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Pic se confie à l’approche de Monaco

Briller à domicile

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Par Olivier Ferret

19 mai 2014 - 11:16

Pour sa première saison en GP2, Arthur Pic a connu des débuts prometteurs, inscrivant des points à trois reprises en quatre courses depuis la manche inaugurale de Bahreïn. Le Français pointe actuellement à la cinquième place au championnat, soit le meilleur classement des pilotes qui découvrent la catégorie cette année.

Pic compte bien poursuivre sur cette belle dynamique lors du troisième rendez-vous de la saison qui se déroulera ce week-end (22-24 mai) dans les rues de la Principauté de Monaco. Un événement prestigieux que le pilote Campos Racing connaît bien et aborde avec sérénité et détermination.

Arthur, quel premier bilan tirez-vous de vos débuts en GP2 ?

Je suis plutôt satisfait. Nous sommes parvenus à marquer de gros points trois fois sur quatre. Nous sommes cinquièmes au championnat, devant tous les autres débutants du GP2, parmi lesquels on trouve un pilote McLaren et un protégé Ferrari. Alors bien sûr, nous n’avons pas encore signé de podium, et manquons un peu de vitesse en qualifications mais dans l’ensemble, le début de saison s’est révélé encourageant. Et nous comptons bien continuer notre progression tout au long de l’année.

Comment s’est opérée la transition entre la Formule Renault 3.5 et le GP2 ?

Les voitures sont assez semblables et affichent un niveau de performance similaire ; la principale différence réside au niveau de la gestion des pneus. Si je m’y suis bien adapté en course, je ne suis pas arrivé à en tirer la quintessence sur un tour lors des deux premiers rendez-vous de la saison. Ceci nous a empêchés de briller en essais qualificatifs, mais nous travaillons d’arrache-pied pour nous améliorer dans ce domaine tout en veillant à rester compétitifs en course. Avec le système de grille inversée en vigueur en GP2, il est primordial de rentrer dans le top 8 lors de la première manche du week-end. En FR 3.5 les compteurs étaient remis à zéro le samedi soir.

Et côté pilotes ?

Le niveau est tout aussi relevé en GP2, sauf que pas mal de concurrents comptent plusieurs années d’expérience dans la catégorie. La voiture, les circuits et les pneus n’ont plus aucun secret pour eux. Dans ces conditions, difficile pour un débutant de rivaliser. Ceci dit, pour l’instant, je n’ai pas à rougir de mes performances par rapport à eux.

Comment expliquez-vous votre rapide adaptation en course ?

C’est une somme d’éléments qui, mis bout à bout, nous permettent d’évoluer aux avant-postes. Tout d’abord, avec Campos Racing nous avons vraiment axé nos efforts sur les réglages « course ». Par ailleurs, toutes les semaines précédant les week-ends de compétition, je me rends à l’usine de l’écurie située à Valence en Espagne et effectue des séances dans le simulateur pour soigner ma préparation. Ensuite, la course longue autorise des stratégies décalées et nous en avons pleinement profité jusqu’à présent. Je tiens d’ailleurs à saluer le superbe travail réalisé par les mécaniciens lors de mes arrêts aux stands. Enfin, il faut aussi savoir faire preuve de mesure et de prudence lors de cette même course longue car elle conditionne vraiment le résultat d’ensemble du week-end.

Vous collaborez aussi à nouveau avec Philippe Gautheron, ingénieur réputé qui vous épaulait déjà la saison passée.

Effectivement, Philippe me connaît bien et sait comment je conduis. En plus d’être appréciable, cette continuité permet de gagner du temps, un atout précieux en GP2 où l’on roule peu. Je parlais plus tôt d’un ensemble de facteurs pour expliquer ma réussite et ma position au championnat, mon travail avec Philippe en est clairement un.

Venons en à Monaco. C’est un endroit qui vous est familier ?

Oui, j’ai le plaisir de venir assister au Grand Prix de Formule Un depuis que j’ai cinq ans et y ai couru en FR 3.5 ces trois dernières saisons. Je commence donc à bien connaître le tracé. Après, Monaco reste un circuit unique que vous devez réapprendre chaque année, surtout que la piste évolue constamment. En général vous gagnez trois à quatre secondes sur l’ensemble du week-end. En outre, il s’agit du seul circuit urbain de la saison. Enfin, c’est un peu mon rendez-vous à domicile avec beaucoup de spectateurs français présents sur place. C’est toujours agréable de retrouver un environnement francophone lors d’un week-end de course.

Vous avez admis avoir un peu plus de mal en qualifications cette saison. Dans les rues de la Principauté cela ne pardonne pas…

En effet, et j’espère sincèrement que nous allons franchir une étape supplémentaire dans ce domaine. C’est notre objectif depuis la fin du week-end de Barcelone : nous hisser dans les huit meilleurs en qualifications. Le paradoxe à Monaco est que vous tergiversez beaucoup moins que sur les autres circuits. Vous disposez seulement d’un quart d’heure pour signer un chrono alors vous chaussez un train de pneus et entrez immédiatement en piste ! Vous pouvez d’ailleurs enchaîner les tours lancés puisque la dégradation des gommes se révèle moins importante sur le tracé monégasque.

Enfin, les recettes du succès à Monaco selon vous ?

Emmagasiner le plus d’expérience en piste lors des essais libres, prendre quelques risques en qualifications, et garder son calme durant la course. Monaco est une épreuve beaucoup plus usante sur le plan mental que physique. Et puis, compter sur la chance. Il en faut toujours un peu pour briller en Principauté.

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