Formule 1

Avec Mercedes, Williams F1 a choisi la performance plutôt que l’indépendance

Les raisons d’un choix

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Par Alexandre C.

16 janvier 2021 - 16:40
Avec Mercedes, Williams F1 a choisi (...)

L’arrivée de Dorilton Capital aura eu raison d’une vieille politique d’indépendance chez Williams : contrairement aux années précédentes, l’équipe de Grove a décidé (voir notre article), pour 2022, de reprendre la boîte de vitesses de son motoriste Mercedes, ainsi que plusieurs éléments du système hydraulique.

Pourquoi Williams n’avait-elle pas choisi cette solution auparavant ? L’arrivée de Dorilton et de Jost Capito (le nouveau PDG) peut expliquer ce changement de politique.

La vente de Williams Engineering davantage. Car en repoussant les offres de collaboration avec Mercedes par le passé, Williams voulait aussi garder un savoir-faire indépendant, nécessaire à la vente de solutions externes à d’autres équipes de courses (par exemple en Formule E), pour conserver ses propres capacités.

Mais aux abois financièrement, Claire Williams avait décidé de la cession de la majorité du capital de Williams Engineering. Grove n’a donc plus de raisons structurelles de vouloir être à 100 % indépendant, contre vents et marées.

Ce gain en performance attendu accentue du même coup le basculement de Williams vers un statut d’équipe-B voire junior – un pas avait été déjà franchi avec l’arrivée de George Russell en provenance de Mercedes. L’équipe qui dominait jadis le plateau se retrouve ainsi en position de subordination : en 1996, il est douloureux de penser que c’était Minardi qui signait un accord de coopération technique avec Williams !

C’est aussi un petit désaveu pour les capacités d’ingénierie à Grove, qui ont été évidemment remises en question par les performances récentes.

Cependant le gain de performance du seul fait de l’utilisation d’une boîte de vitesses Mercedes ne sera pas, en soi, drastique. Il permettra surtout à Williams d’économiser des ressources et de consacrer plus de temps à d’autres développements pour la F1 2022 (dont le travail de développement est si important, puisque l’on part d’une feuille blanche) : c’est là que les gains seront, par ricochet, les plus élevés.

Il y a tout de même un coût technique à l’utilisation d’une boîte de vitesses extérieure : le design des suspensions arrière perd en liberté. Cela pourrait contraindre Williams à suivre encore davantage le design Mercedes ; verra-t-on Grove imiter Racing Point et peindre aussi de rose la Mercedes ? Notamment en reprenant tout l’arrière de Mercedes pour 2022 ? Il faudra pour ce faire prêter attention à la réglementation, qui a été durcie sur les transferts de pièces suite à l’affaire Racing Point.

Ce partenariat technique est aussi une bonne nouvelle pour Mercedes. Avec la limitation du temps de développement aérodynamique, avec la mise en place des budgets plafonnés, Brackley pourrait utilement « sous-traiter » une partie de son développement à Grove (qui dispose de plus de temps de développement en ayant fini 10e au classement des constructeurs).

Ainsi l’approche choisie par Jost Capito et Simon Roberts, le directeur d’écurie, se veut pragmatique : l’indépendance est sacrifiée en partie au profit de la performance. Du même coup, Grove enclenche une logique qui, pour maximiser les gains de cette alliance technique, devrait mettre en place un partenariat de plus en plus étroit avec Mercedes. De quoi relancer le débat sur les équipes-B, de quoi aussi plonger dans la nostalgie les fans de la grandeur de Williams…

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