Formule 1

Hubert après Bianchi : Ricciardo confie sa ‘colère’ d’avoir vu la mort revenir

Il avait mis longtemps à encaisser la mort de Jules

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Par A. Combralier

6 septembre 2019 - 12:01
Hubert après Bianchi : Ricciardo (...)

Anthoine Hubert est le deuxième pilote français à trouver la mort en l’espace de quatre années seulement. Le souvenir de Jules Bianchi, décédé des suites de son accident gravissime lors du Grand Prix du Japon 2014, avec Marussia, hante encore les mémoires ; maintenant qu’Anthoine Hubert nous a aussi quittés, une impression funèbre plane sur les paddocks, comme si la mort rôdait de nouveau sur les circuits de F1 et de F2.

Deux morts, deux jeunes pilotes. Pour Daniel Ricciardo, c’est trop. Le pilote Renault, qui a été profondément affecté par la tragédie de l’Eau Rouge, au point d’hésiter à prendre le départ du Grand Prix de Belgique, a confié sa « colère ». Colère de voir, une fois encore, une fois de trop, un jeune quitter les siens.

« La mort de Jules m’avait frappé très durement. Presque de manière surprenante, sans manquer de respect. Je ne m’attendais pas à ce que sa mort me touche aussi longtemps – la tristesse, la douleur ont duré pendant une longue période. »

« Après ce week-end de Spa… vous pensez que le temps va finir par tout réparer. Vous vous disiez, avant, OK, rien n’est arrivé depuis un moment. Ce doit être pour une bonne raison. Le sport est devenu plus sûr. Et c’est arrivé. Un choc. »

« J’ai ressenti de nouveau de la colère. Nous pensions que nous avions effacé tout cela. Et cela revient dans votre esprit, devant vous. C’est difficile. »

Cette colère a-t-elle encore provoqué, chez Daniel Ricciardo, d’autres sentiments ? La volonté, par exemple, d’arrêter la course ?

« J’ai senti que la mort de Jules m’a fait embrasser plus fort encore la course auto. Et pour être honnête, la mort d’Anthoine va probablement avoir les mêmes effets. Je ne ressens pas ce genre de peur en course. Et c’est pour moi une source de motivation : combien d’années encore arriverai-je à tenir sans que cette peur s’installe ? »

Être frappé par la tragédie ; mais en même temps, garder l’amour pour la course. N’est-ce pas là un paradoxe selon Daniel Ricciardo ?

« Cela me donne la chair de poule. Je ne sais pas comment ou pourquoi. Le samedi soir, je ne me sentais pas du tout de conduire une voiture de course le dimanche. Mais le lendemain, même en passant le Raidillon, c’était étrange de voir à quel point je me sentais normal, naturel. Je ne peux l’expliquer. »

« C’est parce que vous avez une profonde passion pour la course, peut-être. Je me suis surpris. Nous nous sommes tous surpris probablement le dimanche. »

« J’ai pris quelque plaisir à revenir sur la piste, à courir. Oui, c’était toujours dans mon esprit. Mais nous avons pu le mettre de côté pendant un moment. Je ne peux dire pourquoi. Cela m’a surpris. »

« Oui, je veux prendre des risques. Mais en restant raisonnable. Il y a toujours un niveau de contrôle, de calcul. Je ne fais rien seulement par émotion. »

« Quand l’une de ces choses arrive au mauvais endroit, au mauvais virage, alors, que pouvez-vous faire ? Vous devez garder en tête cet aspect rationnel : oui, ça aurait pu arriver à l’autre bout du circuit. Ou sur la route. »

Si les pilotes tiennent, c’est sans doute aussi parce qu’ils sont unis par les mêmes risques, par les mêmes peurs, par la même passion.

« Je pense juste qu’être sur le même bateau que tout le monde, savoir que vous n’êtes pas le seul à ressentir ce que vous ressentez, cela aide. Ces rivalités sur la piste ne résument pas tout ce que nous avons en commun. Tout ce que nous ressentons ensemble pour tous les autres pilotes. »

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