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Jordan Tresson : La GT Academy n’est pas là pour rigoler

Le réel a bien dépassé le virtuel...

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27 juin 2012 - 21:33
Jordan Tresson : La GT Academy n’est (...)

Il y a encore quelques années, Jordan Tresson regardait les 24 Heures du Mans devant son petit écran. L’an dernier il avait un rôle d’ingénieur chez IMSA Performance Matmut, et cette année il pilotait une ORECA 03 alignée par Signatech-Nissan, partagée avec Franck Mailleux et Olivier Lombard. Au final le trio s’est classé 9ème de sa catégorie. Sans une sortie de piste nocturne de l’un de ses coéquipiers à Mulsanne, l’équipage pouvait sans conteste jouer le podium puisque la ORECA 03 a fait preuve d’une fiabilité sans faille. Le lauréat de la GT Academy 2010 a donc marché sur les traces de Lucas Ordonez, et prouve que la filière Nissan/Playstation est bonne. Le natif de Villers-La-Montagne a parfaitement géré sa première participation à l’épreuve d’endurance la plus compliquée. Le réel a bien dépassé le virtuel...

Laurent Mercier : Jordan, quel bilan tires-tu de ta première expérience au Mans ?

Jordan Tresson : « Forcément très positive ! J’ai passé pas mal de temps dans l’auto, mais sur le plan du résultat nous espérions mieux. Nous voulions un podium et nous avions ce qu’il fallait pour cela. Excepté une sortie de piste, aucun souci mécanique n’est venu enrayer notre marche en avant. Nous sommes une des seules autos à ne pas avoir connu de crevaison. Compte tenu de cela, nous pouvions prétendre à un meilleur résultat final. J’ai roulé 8 heures et notamment de nuit, ce qui va bien m’aider pour Bahrain même si je connaissais le roulage de nuit pour avoir pris part aux 24 Heures de Dubai et de Spa. Au Mans, le circuit est tout de même suffisamment éclairé. De plus j’ai eu la chance de faire les deux plus beaux relais, c’est-à-dire ceux du coucher et du lever du soleil. Ce n’était pas simple à gérer du fait d’une visière transparente. J’avais envie de faire comme Ari Vatanen à Pikes Peak, mais il valait mieux s’abstenir (sourire). Rouler à 23 heures du côté de Mulsanne était un grand moment car on sent les odeurs de barbecue. C’était génial ! »

Que retiens-tu de cette ambiance si particulière ?

« L’ambiance est impressionnante même lors de la Parade des Pilotes qui s’est déroulée sous la pluie. Il y a tellement de gens passionnés qui te demandent des autographes, qui veulent des photos. C’est tout de même assez étonnant dans un pays qui est de plus en plus autophobe. Comme quoi Le Mans reste Le Mans... »

Tu as été questionné pour savoir comment gagner la GT Academy ?

« J’ai discuté avec pas mal de participants. Il y avait également des personnes de l’ESTACA, ce qui m’a fait plaisir. Au fil du temps, la GT Academy prend de l’ampleur et le niveau se professionnalise de plus en plus. On y trouve même des candidats qui arrêtent de travailler pour s’y consacrer pleinement. Il était prévu à l’origine de rouler aux 24 Heures de Dubai et de se faire plaisir. Lucas et moi prouvons que la GT Academy ne s’arrête pas là. Lucas a disputé deux fois les 24 Heures du Mans, et moi je roule en Championnat du Monde d’Endurance. Jan (Mardenborough) roule en British GT et va disputer les 24 Heures de Spa. La GT Academy pas là pour rigoler. Il y a une vraie carrière de pilote derrière et je ne peux que remercier Nissan pour cela. Ils croient dans le concept et nous sommes la preuve que cela fonctionne. Cette année, il y aura quatre vainqueurs : Allemagne, Europe, Russie et Etats-Unis. »

Sur le plan de la piste, quels ont été tes meilleurs moments ?

« L’enchaînement des Virages Porsche reste de loin mon endroit préféré dans une voiture de course. Lorsqu’il fait beau et que la piste est gommée, ça passe très fort avec les murs qui sont proches. Aucun droit à l’erreur ! J’ai aussi beaucoup aimé mes deux quadruples relais tout comme le double. Je pense que ce n’est pas courant pour un rookie sachant que je n’ai eu aucun problème de récupération. Pour la petite histoire, dès le lendemain de la course je jouais au squash. Le pilotage d’une GT fatigue plus car il y a plus de perte d’eau du fait de l’habitacle, ce qui n’est pas le cas dans un prototype. Je n’ai pas rencontré de soucis particuliers dans le trafic même si la nuit il faut être encore plus vigilant car on ne sait pas si c’est une LMP2 moins chargée qui arrive ou une LMP1. »

Des choses à améliorer ?

« Il m’en manque encore un peu dans les virages rapides. J’ai bouclé mon tour le plus rapide en toute fin de mon double relais. Pour s’améliorer dans les virages rapides, Le Mans n’est pas le meilleur circuit pour cela. Je suis pressé d’être à Silverstone. »

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