Le sponsor-titre déserteur ROKiT doit verser 35 millions à Williams F1

Pour avoir rompu son sponsor-titre en 2020

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Par Alexandre C.

5 janvier 2022 - 15:32
Le sponsor-titre déserteur ROKiT (...)

En 2019, Williams avait annoncé la signature d’un nouveau sponsor-titre, la firme de télécommunications ROKit. Mais 2019 fut aussi la pire saison de l’histoire de Williams, avec un début des essais hivernaux manqué et une dernière place, sans aucun point, au classement des constructeurs.

Le contrat initial était de deux ans (avec une prolongation mi-2019 jusqu’en 2023) et pourtant, mai 2020, ROKiT annonçait avec fracas son départ de l’équipe de Grove, cassant son bail. La pandémie de Covid et la faible compétitivité de Williams avaient abrégé la courte vie de ce partenariat.

Ce fut un véritable coup dur, et même un coup de grâce pour Williams, qui devait déjà faire face à des lourdes pertes en 2019. La pandémie et le départ de Rokit avaient alors conduit Claire Williams à mettre en vente l’équipe.

Le départ de Rokit mai 2020 fut ainsi un tournant, comme Claire Williams le confirma en septembre 2020 au moment de la vente de Grove : « Nous avions épuisé toutes les possibilités qui s’offraient à nous. Je pensais, en arrivant cette année, que nous avions pris un virage. Nous avions de nouveaux partenaires en titre, qui promettaient beaucoup. Puis cela s’est effondré, et le coronavirus a frappé. C’était la fin de la partie. Il n’y avait pas de retour possible. Si ces deux choses ne s’étaient pas produites, nous aurions été sauvés. Quand les sponsors se sont effondrés et que le coronavirus a frappé, la partie était terminée. Il n’y a pas eu de retour possible. Ils [Dorilton] vont vouloir un contrôle total. C’était la conclusion inévitable. »

Williams a finalement gain de cause… et pas qu’un peu

Mais ROKiT, en cassant un contrat qui courait jusqu’en 2023, s’est exposé à de lourdes sanctions. Williams a logiquement poursuivi la firme bleue en justice.

Or dans un tout récent arbitrage judiciaire fédéral aux États-Unis, le conciliateur de justice a rejeté les arguments de la firme, qui arguait n’avoir pas payé Williams parce que l’équipe de F1 n’aurait pas rempli ses « obligations » au premier janvier 2020.

Il a été pourtant estimé par la justice fédérale que ROKiT avait « de manière indubitable promis » des paiements complets à l’équipe, sans réserve ou condition, jusqu’au terme du contrat en 2023.

Williams estime qu’elle aurait dû recevoir près de 26 millions de livres en paiement si le contrat avait été honoré, et 1 million de bonus. Pour mémoire l’équipe aurait obtenu environ 14 millions de livres pour la première année du deal en 2019. En 2020, ROKiT promettait encore de régler les millions restants, assurant que des transferts bancaires étaient en cours, sans suite.

Tous ces arguments ont été rejetés par l’arbitrage fédéral, qui estime également que l’arrivée de Dorilton Capital ne change rien au préjudice subi par Williams.

C’est donc une victoire totale pour Williams et l’arbitrage fédéral californien a sommé ROKiT de payer 26 millions de livres environ (35,7 millions de dollars) à Williams en dédommagement.

Si l’affaire ROKiT s’arrête effectivement là, l’équipe de Grove gagnerait ainsi un petit pactole, qui serait fort utile pour la nouvelle ère réglementaire. Mais sans ce préjudice, l’équipe serait peut-être encore toujours aux mains de la famille Williams.

« Nous sommes ravis d’annoncer l’extension de notre partenariat avec ROKiT » déclarait encore Claire Williams mi-2019, lors de la prolongation de deux ans de ROKiT. « Comme je l’ai dit en février, c’est une alliance naturelle basée sur la valeur partagée de l’innovation, de l’excellence de l’ingénierie, et de la confiance. ROKiT a rejoint l’équipe à une période difficile et c’est important pour nous de voir qu’ils croient en notre vision et sont impliqués pour que l’on y parvienne. J’ai pris du plaisir à travailler avec l’équipe de ROKiT et j’ai hâte de continuer pendant les cinq prochaines années. »

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