Formule 1

Le HANS, un autre héritage d’Imola 1994

Les fractures de la base du crâne étaient dans le viseur

Recherche

Par Emmanuel Touzot

7 mai 2019 - 08:58
Le HANS, un autre héritage d'Imola (...)

La sécurité en Formule 1 n’a plus jamais été la même après les décès de Roland Ratzenberger et Ayrton Senna, dans le cadre du Grand Prix de Saint-Marin 1994. Outre la sécurité des circuits et des monoplaces, c’est l’équipement des pilotes qui a été revu.

En effet, Ratzenberger est décédé suite à une fracture de la base du crâne, une des blessures qui a tué le plus de pilotes au fil de l’Histoire des sports mécaniques. Encore malheureusement responsable du décès de certains pilotes, notamment Dan Wheldon en IndyCar en 2011, la fracture de la base du crâne est due aujourd’hui à un choc direct contre la tête, avec une clôture dans le cas de Wheldon, mais plus aux mouvements de la tête à cause du choc.

Le système HANS (Head and Neck Support, littéralement soutien de la tête et du cou) a été la raison pour laquelle ces blessures ont été largement réduites, notamment en Formule 1. L’augmentation de la hauteur des protections latérales de cockpit a évidemment aidé, mais le fait que la tête du pilote ne puisse pas avoir une liberté totale de mouvement lors d’un choc a également contribué à rendre la F1 plus sûre.

Il fut développé par le pilote d’IMSA Jim Downing et par son beau-frère, le professeur Robert Hubbard, qui était spécialisé en biomécanique spinale. Downing a porté pour la première fois le prototype du HANS en 1987, mais il avait attiré des moqueries avant tout, de la part des autres pilotes se demandant ce dont il s’agissait.

"J’imagine que j’avais l’air d’un idiot en marchant avec ça, mais c’est comme ça qu’on a fait notre publicité rapidement" se remémore Downing. Hubbard, pour sa part, se souvient de l’envie de créer un système qui empêcherait "des incidents majeurs" qui avaient causé la mort de plusieurs pilotes.

Testé encore entre 1996 et 1998, il fut obligatoire aux Etats-Unis en 2001, approuvé par la FIA la même année, et devint à son tour obligatoire en Formule 1 en 2003, près de 10 ans après le triste week-end d’Imola. Il est désormais obligatoire dans tous les championnats FIA et fait partie de l’équipement logique d’un pilote à notre époque, au même titre que le casque ou la combinaison.

FIA

expand_less