Formule 1

Leclerc a été aussi ‘grandiose’ qu’infortuné pour Brawn

‘La F1 peut être un sport vraiment cruel, ce Grand Prix l’a prouvé’

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Par A. Combralier

3 avril 2019 - 16:32
Leclerc a été aussi ‘grandiose' qu'infortun

Si son unité de puissance Ferrari n’avait pas perdu un cylindre à une dizaine de tours de l’arrivée, Charles Leclerc aurait sans nul doute remporté le Grand Prix de Bahreïn après en avoir signé la pole position la veille.

La fiabilité fait cependant partie de l’équation d’une saison, ce qui a permis à Lewis Hamilton et Valtteri Bottas de signer un deuxième doublé en deux courses.

Sur un plan personnel, à part un départ hésitant, Charles Leclerc n’a absolument rien à se reprocher. Ross Brawn, le manager des sports mécaniques pour Liberty Media, l’exhorte à retenir aujourd’hui le positif : cette désillusion de Bahreïn pourrait bien lui servir de leçon pour la suite de sa carrière.

« La F1 peut être un sport vraiment cruel. A Bahreïn, après avoir signé le temps le plus rapide lors de quasiment chaque session, Charles Leclerc vivait un rêve. »

« Mais [la panne de son moteur] fut un coup d’arrêt dévastateur, pour lui et son équipe, mais surtout pour Charles. »

« Cependant, sa chute à la troisième position finale ne retire rien à ce qui fut une performance brillante de sa part. La manière avec laquelle il a repris la tête de la course après quelques tours, son talent pour gérer les pneus dans une course très difficile sur ce plan en raison du sable et du vent, tout cela était grandiose de sa part. »

« J’ai aussi apprécié sa manière de gérer [cette désillusion] à la fin de la course. Il a ainsi montré un degré formidable de maturité, un trait qui lui servira dans le futur. Charles méritait véritablement la victoire et ce premier podium est pour lui une consolation ; je suis sûr qu’il reviendra au sommet très bientôt. »

C’est finalement la fiabilité qui a décidé du vainqueur de ce Grand Prix de Bahreïn. L’importance de la fiabilité a été soulignée non seulement par les déboires du V6 Ferrari, mais encore par le double abandon des Renault, qui n’a pas échappé à Ross Brawn.

« En F1, le vieil adage ‘pour finir premier, il faut d’abord finir’, est toujours vrai. Chez Ferrari et chez Renault, on sera désormais bien conscients de cette maxime. »

« L’unité de puissance actuelle est une merveille de technologie, comme son efficience énergétique de 50 % le démontre. Mais elle est aussi extrêmement complexe et chaque composant doit être préparé à la perfection, pour endurer les exigences et le stress à ce niveau de compétition. Avec les années, des progrès incroyables ont été réalisés, en partie grâce au travail de simulation, mais la perfection totale, sur la piste, est toujours difficile à obtenir comme à maintenir. »

En vieux briscard de la discipline, Ross Brawn a prodigué quelques conseils pour Mattia Binotto et Cyril Abiteboul.

« La première chose à faire est de comprendre ce qui est arrivé, pour savoir quels composants ont cassé, afin de mettre en place des contre-mesures. Analyser des pièces qui ont fait défaillance est une tâche compliquée, qui implique non seulement les équipes, mais encore des fournisseurs extérieurs. »

« Tout doit être fait dans la précipitation, puisque un Grand Prix est de nouveau prévu dans moins de deux semaines. Dans le même temps, il faut agir méthodiquement pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre réaction et analyse en profondeur ; mais pour trouver les solutions, comme je l’ai appris il y a longtemps, le diable est dans les détails. C’est par ce processus que doivent maintenant passer ces équipes. »

Ferrari

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