Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix d’Australie

Bottas et Honda surprennent, douche froide pour Ferrari

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Par A. Combralier

19 mars 2019 - 08:21
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être louangé ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : La résurrection de Valtteri Bottas

Il n’avait pas gagné une seule course en 2018 ; on le disait abattu, enfoncé, déjà menacé par Esteban Ocon… Mais Valtteri Bottas a fait taire, de la plus belle des manières, ses détracteurs dimanche dernier. Son avance de 20,8 secondes sur le deuxième (Lewis Hamilton) est même une marge que l’on n’avait jamais vue en 2018. Bref, Valtteri Bottas a prouvé à tout le monde qu’il avait trouvé les moyens psychologiques de rebondir, de frapper fort dès le début de saison. Il en avait besoin. Peut-il être le Nico Rosberg de 2016 – c’est-à-dire battre Lewis Hamilton sur toute une saison ? C’est une autre affaire…

Top n°2 : Honda à pleine puissance

En Australie, Honda a confirmé les promesses aperçues aux essais hivernaux. C’est surtout sur le plan de la performance que les progrès du motoriste japonais ont été les plus visibles – puisqu’il faudra attendre plusieurs Grands Prix avant de juger la fiabilité. En effet, les trois meilleurs VMax de ce week-end ont été signées par des moteurs Honda ! Pierre Gasly à 321,8 km/h, Max Verstappen à 319,9 km/h, Daniil Kvyat à 319,8 km/h… Bien sûr, les vitesses de pointe ne sont pas toujours les meilleurs indicateurs, parce qu’elles peuvent dépendre des charges aérodynamiques de chaque monoplace, d’une éventuelle aspiration par un concurrent, etc. Il n’en demeure pas moins que le « Now we can fight » lancé par Red Bull – parodiant les premiers mots de Fernando Alonso avec un moteur Renault, l’an dernier – ont tout d’un renversement ironique de situation. Red Bull était certaine que Honda ferait de francs progrès, cette première course leur donne raison.

Top n°3 : La lutte pour le point du meilleur tour

La fin de course a été animée par la lutte pour le point du meilleur tour en course, attribué pour la première fois depuis 1959. Le suspense a été complet dans les derniers tours : qui, de Max Verstappen ou Valtteri Bottas, le tiendrait ? Ferrari déciderait-elle de faire rentrer aux stands Charles Leclerc pour priver Red Bull et Mercedes du meilleur tour ? En tout état de cause, cette nouveauté a porté ses fruits en termes de suspense et d’animation, ce qui était sans doute l’effet attendu. Pour le moment, aucun effet pervers n’est à déplorer.

Les flops

Flop n°1 : Williams sombre… comme attendu

Difficile de ne pas attribuer un flop d’or à Williams, tant l’écurie de Grove était hors du rythme ce week-end. Hélas, cette contre-performance était pleinement attendue, après les essais hivernaux calamiteux et du reste commencés en retard, de l’équipe. Au fiasco sportif, Williams a ajouté un fiasco relatif à la logistique et à l’ingénierie : l’écurie n’avait pas assez de pièces pour ce week-end, et a dû demander à ses pilotes de se tenir éloignés des vibreurs. Au moins, la FW42 a vu l’arrivée, mais tout indique que la saison sera très longue pour Williams… Comment rattraper 1,5 seconde de retard, au bas mot, en quelques mois ? Il faudra, selon George Russell, résoudre un « problème fondamental » sur la FW42. Sans directeur technique, cela s’annonce complexe.

Flop n°2 : Ferrari, le favori revenu dans l’ombre

Après les essais de Barcelone, on attendait au moins Ferrari au niveau de Mercedes. Las ! Force est de constater que la Ferrari était, avec une faible avance sur Red Bull, la deuxième force en qualifications, à 7 dixièmes des Mercedes. En course, le constat était pire encore : « Pourquoi sommes-nous si lents ? » a même lâché Sebastian Vettel à sa radio. La Red Bull de Max Verstappen affichait un rythme facilement supérieur. La Ferrari serait-elle ratée ? Ou faut-il, comme Mattia Binotto semble le faire, attribuer cette mauvaise performance à la nature spécifique du circuit, et à un travail erratique sur les réglages ? En somme, la SF90 a-t-elle des failles conjoncturelles ou structurelles ?

