Plafonner le salaire des pilotes et des patrons ? L’idée séduit le milieu de grille…

Pour frapper encore les équipes des pointe !

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Par Alexandre C.

29 mai 2022 - 11:00
Plafonner le salaire des pilotes et (...)

Les budgets plafonnés divisent pour le moment le paddock : ce que l’on oublie tout de même, c’est qu’ils comprennent de nombreuses exceptions, dont les dépenses moteur, marketing, d’investissements… mais aussi les salaires des pilotes et des trois membres du personnel les mieux payés dans chaque structure.

Pour le dire clairement, les patrons sont-ils prêts à baisser leur salaire si les exceptions venaient à sauter ?

Les plus farouchement opposés à faire sauter ces exceptions, on les trouve bien sûr dans les écuries de pointe (voir notre article précédent).

Mais le ton est bien sûr tout autre dans le reste du plateau.

Un directeur d’une équipe de milieu de grille comme Frédéric Vasseur est… pour réduire son salaire, et celui de ses pilotes ! Car cela augmenterait les chances d’Alfa Romeo de se rapprocher des écuries de pointe en termes budgétaires.

« Ce sera probablement le prochain sujet sur la table. Il est certain que les pilotes et le personnel clé doivent s’entendre. C’est la bonne approche que d’essayer de la coordonner avec le budget total et d’avoir peut-être une allocation spécifique pour les pilotes et le personnel-clef. Vous pourriez dépasser la limite et vous devrez prendre une partie de votre plafond budgétaire, je ne sais pas, mais nous devons trouver quelque chose comme ça parce que c’est important pour le sport. »

« Et en fin de compte, c’est également logique pour la compétition. Je suis plus qu’heureux d’aller dans cette direction. La F1 est en très bonne forme aujourd’hui ; elle est en bonne forme parce que le spectacle est en hausse et aussi parce que la FIA et la FOM ont pris les bonnes décisions au cours des deux dernières années, mais je pense que nous devons continuer dans cette direction. »

« Il a fallu 20 ans pour mettre en place le plafond budgétaire et j’espère que cela sera un peu plus rapide sur le deuxième point, les exceptions ; mais nous devons juste ouvrir la discussion entre nous et je suis sûr que nous trouverons un compromis. »

Otmar Szafnauer aussi, pour Alpine F1, veut que les budgets plafonnés à l’avenir ne comportent tant d’exceptions.

« Oui, Fred a raison de dire que c’est la prochaine étape. Et je suis en faveur de l’ajout d’un plafond global pour que les équipes puissent faire un compromis, vous savez, entre les compétences du pilote avec l’apport d’évolutions, parce que, en fin de compte, les deux choses apportent la performance. Il est probablement judicieux de nous laisser la latitude de faire cet arbitrage. »

Andreas Seidl, le directeur de l’écurie McLaren en F1, dit également être d’accord avec la proposition de ses deux homologues.

« Notre position est que tout ce qui est lié à la performance devrait être considéré dans une sorte de plafond ou d’allocations et c’est pourquoi nous sommes également ouverts à cette discussion. »

Mais fixer un plafond au salaire des pilotes demanderait une régulation encore renforcée de la FIA ; par exemple si des pilotes venaient à être payés par des partenaires externes (des sponsors) sans que leur salaire ne rentre dans le plafond... voire à travers des valises de cash (cela s’est déjà vu dans d’autres sports aux États-Unis !).

Seidl est conscient de ce problème...

« Il y a suffisamment d’exemples dans d’autres sports qui montrent que ce mécanisme pourrait faire l’affaire. En même temps, il est important maintenant de continuer simplement les discussions à huis clos, parce qu’il n’y a pas de raison de discuter maintenant en public pour voir comment tout cela pourrait fonctionner. »

C’est aussi pour cette raison qu’Otmar Szafnauer ne veut pas précipiter la réforme des budgets plafonnés.

« D’autres sports ont mis en œuvre cette réforme et nous devrions en tirer des leçons et prendre notre temps pour nous assurer que cela peut être contrôlé et que nous respecterons le plafond lorsqu’il est fixé. Mais oui, comme nous l’avons dit, ce devrait être une prochaine étape et nous ne devrions pas nous précipiter, mais nous assurer que, vous savez, nous ayons de bonnes méthodes en place pour être en mesure de contrôler et aussi pour faire en sorte que ce soit un plafond équitable. »

Quel avenir pour les contrats à long terme ?

Autre difficulté que la réforme des budgets plafonnés poserait pour les pilotes : quid des contrats à long terme ? Si Lando Norris signe par exemple un contrat à long terme prévoyant un salaire en augmentation, mais si les budgets plafonnés concernent désormais le salaire des pilotes, il faudra bien que McLaren revoie les termes du contrat a posteriori...

Seidl va-t-il donc d’ores et déjà annoncer à Lando Norris la mauvaise nouvelle ?

« Je suis sûr que vous trouverez des moyens de transition, pour faire face à cette situation. Comme je l’ai déjà dit, il est important d’avoir ces discussions sur les détails à huis clos parce que c’est complexe, évidemment. Mais nous savons, grâce à d’autres sports, que c’est possible et c’est ainsi que nous allons gérer la situation. »

Otmar Szafnauer pourrait être aussi concerné chez Alpine, avec Esteban Ocon ou Oscar Piastri...

« Oui, nous devons avoir un regard prospectif, alors nous ne concluons pas ces contrats à long terme juste avant l’introduction d’un tel plafond. Tout cela fait donc partie du processus de planification. »

Enfin, Frédéric Vasseur relativise ce problème : tant pis pour les pilotes, l’important est la santé financière des équipes de F1.

« Oui, en tout cas, ce sera un processus à long terme et vous ne pouvez pas imaginer qu’il sera en place pour 2022 ou 2023, il doit l’être au moins pour 2026, peut-être un peu plus. Mais encore une fois, je ne suis pas sûr que ce soit le plus gros problème. »

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