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Grosjean revient sur “une saison très spéciale”

Qui l’a vu emporter le titre

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29 août 2011 - 15:32
Grosjean revient sur “une saison (...)

A Spa-Francorchamps, Romain Grosjean est devenu le champion GP2 2011, succédant ainsi au palmarès au vénézuélien Pastor Maldonado.

Le Français revient ici sur son succès, sa saison et ses ambitions pour l’avenir.

Vous êtes le champion GP2 Series 2011. Comment cela sonne-t-il ?

« Enfin ! C’est juste fantastique. Nous avons eu une saison vraiment difficile, avec un niveau très relevé. Je pense que, professionnellement et personnellement, ce fut une saison très importante. L’équipe DAMS a été vraiment ouverte et à écouté mes suggestions. Ils ont travaillé vraiment dur. Nous avons fait quelques erreurs. Parfois ce sont eux qui les ont faites, d’autres fois c’était moi. C’est normal. Mais, au final, nous avons réussi à tout faire correctement sur les quatre dernières courses. Il est vrai que j’ai eu aussi un peu de chance mais, dans tout championnat, il en faut pour faire la différence. Aujourd’hui, je suis très content. Je peux voir que l’équipe est très émue et c’est important pour un pilote de sentir que tout le monde est derrière lui. Ce fut une saison très spéciale… »

Quelle importance ce titre a-t-il pour votre carrière ?

« Je veux dire que, au début de la saison, mes managers ne m’ont pas dit de gagner le championnat. Je suis un peu plus vieux que certains autres pilotes et j’ai plus d’expérience alors mon objectif personnel était de gagner le titre. Mais je savais aussi que je voulais pousser Dams et les aider à revenir aux avant-postes. Ce qui leur manquait quand nous avons commencé à travailler ensemble ne manque plus. Et je pense qu’ils sont l’équipe la plus forte du championnat cette année. Je suis fier de ce que nous avons accompli. Je voulais ce titre très fort parce qu’il manquait à mon palmarès. Il est empoché, maintenant. C’est une sensation incroyable. »

A l’ouverture de la saison, tout le monde vous voyait comme l’homme à battre, particulièrement après votre succès dans les GP2 Asia Series. Vous aviez également un peu plus d’expérience que la plupart des autres pilotes. Aviez-vous une pression supplémentaire ?

« Franchement, je n’aime pas être un outsider. Mais si vous regardez les résultats de la saison dernière, Barwa Addax, ART et iSport étaient plus forts que Dams. Cette année, avec la nouvelle voiture et les nouveaux pneus Pirelli, nous avons travaillé très dur. Je dois dire que nous étions complètement perdus à Abu Dhabi, au début de l’année, au départ de la saison GP2 Asia. Tout le monde pensait que nous cachions notre jeu, sur la dernière séance d’essais. Ensuite, nous avons réalisé que nous devions continuer à travailler et repartir de zéro, et nous avons signé la pole position. La voiture a ensuite recommencé à marcher. Nous étions de solides concurrents mais aussi une équipe qui avait besoin de prouver qu’elle était capable de revenir au sommet. »

2009 et 2010 ont été des années très difficiles pour vous. Qu’avez-vous fait pour en arriver là aujourd’hui ?

« Je pense que ma carrière a été fluide jusqu’en 2009. Tout était parfait. J’étais toujours dans la bonne équipe, au bon endroit au bon moment. J’ai rejoint SG Formula et je suis devenu champion de Formule Renault 2.0. Je suis ensuite parti chez ART en Formule 3 et je suis devenu champion. Puis je suis resté avec l’équipe en GP2 Asia Series et, une fois encore, j’ai été champion. La première année en GP2 a été vraiment bonne. J’étais quatrième à la fin de la saison, ce qui était un résultat fantastique. Je suis alors parti en Formule Un et, malheureusement, ce n’était pas le bon moment, ni le bon endroit. Mais c’était important pour ma carrière et ça m’a aidé à devenir plus fort. J’ai réalisé, après ça, que j’avais une vie hors de la Formule Un. Ca m’a vraiment aidé à apprécier la vie dans le paddock aussi. Tout le monde peut voir que je suis plus souriant. C’est parce que j’ai moins de pression. Je continue à travailler très dur et sérieusement, mais je me mets moins de pression sur les épaules. J’aime être détendu. J’aime sourire avant de monter dans la voiture. Je blague même sur la grille et je réussis quand même à me concentrer quand il le faut. »

A propos de cette saison, quand avez-vous eu le sentiment que vous pouviez devenir champion ?

« Je pense qu’Imola a été important. Nous sommes arrivés sur un circuit que personne ne connaissait. Nous savions que ça nous donnerait une bonne indication de ce à quoi nous pouvions nous attendre en GP2 plus tard dans la saison. Et nous avons été très forts. Nous avons signé la pole et gagné la première course. Ensuite, nous sommes allés en Turquie, avons à nouveau fait la pole et gagné. A partir de là, nous savions que nous avions un bon rythme, de bons réglages, et que nous pouvions progresser sur chaque circuit. Parfois, nous avons été en difficulté parce que nous n’étions pas assez rapides, mais les réglages restaient bons partout. Au début de la saison, nous avons eu des hauts et des bas. Nous avons fait quelques erreurs. Mais les quatre dernières courses ont été très bonnes et nous ont aidés à creuser l’écart au classement. L’été a été long parce que nous avions 25 points d’avance et que tout le monde ne cessait de me dire que je serais champion à Spa. Je leur disais de se détendre un peu. Et, bien sûr, vous avez vu ce qui s’est passé en qualification hier… c’était une difficile journée pour attaquer le weekend. J’ai terminé troisième aujourd’hui et c’était suffisant pour devenir champion avec Dams. »

Cinq victoires cette saison. Y en a-t-il une plus importante que les autres ?

« Je pense que celle de Silverstone était assez importante. Tout le monde a dit que j’avais fait une grosse erreur et que j’étais fou à Valencia. J’en ai fait une, je suis totalement d’accord. C’est tout. J’ai eu une pénalité de dix places sur la grille et je suis parti à Silverstone. C’était difficile mais j’ai été vraiment patient durant cette course. J’ai fait quelques beaux dépassements à la fin de la course, en particulier sur Giedo puis sur Dani. C’était une belle victoire. Je pense que, ensuite, nous avons été en mesure de marquer des points sur les deux courses et j’ai montré que l’erreur que j’avais faite à Valencia ne signifiait pas que le Romain Grosjean 2009 était de retour. »

Parlant de l’avenir, quasiment chaque champion GP2 est monté directement en Formule Un. Qu’en pensez-vous ?

« Il n’y a malheureusement pas de règle ! Je veux retourner en Formule Un, bien sûr, mais rien n’est décidé pour l’instant. Mon management, LRGP ou l’équipe Dams ont été intelligents parce qu’ils savaient qu’en 2009, après la troisième course de la saison, je ne pensais qu’à la F1. Cette année, je ne voulais pas faire la même erreur alors je suis resté concentré sur la GP2. J’ai été dans le paddock F1 aussi peu que possible. Maintenant que nous sommes champions, je vais regarder ce qui se passe là-haut. Pour l’instant, mon principal souci est de trouver un bon contrat pour 2012, rien d’autre. Au moins, nous avons encore quelques mois pour y penser. J’espère pouvoir trouver un bon baquet, dans de bonnes conditions."

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