Flop n°3 : Le faux départ de Pierre Gasly avec Red Bull

Après ses deux crashs à Barcelone, Pierre Gasly avait déjà la pression pour son premier Grand Prix. Or le Français a été éliminé dès la Q1 (17e place), avec un petit dixième et demi de retard sur Max Verstappen. Helmut Marko a dédouané le Français, en avouant une erreur stratégique de Red Bull ; Christian Horner a tenu un discours plus ambigu, en soulignant que Max Verstappen avait tout de même tiré son épingle du jeu… Un soutien plus franc et massif aurait été bienvenu pour le Normand. En course, privé de cartographie moteur pour dépasser, Pierre Gasly a eu du mal à remonter dans le peloton, et a échoué à la porte des points, butant sur … Daniil Kvyat en fin d’épreuve. Seul pilote des écuries de pointe à ne marquer aucun point, Pierre Gasly commence à l’envers son aventure chez Red Bull.

On demande à voir…

Robert Kubica est-il hors-sujet à ce point ?

Pour son retour en F1, Robert Kubica a connu un week-end évidemment complexe. Personne ne s’attendait, dans une Williams, à ce qu’il passe en Q2. Mais le Polonais a commis des erreurs qui lui sont imputables : il a tapé le mur des stands en essais libres ; a manqué son deuxième relais en Q1 en qualifications, surpris par l’évolution de la piste ; en course, il s’est accroché avec Pierre Gasly au départ et a endommagé son aileron avant ; il a été ensuite loin du rythme de son coéquipier, pour être le seul pilote à finir à 3 tours de Valtteri Bottas. A l’inverse, George Russell a réalisé un week-end propre et d’une bien meilleure qualité. Le retour de Robert Kubica sera-t-il une pièce épique tournant au tragique, voire à la comédie ? Réponse lors des prochaines courses…

Quel aurait-été le véritable rythme de Lewis Hamilton, sans fond plat endommagé et sans course de gestion ?

Lewis Hamilton a signé la pole le samedi à Melbourne, mais son rythme en course était loin de suivre celui de Valtteri Bottas. L’Anglais a ainsi fini à 20,8 secondes de son coéquipier, un écart conséquent. Or après la course, Mercedes a révélé qu’un morceau s’était détaché sur le fond plat de la W10, ce qui avait causé des problèmes importants d’équilibre. De plus, Lewis Hamilton a confié qu’il avait géré la remontée de Max Verstappen le restant de la course, en gardant du potentiel en réserve. En somme, il aurait pu aller plus vite dimanche dernier. Au point de pouvoir défier Valtteri Bottas ? De reléguer, à plus de 20 secondes également, la Red Bull de Max Verstappen ? C’est plausible… mais aussi, potentiellement, très inquiétant pour la concurrence.

Le règlement aérodynamique est-il aussi efficace que prévu ?

En course, le nouveau règlement aérodynamique a, semble-t-il, permis aux voitures de se suivre plus facilement en piste. Pour autant, le nombre de dépassements était identique à celui de l’an dernier, si l’on retire ceux effectués sur un Antonio Giovinazzi en perdition, avec ses pneus très usés en fin de premier relais. Ce qui semble davantage limiter les pilotes désormais pour se suivre de près, c’est davantage la surchauffe induite des Pirelli. Le nouveau règlement aérodynamique semble donc prometteur, mais moins pour favoriser les dépassements que pour favoriser des suivis plus rapprochés en piste. Qu’en sera-t-il à Bahreïn, piste plus propice, sur le papier, aux dépassements ?

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