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Citroën retrouve l’Europe avec la C3 WRC au Portugal

Deux jours d’essais pour bien se préparer

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Par Olivier Ferret

25 mai 2019 - 17:31
Citroën retrouve l'Europe avec la C3 (...)

Pour le retour du WRC en Europe après une tournée sud-américaine, le Citroën Total World Rally Team s’apprête à disputer, avec cette septième manche, un rallye qui revêt une dimension particulière pour Sébastien Ogier – Julien Ingrassia et Esapekka Lappi – Janne Ferm, ses deux équipages. D’où leur farouche volonté de bien y figurer.

Le rallye du Portugal est forcément une épreuve à part pour Sébastien Ogier, Julien Ingrassia et Citroën Racing : c’est là en effet, en 2010, que les sextuples champions du monde se sont offerts leur toute première victoire mondiale aux commandes d’une C4 WRC engagée par le Citroën Junior Team d’alors. Placés dès 2008 en formation accélérée au sein des Rouges, ils n’en étaient pourtant alors qu’à la moitié de leur deuxième saison seulement à bord d’une WRC. Depuis, ils ont également remporté l’édition 2011 sous les couleurs de la marque aux chevrons, avant d’accrocher trois autres millésimes (2013, 2014 et 2017) à leur impressionnant palmarès. Preuve qu’il faudra à nouveau compter avec eux sur ce terrain où la formation tricolore compte également cinq succès. Si leur solide deuxième place chilienne, soit leur cinquième podium (dont deux victoires au Monte-Carlo et au Mexique) en six manches cette saison, leur a valu de reprendre la tête du championnat, elle va les contraindre à balayer pour les suivants, l’épaisse pellicule de gravette présente en surface sur les chemins lusitaniens. Une mission dont ils se sont toutefois souvent acquittés par le passé, non sans se révéler bluffants.

Ce rallye est également particulier pour Esapekka Lappi et Janne Ferm : c’est là que le duo finlandais y a fait ses débuts à bord d’une WRC en 2017. Avec une première réussie à la clef. L’an passé, ils ont fait encore mieux, avec une cinquième place prometteuse ponctuée de deux meilleurs temps, dont celui de la Power Stage, toujours particulièrement prisé, et représentatif également du degré de compétitivité. Ce terrain semble donc propice à les voir continuer à s’affirmer encore un peu plus avec C3 WRC, d’autant que leur septième place en piste devrait leur permettre de bénéficier, en cas de beau temps, de traces et donc d’un niveau d’adhérence à même de les mettre d’emblée en confiance.

Pour préparer au mieux cette échéance, et la suivante en Sardaigne, le Citroën Total World Rally Team a mis le cap sur l’île transalpine pour deux jours d’essais productifs. Ces tests ont été axés sur l’optimisation de la performance dans des conditions de découverte de pistes à faible grip, conditions fidèles à une situation de premier passage en course.

Pierre Budar, Directeur de Citroën Racing

" Pour le retour en Europe du championnat, sur une épreuve terre disons plus classique, nous n’avons pas d’autre objectif que de continuer à nous battre farouchement pour le championnat et de grimper sur le podium pour la septième fois consécutive en autant de manches cette année. Dans un contexte toujours plus concurrentiel, nous sommes déterminés à ne rien lâcher et toute l’équipe technique de Satory a mis à profit le temps dont elle disposait pour travailler sans relâche avec nos équipages sur C3 WRC. Évidemment, avec la lourde tâche d’ouvrir la route, Sébastien et Julien n’auront pas la partie facile mais ils ont déjà prouvé par le passé être capables d’exploits sur cette surface qu’ils affectionnent. Quant à Esapekka et Janne, ils vont attaquer là une série de rendez-vous qu’ils connaissent mieux, et je n’ai aucun doute quant à leur capacité à poursuivre, dans la lignée de la fin du rallye du Chili, leur montée en puissance. En cas de beau temps, leur ordre de départ éloigné pourrait leur permettre de lancer idéalement leur course. "

Sébastien Ogier

" On a réalisé une bonne journée d’essais, qu’il faudra maintenant confirmer en course. En tout cas, le Portugal a toujours été un rallye que j’apprécie, il m’a d’ailleurs bien réussi par le passé, et c’est donc un réel plaisir d’y revenir chaque année, même si j’ai bien conscience que le fait d’avoir repris la tête du championnat ne va pas nous faciliter la tâche. Pour espérer continuer à ramener de gros points, il faudra arriver à bien négocier depuis notre première position en piste, cette première étape nouvelle et assez courte, pour se positionner au mieux le vendredi soir. Sur la terre, c’est crucial pour la bonne suite du week-end. "

Esapekka Lappi

" Si la première journée sera nouvelle, le reste de la course se dispute sur un terrain que j’apprécie, où l’on peut attaquer. C’est aussi un rallye où j’ai plus d’expérience. L’an passé, nous nous sommes montrés plutôt rapides le samedi et le dimanche. J’espère donc que le temps sera au sec pour exploiter ma septième place dans l’ordre de départs, et capitaliser sur les bonnes sensations de la fin du Chili, pour continuer à hausser progressivement le rythme. "

LE RALLYE DU PORTUGAL

Après une cérémonie de départ délocalisée cette année de Guimaraes à Coimbra, la première journée de course marquera le retour des spéciales de la région d’Arganil, qui n’ont plus été disputées depuis 2001. Autant dire qu’elles sont nouvelles pour toute la génération actuelle d’équipages.

Particulièrement cassante sur les deuxièmes tours par le passé, cette étape inaugurale pourrait s’avérer moins exigeante pour les mécaniques cette année. Relativement courte (94,50 km chronométrés), elle présente toutefois comme principale difficulté de ne comporter qu’une simple zone de changements de pneumatiques, en lieu et place de la traditionnelle assistance de mi-journée.

Si le reste du tracé ne diffère que de quatre kilomètres (dans Vieira do Minho) par rapport à 2018, le défi sera à nouveau de taille, avec notamment une journée particulièrement difficile le samedi (160,70 km chronométrés), marquée par deux passages dans Amarante (37,60 km), la plus longue ES du week-end. D’autant que les spéciales locales, plutôt sablonneuses, sont réputées pour évoluer de manière assez importante entre les deux tours, ce qui oblige les équipes techniques à adapter les réglages en conséquence, voire à panacher les pneumatiques l’après-midi venue, sous l’effet conjugué de la détérioration du sol et de la montée des températures.

Toujours prise d’assaut par les fans locaux, la spéciale de Fafe, disputée à deux reprises et notamment en clôture le dimanche pour la Power Stage, reste un incontournable de la saison WRC.

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