Formule 1

Le meilleur line-up, pas la meilleure F1 : comment McLaren a fait la différence l’an dernier

Les statistiques pour comparer les line-ups du milieu de grille

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Par Alexandre C.

15 février 2021 - 15:43
Le meilleur line-up, pas la meilleure

McLaren présente ce soir à 20h, sa nouvelle MCL35M, et il est stimulant de se demander quels objectifs réalistes peut se fixer une équipe qui vient de terminer 3e au dernier classement des constructeurs.

Progresser plus encore, pour rattraper Red Bull, apparaît très complexe, ardu et osé ; lutter face à Racing Point, Alpine ou Ferrari semble un objectif plus raisonnable. Encore plus si l’on considère que McLaren n’avait pas la 3e meilleure voiture très régulièrement l’an dernier – et la monoplace orange n’était même, parfois voire souvent, que la 5e ou 6e monoplace la plus véloce.

Pourquoi alors McLaren a-t-elle pu malgré tout finir 3e au classement des constructeurs ? C’est ce que l’on peut se demander ici.

Il y a bien sûr l’affaire des 15 points retirés à Racing Point, pour avoir copié les conduits de frein arrière de la Mercedes 2019. Sans ces 15 points de pénalité, Racing Point aurait fini huit points devant McLaren (mais la monoplace rose n’aurait pas été aussi rapide tout au long de l’année…).

Il y aussi la fiabilité qui a compté : McLaren a été plutôt épargnée par la mécanique. Chez Renault, Esteban Ocon a en particulier souffert ; tandis que chez Racing Point, quand Sergio Pérez ou Lance Stroll n’étaient pas atteint du coronavirus, le moteur Mercedes (Sergio Pérez par deux fois, notamment alors qu’il était 3e à Bahreïn) ou les freins (Lance Stroll) pouvaient lâcher l’équipe.

Mais il faut aussi saluer la constance des deux pilotes de Woking, à entrer régulièrement dans les points, ce qui a clairement fait la différence. McLaren a particulièrement brillé dans ce domaine, qui au contraire a fait défaut à Racing Point, Ferrari ou Renault.

C’est d’ailleurs ce constat que regrettait Otmar Szafnauer, le directeur de Racing Point, il y a quelques jours : « Nous avons eu la troisième voiture la plus rapide sur de longs relais. Mais nous n’avons terminé que quatrième derrière McLaren. Nous n’avons pas eu de chance. Pour nous, il s’agira d’éliminer les difficultés. Nous avons besoin de plus de constance quand il s’agit de marquer les points. Si nous y parvenons, nous pouvons devenir troisièmes. Ce doit être notre objectif réaliste. »

Les statistiques donnent raison à cette impression d’ensemble.

L’an dernier, Carlos Sainz a marqué 105 points, tandis que Lando Norris inscrivait 97 points. L’Espagnol n’a manqué le top 10 qu’à 5 reprises, le Britannique a été encore plus régulier en loupant les points à 4 occasions seulement.

En comparaison, Sebastian Vettel n’a fini que 7 fois dans les points avec Ferrari – 10 fois pour Esteban Ocon ou Lance Stroll.

Ainsi chez McLaren, un pilote (Carlos Sainz) a inscrit 52 % des points et l’autre (Lando Norris) 48 % des points. Un total équilibré quasiment à la perfection et qui explique pourquoi McLaren s’est montrée si régulière et constante.

A l’inverse, Racing Point, Renault ou Ferrari n’ont trop souvent pu compter que sur une seule voiture pour marquer des unités.

Chez Racing Point d’abord, Sergio Pérez a inscrit 125 points, Lance Stroll 75 (et Nico Hülkenberg 10). Ainsi le Mexicain a inscrit quasiment 60 % des points à lui tout seul (si l’on retire la pénalité des 15 points non répercutée au classement des pilotes), alors même que l’équipe a compté trois pilotes dans ses rangs.

Chez Renault, le déséquilibre est encore plus prononcé. Daniel Ricciardo a inscrit 65 % des points de l’équipe et Esteban Ocon seulement 35 % - ce qui montre que le Français a souffert.

Enfin chez Ferrari le constat fut plus cruel encore : Charles Leclerc a marqué 75 % des points de l’équipe contre seulement 25 % pour Sebastian Vettel.

En somme McLaren a prouvé qu’avoir un duo de pilotes bien équilibré, de niveau comparable, était parfois plus important que de disposer de « la meilleure voiture » en milieu de grille. Dans un plateau aussi serré, les détails font la différence : et avoir deux bons pilotes constants dans la voiture, c’est peut-être davantage qu’un détail.

En 2021, McLaren devrait d’ailleurs garder cette force avec un duo de pilotes de nouveau prometteur, Daniel Ricciardo remplaçant Carlos Sainz. De bon augure…

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