Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix de Belgique

Leclerc en champion du monde, Vettel en wingman

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Par A. Combralier

3 septembre 2019 - 18:36
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être louangé ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : Une première chargée de larmes pour Charles Leclerc

Après ses désillusions de Bahreïn et du Red Bull Ring, Charles Leclerc a enfin obtenu, à Spa, la récompense qu’il méritait : une première victoire en Grand Prix. Le Monégasque a commencé par asseoir sa domination en essais libres, et surtout en qualifications : l’écart, impressionnant, de plus de 7 dixièmes sur Sebastian Vettel le samedi, démontre combien Charles Leclerc a dominé son sujet – et son coéquipier – ce week-end.

En course, Charles Leclerc a également pris un bon départ et a surtout mieux géré ses pneus que Vettel, ce qui lui a permis de prolonger davantage son premier relais en tendres. Un avantage qui s’est révélé décisif dans les derniers tours, lorsqu’il a fallu résister à la folle pression imposée par la Mercedes de Lewis Hamilton. En cette même occasion, Charles Leclerc a allié sa rapidité à sa sérénité, en faisant preuve d’un sang-froid à toute épreuve. Le mental. Voici ce qui aura permis à Charles Leclerc de s’imposer, au lendemain de la tragique disparition de son ami Anthoine Hubert. Rapide et mature, véloce et réfléchi, le Monégasque a prouvé qu’il avait sans doute davantage que les qualités d’un simple vainqueur de Grand Prix.

Top n°2 : Lando Norris, aussi brillant que malchanceux

Lando Norris est l’un des pilotes les plus malchanceux de cette saison. Au moment de dresser son bilan comptable face à Carlos Sainz, il ne faudra certainement pas l’oublier. Le jeune et rafraîchissant rookie a certainement vécu sa pire désillusion dimanche dernier, à Spa. Alors qu’il allait signer une très probante 5e place, son unité de puissance Renault l’a trahi dans le tout dernier tour ; Lando Norris a tout de même été classé… mais juste en dehors des points ! Il peut cependant retirer une grande satisfaction de son dimanche : après des qualifications moyennes, il a réalisé le Grand Prix parfait. Norris a tout d’abord gagné six places dans le premier tour, en évitant les incidents à la Source ; ensuite, son rythme de course lui a permis de creuser un écart conséquent sur le reste du peloton : Sergio Pérez pointait à presque 20 secondes à quelques tours de l’arrivée. « Meilleur des autres », Lando Norris n’a pas non plus volé son titre de « pilote du jour », et confirme le bien qu’on pensait de lui.

Top n°3 : La niaque d’Alexander Albon

Pour justifier le remplacement de Pierre Gasly par Alexander Albon, Helmut Marko et Christian Horner estimaient que le Français ne prenait pas assez de risques pour dépasser dans le peloton. Or, à Spa, Alexander Albon, pour son premier Grand Prix, après un premier relais certes plus timide en médiums, a justement livré un formidable Grand Prix de remontée. Son dépassement courageux, dans le dernier tour, sur Sergio Pérez, en passant dans l’herbe dans la ligne droite de Kemmel, symbolise à lui seul cette grinta, qui manquait peut-être à Pierre Gasly. Outre Sergio Pérez, Alexander Albon, puisqu’il partait en fond de grille pour pénalités moteur, devait aussi se défaire de l’ensemble du peloton, ce qu’il a fait avec brio. Les Haas, les Racing Point, les Renault, ont toutes été avalées sur la piste ou dans les stands, grâce à une stratégie décalée. Un autre dépassement symbolique fut d’ailleurs celui sur la Renault de Daniel Ricciardo, à l’extérieur, à Pouhon, dans un virage où l’on ne dépasse normalement pas. Prometteur !

Les flops

Flop n°1 : Sebastian Vettel, le wingman de Ferrari ?

Le week-end de Sebastian Vettel en Belgique fut celui d’un clair numéro 2. Gêné par le trafic, mais jamais totalement dans le rythme en essais libres les séances précédentes, le pilote Ferrari a tout d’abord concédé un très lourd écart sur son coéquipier Charles Leclerc en qualifications (768 millièmes), particulièrement gênant sur un tracé de pilotes comme Spa. A titre de comparaison, l’écart entre Lewis Hamilton et Valtteri Bottas était moins de deux dixièmes chez Mercedes.

