Formule 1

Ferrari doit-elle réveiller Alfa Romeo pour en faire son équipe junior ?

Une question d’opportunité

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Par A. Combralier

19 février 2017 - 12:24
Ferrari doit-elle réveiller Alfa (...)

En Formule 1, Red Bull est la seule équipe à posséder officiellement une équipe B destinée aux jeunes pilotes, avec Toro Rosso. La petite Scuderia n’est pas seulement une chance unique pour les talents de demain, qui ont pu, pour une, deux, ou trois saisons, faire leurs armes en Formule 1 sans forcément avoir les poches remplies de dollars.

Une équipe junior est en effet un argument sérieux lorsqu’il s’agit d’attirer une petite pépite. Le cas Max Verstappen est ainsi exemplaire. Mercedes et Red Bull bataillaient pour attirer le jeune Néerlandais dans leurs girons respectifs. L’argument de Red Bull – une place de titulaire, immédiatement, chez Toro Rosso – a décidé finalement de l’avenir de Verstappen. On sait ce qu’il en advint.

Ferrari doit-elle alors imiter Red Bull et créer à son tour une équipe B, au risque de passer à côté des talents de demain ? L’hypothèse peut séduire. Elle a même été évoquée récemment par Sergio Marchionne, qui n’a pas totalement écarté le retour d’Alfa Romeo à moyen terme.

C’est oublier cependant la philosophie générale de Ferrari s’agissant des pilotes : recruter des talents d’expérience, confirmés, qui ont déjà plusieurs saisons dans leur bagage. C’est pour cette raison que la Scuderia a préféré conserver Kimi Räikkönen (plutôt que Nico Hulkenberg, jugé encore trop tendre) pour épauler Sebastian Vettel. On peut juger cette stratégie conservatrice, mais c’est celle qu’adopte la Scuderia depuis maintenant de longues années.

De plus, Ferrari est encore une équipe qui fait rêver tout jeune pilote. Qui résiste aux sirènes de la Scuderia ? Dans ce cas, pourquoi diable Ferrari se fatiguerait-elle donc à former pendant de longues années de jeunes pilotes, quand il suffit de leur proposer un contrat solide le moment venu ?

Du point de vue des pilotes, le seul intérêt majeur d’une équipe B officielle serait de réveiller le pilotage italien de sa torpeur. On a vu qu’Antonio Giovinazzi avait été récemment recruté comme 3e pilote par Ferrari. Mais l’Italien ne devrait que très peu rouler avec Ferrari et pourrait davantage faire ses armes chez Sauber.

Du point de vue de l’écurie Ferrari, l’intérêt d’une équipe B serait de pouvoir compter sur des synergies de développement, comme c’est le cas entre Red Bull et Toro Rosso. Ferrari pourrait ainsi mener un travail intelligent et parallèle en soufflerie avec Alfa Romeo. De quoi prendre de l’avance sur certaines écuries.

Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Créer une équipe B de toutes pièces (on imagine mal Alfa Romeo être basée hors d’Italie) prend du temps et beaucoup d’argent. A l’heure où la Scuderia peine toujours à retrouver son niveau, faut-il qu’elle disperse son énergie en ouvrant un nouveau chantier ?

La création d’une équipe B apporterait donc certainement des avantages compétitifs à Ferrari. Cependant le problème ne gît pas là pour la Scuderia – là n’est pas la priorité. L’urgence est de retrouver les sommets, et pour cela, la recette est connue : des ingénieurs de talent, venus de tous les pays (et non pas seulement d’Italie), et un leadership fort. Bref, tout ce qui manque actuellement à Ferrari.

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