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Fred Mako : "Le circuit du Mans est diabolique !"

Entretien avec le pilote Luxury Racing

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2 mai 2011 - 08:12
Fred Mako : "Le circuit du Mans est (...)

La seule expérience de Fred Mako avec le grand circuit du Mans remonte à l’année passée dans le cadre de la Porsche Matmut Carrera Cup. Changement de programme cette année avec un engagement aux 24 Heures du Mans sur une Ferrari F458 Italia alignée par Luxury Racing. Le mois prochain, le Parisien partagera son baquet avec Stéphane Ortelli et Jaime Melo, Jean-Denis Deletraz passant pour sa part sur la seconde auto du team deAlexandre Repovic, managé par Christopher Campbell. Lors de la Journée Test, seuls Fred et Jaime ont roulé, Stéphane étant retenu en GT Tour pour les Coupes de Pâques.

Fred, quel bilan tires-tu de cette Journée Test ?

« Nous avons rapidement été dans le coup. Toute l’équipe a bien travaillé durant toute la journée. Pour Luxury Racing, cette course sera une découverte. Le but est de bien y figurer dès notre première participation. Nous avons juste rencontré un problème de câble de boîte de vitesses, comme ce fut le cas à Sebring. La journée s’est globalement bien déroulée. Le seul problème réside dans le fait que les GT2 sont sous motorisées. C’est un peu frustrant mais la réglementation est ainsi faite. Nous n’étions pas ici pour rechercher à tout prix la performance, mais plutôt la fiabilité ainsi que le set-up pour la course. La F458 a encore une grosse marge de progression. »

L’arrivée de Jaime (Melo) apporte un plus à l’équipe ?

« Sans aucun doute ! Jaime a une grande expérience du Mans et il a participé au développement de la Ferrari F458. C’est une chance de l’avoir avec nous. Risi Competizione n’étant pas cette année au Mans, nous avons également le soutien de plusieurs membres de l’équipe américaine. Cela fait donc des atouts supplémentaires. Luxury Racing fait les choses bien et je suis confiant pour les 24 Heures du Mans. Tout le monde sait que 24 heures, c’est long et tout peut arriver. »

La victoire est donc envisageable ?

« Les 12 Heures de Sebring ont été pour nous un test grandeur nature et nous avons prouvé que dès le début nous étions dans le coup. Il est clair que le potentiel est là pour bien figurer. Malgré que ce soit une course d’endurance, je pense que ce sera un pur sprint de 24 heures en GTE. Toutes les équipes sont très affûtées et il ne sera pas facile de se faire une place dans le peloton. La Journée Test n’a pas permis de montrer le réel potentiel de toutes les équipes. Il suffisait que quelqu’un fasse un bon temps pour que dans la foulée celui ci soit battu. Chacun fait son travail de son côté et s’épie. Les BMW M3 sont vraiment dans le coup et les Corvette officielles étaient absentes. »

Piloter au Mans parmi les prototypes c’est comment ?

« Ce circuit est diabolique ! Les « S Porsche » ne donnent aucun droit à l’erreur. En course il ne faudra rien lâcher. Certes il y avait autant d’autos qu’à Sebring mais la configuration du circuit est totalement différente. Il faudra aussi gérer les vibreurs, surtout ceux de la Chicane Ford. On peut facilement les escalader mais attention car sur la durée, la mécanique pourrait bien en souffrir. J’ai hâte d’être en juin et de prendre la piste. Avant cela, nous serons en piste à Spa pour les 1000 km. »

Justement, comment vois-tu ces 1000 km de Spa ?

« A Sebring, nous étions là pour voir et avec une seule auto. En Belgique, le team a les deux Ferrari et il faudra marquer de gros points. Jean-Denis sera sur la seconde auto en compagnie de François (Jabubowski) et Anthony (Beltoise). Je roulerai donc uniquement avec Stéphane pour que nous ayons chacun un maximum de temps de roulage. Nous comptons mettre à profit cette course pour travailler le plus possible. J’aime bien le tracé spadois et je pense que c’est un circuit pour la F458. Cependant, nous ne serons pas seuls, avec le renfort des équipes Le Mans Series. Cela fera beaucoup de prétendants à la victoire. Il va donc falloir batailler ferme durant six heures. Les gens de chez Risi Competizione seront aussi avec nous en Belgique. Le but pour nous sera de continuer notre montée en puissance et faire quelque chose de bien. Luxury Racing n’a pas à rougir face à ses adversaires. »

Tu manqueras donc le meeting World GT1 de Portimao ?

« Oui et je serai remplacé par Yann Clairay, avec qui je partageais le baquet d’une Aston Martin DBR9/HEXIS AMR l’année passée. Avec lui, Maxime est entre de bonnes mains pour un bon résultat en terre portugaise. Il faudra toutefois faire attention aux contacts en piste qui deviennent de plus en plus problématiques. En 2010, les courses étaient viriles, mais là cela devient de plus en plus compliqué. Je suis d’accord pour qu’il y ait du spectacle mais pas à n’importe quel prix. Il faut penser qu’il n’y a que 18 autos au départ et je ne pense pas que les spectateurs veulent voir seulement 10 GT1 après un seul tour. Si tu abandonnes dans la course 1, tu peux légitimement remporter la seconde, ce qui n’était pas le cas la saison passée. Cela fausse un peu le championnat... »

Propos recueillis par Laurent Mercier

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