En course, Sebastian Vettel s’est totalement effacé pour faire briller Charles Leclerc, comme si son talent crépusculaire ne servait qu’à mettre en lumière celui du Monégasque. L’Allemand s’est mis au service de son coéquipier, en prolongeant indûment son deuxième relais, seulement pour retenir, aussi longtemps que possible, la furia de Lewis Hamilton. Il s’est aussi rapidement écarté lorsque Charles Leclerc, plus rapide et en stratégie décalée, revenait dans ses rétroviseurs. Les circonstances de course ont dicté cet état de fait. En l’occurrence, la mauvaise tenue des pneus de Sebastian Vettel, consécutive, sans doute, à des réglages erratiques, a conduit Mattia Binotto à sacrifier la course de l’un pour favoriser celle de l’autre. Bref, Sebastian Vettel, à Spa, était comme dans le rôle d’Eddie Irvine aux côtés de Michael Schumacher.

Flop n°2 : Mercedes et Renault, une fiabilité qui dérange pour la fin de saison

Sur un tracé aussi exigeant que Spa pour l’unité de puissance, les alertes se sont multipliées pour Mercedes et Renault. Chez Mercedes, les défaillances vues le week-end dernier sont d’autant plus inquiétantes qu’elles concernent la nouvelle spécification du V6, censée terminée la saison. Robert Kubica et Sergio Pérez ont vu leurs moteurs partir en fumée ; des alertes ont été également repérées du côté de Lance Stroll et de Lewis Hamilton. Cela a même contraint les pilotes Mercedes à compromettre « un petit peu » la performance de leur unité de puissance, comme l’a publiquement admis Toto Wolff. Lewis Hamilton s’inquiète de voir que ces pannes ne soient encore pas comprises par Mercedes. Alors que Monza arrive dans seulement quelques jours, on peut comprendre le stress de l’Anglais !

Chez Renault, le bilan du week-end est aussi calamiteux : les deux McLaren ont abandonné en course en raison de problèmes moteur, l’une avant le départ, l’autre juste avant l’arrivée. Ces deux pannes ont même provoqué un début de crise entre Woking et Viry : l’écurie anglaise, que l’on dit en discussions pour un retour chez Mercedes, a demandé à Renault une « transparence totale ». Un week-end qui laissera des traces…

A noter tout de même une petite alerte pour Ferrari, du côté d’Alfa Romeo, mais elle ne serait pas directement liée à l’évolution introduite à Spa selon les premiers éléments de l’enquête.

Flop n°3 : Giovinazzi, un loupé qui tombe au plus mal

Antonio Giovinazzi aurait tout aussi bien pu figurer dans la rubrique « Tops », mais la fin de son Grand Prix de Belgique a totalement assombri le bilan de son dimanche. Parti loin sur la grille, l’Italien avait pourtant réalisé une solide remontée, sans erreurs, et avec un rythme, durant son dernier relais, particulièrement excitant puisqu’il signait même le 6e chrono le plus rapide. Parti pour marquer quatre précieux points, Antonio Giovinazzi a perdu tout le bénéfice de sa course avec sa violente sortie de piste, heureusement sans gravité, à Pouhon. Frédéric Vasseur, agacé, a parlé d’une erreur franchement « évitable ». Racing Point creuse ainsi l’écart avec Alfa Romeo au classement des constructeurs.

L’Italien s’est fourvoyé au moment même où son avenir est discuté ; cette lourde erreur sonnera-t-elle le glas de sa carrière en F1, alors que Nico Hulkenberg est désormais libre de tout contrat ? Plus qu’une bévue : une bourde !

On demande à voir…

Ferrari, victoire en vue à Monza, humiliation prévisible à Singapour ?

Sur un tracé typé moteur, à Spa, les Ferrari n’ont globalement pas déçu. La première ligne a été verrouillée et en ligne droite, même avec le DRS, les Mercedes avaient du mal à rattraper les Rouges. A Monza, la Scuderia devrait être ainsi compétitive, et même encore plus compétitive si l’on considère deux éléments qui lui sont favorables. Tout d’abord, Monza est un tracé plus encore typé moteur que Spa : les monoplaces y passent 75 % du temps à plein régime. Ensuite, la Scuderia recevra à Monza son évolution moteur, une semaine après Mercedes. Or, un moteur neuf vaut un ou deux dixièmes, sans compter les progrès en termes de performance que cette nouvelle spécification apportera.

Ferrari a tout intérêt à maximiser son résultat devant les tifosi : à Singapour, ensuite, sur un circuit typé châssis, la potion risque d’être amère. A titre d’illustration, dans le deuxième secteur plus sinueux de Spa, les Mercedes reprenaient parfois plus d’une seconde sur les Ferrari.

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