivée.

Sur sa lancée, il se construit une poignée de secondes d’avances avant que la sortie de piste de l’Audi R18 n°2 n’entraîne l’intervention du safety-car pour une seconde neutralisation de la course. Instantanément, Franck Rava, le team-manager, et Félix Barre l’ingénieur de la voiture, décident de profiter du régime de Safety-car, tant pour relayer Nicolas que changer de pneus sans perdre trop de temps au classement.

Le bénéfice de cette tactique est immédiatement visible lorsque la direction de course libère de nouveau le peloton : malgré cet arrêt, le "Pilote-Patron" n’est distancé que de 1 seconde et 40 centièmes par Julien Canal qui doit, à son tour, observer un arrêt ravitaillement beaucoup plus pénalisant en phase de course.

Logiquement, Raymond Narac devance la Chevrolet Corvette de Julien Canal lorsque celui-ci revient en piste. De 12 secondes d’avance, l’écart grimpe à 31 secondes à deux heures de l’arrivée et restera stable pendant une demi-heure encore avant que de nouveaux arrêts ravitaillements n’interviennent pour les deux voitures. Nicolas Armindo, reprend la piste sur la Porsche 911 GT3 RSR #67 devant sa rivale américaine pilotée par Julien Canal.

Les deux voitures sont inséparables, à tel point qu’elles rentreront ensemble et simultanément dans les stands pour leur tout dernier relai. De concert, les deux équipes techniques font un complément d’essence puis relâchent Anthony Pons pour IMSA Performance Matmut tandis que Pedro Lamy reste au volant pour Larbre Compétition. Anthony devait réglementairement accomplir son temps de roulage minimum. Dans un ultime effort le Portugais parvenait à passer Anthony Pons, qui, dès sa première participation dans la classique mancelle, termine sur le podium -médaille d’argent-... qu’un pneu crevé, dans le dernier tour, aurait pu compromettre.

Nicolas Armindo : (pilote de la Porsche IMSA Performance Matmut #67). « Je suis satisfait de la performance mais nous avons joué de malchance avec le phare à réparer samedi après-midi, nous allions forcément le payer à un moment donné. C’est ce qui c’est passé lors des vingt dernières minutes. Larbre n’a pas fait de faute, ils ont vraiment fait une belle course. Nous, nous avions poussé au maximum car nous savions que nous pouvions aller plus vite. Mais nous n’avons pas pu mettre suffisamment d’écart entre Larbre et nous à cause de petites imperfections, de petites fautes de pilotage, et un tout petit excès de vitesse dans la voie des stands. Ça fait partie de la course, nous avons fait un peu plus d’erreurs que Larbre et c’est eux qui ont gagné. C’est normal. J’ai toujours cru que je pouvais faire quelque chose de bien....ça a été difficile pour moi, ces dix dernières années, de me battre sans sponsors et sans budget, j’ai toujours réussi à trouver des volants auprès de gens qui me faisaient confiance et je ne les ai jamais déçu. C’est comme ça que je suis là aujourd’hui. Je remercie beaucoup IMSA Performance, la Matmut et toute l’équipe qui ont toujours été derrière moi. »

Raymond Narac : (Pilote de la Porsche IMSA Performance Matmut #67) « C’est mon deuxième podium lors des 24 Heures du Mans. Aujourd’hui, nous offrons un podium à Porsche et à nos partenaires ce qui me tient particulièrement à cœur. Nous sommes le seul représentant de Porsche sur le podium du Mans cette année ! Pour résumer le week-end : les pilotes ont fait du bon travail même si nous avons commis des petites erreurs... Sans ces petites erreurs, peut être que nous aurions gagné haut la main. Mais pour moi c’est un bon week-end qui vient saluer, féliciter le travail de toute l’équipe. Sans eux, aucun pilote n’aurait pu vivre ce moment sur le podium. C’est la plus grande course du monde, quand on monte la haut, c’est impressionnant. Voir tout ce public pour nous supporter dans un pays qui devient un peu autophobe c’est magique. Emouvant. Ils font aussi partie du mythe de cette épreuve, merci à eux. »

Anthony Pons : (Pilote de la Porsche IMSA Performance Matmut #67) « Je voulais surtout rapporter cette coupe. Les sensations sont énormes, grandes mais avec une pointe de déception. Mes deux compères sont des « lions enragés ». Quand Félix, notre ingénieur, s’est rendu compte que la tâche serait très difficile, il les a beaucoup sollicités. C’est normal, j’ai peu d’expérience, maintenant il faut que je progresse en performance. Je vis un rêve éveillé... Je vais mettre un certain temps à m’en remettre et je prends conscience qu’avoir ce trophée dans les mains est un privilège. J’espère revenir. J’ai compris un certain nombre de chose dans les derniers tours et je verrai donc l’épreuve d’une autre manière. »

Franck Rava : ( Co-propriétaire d’IMSA Performance Matmut #67) « Que ce soit les pilotes ou le staff, toute cette course était vraiment bien préparée depuis 8 mois. Rien n’a été loupé mais deux trois petites choses font que ça n’a pas voulu aller jusqu’au bout sur la première place. Il y a un peu d’émotion. Nous savons apprécier une deuxième place. Vu le niveau et les teams présents aujourd’hui, c’est une grande fierté d’avoir cette coupe. C’est notre deuxième ici après celle de 2007... Jamais deux sans trois, dit-on ! Nous ferons tout pour confirmer le dicton. Je remercie toute l’équipe pour son grand travail, la Matmut et tous nos partenaires ! Cap sur le GT Open à présent avec la prochaine course dès ce week-end à Spa-Francorchamps. »

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