Formule 1

Prost-Senna, de l’inimitié à l’intimité : le Professeur raconte

Un ami après 1993, et même un confident

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Par Valentin Vilnius

11 octobre 2018 - 17:07

Dans l’histoire de la F1, le nom d’Alain Prost restera collé à celui d’Ayrton Senna. La rivalité entre le Français et le Brésilien, leur duel souvent épique et électrique, marqueront longtemps les esprits comme les tables des records.

A l’occasion d’une récente discussion accordée à la FIA et Liberty Media, Alain Prost est revenu sur les origines et le développement de sa relation avec le triple champion du monde.

« C’est moi qui ai demandé à Ron Dennis et à Honda d’engager Ayrton dans l’équipe » a confié le Professeur, qui fit équipe avec Senna à partir de 1988 chez McLaren. « C’était très simple. Nous étions au Japon, pour une réunion dans un hôtel. Ils voulaient mettre Prost et Piquet dans la voiture. J’ai demandé : pourquoi ? »

« Nelson était un bon ami. Ayrton, je ne le connaissais pas. J’ai dit, ‘pourquoi voulez-vous prendre Nelson ? Nous avons un jeune gars, très talentueux, il faut avoir le meilleur pilote pour l’équipe. J’avais un droit de veto sur mon coéquipier, je pouvais dire non. »

« Je n’ai jamais rien regretté, car quand vous faites des choses, c’est parce que vous sentez que c’est le meilleur choix à faire. »

Alain Prost a tout de même peut-être regretté son choix notamment à Suzuka, en 1989, lors de sa fameuse collision fratricide avec Senna à la chicane. L’ambiance était devenue si détestable au sein de l’écurie, que le Français partit pour Ferrari l’année suivante.

Pour autant, après sa retraite et son quatrième titre en 1993, Alain Prost a pu nouer avec Ayrton Senna des relations beaucoup plus apaisées, voire amicales.

« C’est alors que nous avons commencé à parler. Nous parlions de tout. Il m’appelait une ou deux fois par semaine. Nous avions de longues conversations. Il voulait que je revienne en F1. »

« Quand j’ai testé la McLaren-Peugeot en 1994, il m’a dit ‘Tu devrais revenir en F1’. Et j’ai ri. Je disais ‘Si je reviens, tu seras un tour devant moi’. Il m’a expliqué beaucoup de choses. J’ai appris beaucoup sur le plan humain, ce qui était le plus important. »

« Je ne sais pas si nous étions amis. Sur le podium à Adélaïde, en 1993, à mes côtés, il a totalement changé son comportement envers moi. Quelques jours plus tard, il m’a appelé. Et il a continué à m’appeler durant l’hiver. »

« Je peux dire que c’était de l’amitié. Parce que quand vous parlez de votre vie professionnelle, de votre vie personnelle, de vos soucis, vos problèmes… J’ai toujours dit que je savais des choses que je ne partagerai jamais. A personne. Je n’ai jamais rien dit. Donc je peux dire que oui, en ce sens, il était un ami. Mais je ne l’ai jamais rencontré très souvent. »

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