Formule 1

Les pilotes déplorent l’inconstance des commissaires de course

"La direction de course a toujours raison, c’est le problème"

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Par Emmanuel Touzot

20 novembre 2021 - 19:59
Les pilotes déplorent l’inconstance (...)

En conférence de presse post-qualifications du Qatar, Lewis Hamilton et Max Verstappen ont reparlé du briefing des pilotes. Celui-ci, qui s’est tenu hier, s’est focalisé sur la non pénalité pour le Néerlandais au Brésil.

Hamilton a jugé que les commissaires, qui ont dit qu’ils pourraient prendre différentes décisions chaque week-end puisque leur bureau tourne, n’ont pas apporté des précisions assez claires pour que les pilotes sachent quoi faire.

Du côté de Verstappen, il n’y a aucun problème et le Néerlandais assure que le briefing était clair. Mais à en croire les autres pilotes, à commencer par George Russell, la clarté n’était pas au rendez-vous.

"Je pense que malheureusement, il n’y a eu aucune réelle issue hier, mais je comprends qu’il y ait besoin de traiter chaque cas sur place" a déclaré Russell. "Pour moi, la défense de Verstappen contre Hamilton n’était même pas sur la ligne, elle était loin derrière."

"Si ça avait été dans le dernier tour, il y aurait eu une pénalité pour Max. Vous ne pouvez pas freiner 25 mètres trop tard et faire cela. Max n’a pas été puni uniquement parce que Lewis a gagné la course."

"Mais les conséquences ne devraient pas compter dans la punition ou le jugement de l’incident. Il faut juger l’incident lui-même. C’est ce qu’ils nous ont toujours dit, ce n’est pas la conséquence, c’est l’incident lui-même."

Le directeur du GPDA, l’association des pilotes, va plus loin et accuse aussi les commissaires d’avoir mal jugé l’incident entre Yuki Tsunoda et Lance Stroll au Grand Prix du Brésil, le Japonais ayant été pénalisé.

"Tsunoda n’aurait jamais dû être pénalisé pour ça. Il avait tout à fait raison de tenter le coup, il n’a pas perdu le contrôle, il n’a pas bloqué de roue, et il a quand même réussi à atteindre le point de corde. L’issue de la course la semaine dernière était un peu malheureuse pour nous, pilotes."

Sainz et Alonso veulent que ce soit ’noir ou blanc’

Sebastian Vettel a refusé de s’exprimer à ce sujet mais a expliqué être d’accord avec Russell. Carlos Sainz a également une approche similaire au pilote Williams F1. Selon lui, la direction de course n’a pas apporté de décision satisfaisante, et la situation est toujours très complexe.

"Nous devons repenser toute l’approche parce que de la manière dont ça a fonctionné, il est clair que les pilotes ne comprennent pas complètement ce qui va se passer en fonction de ce que vous faites" a déclaré Sainz. "J’ai besoin de savoir si je peux pousser la voiture vers l’extérieur au large, et quelle sera la conséquence."

"Est-ce qu’il y aura un avertissement ? Est-ce possible de le faire une fois ? Peut-on le faire une ou deux fois, puis avoir un avertissement, et enfin le faire une quatrième fois ? Ou est-ce qu’ils appliqueront directement des sanctions, comme en Autriche ?"

"Nous cherchions des réponses, nous en avons obtenu de Michael [Masi, directeur de course de la FIA], mais nous savons que parfois Michael et les commissaires ne sont pas toujours d’accord. En tant que sport, nous devons rendre les choses aussi claires que possible."

Fernando Alonso soutient son compatriote, expliquant que la clarté est essentielle pour les pilotes : "Quand les règles sont des zones grises, elles vous arrangent parfois, mais vous font aussi parfois passer pour un idiot en piste."

"C’est mieux quand c’est noir ou blanc. On verra si l’on peut tout améliorer ensemble, je pense que le problème ne concerne pas juste la FIA. Il y a aussi les pilotes et les équipes, nous devons travailler ensemble pour avoir un meilleur règlement."

Alonso n’est pas contre la décision prise pour Verstappen, mais rappelle que c’est incohérent avec les décisions précédentes. Il sous-entend au passage que la FIA n’admet pas ses erreurs : "Ils ont toujours raison. C’est le problème."

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