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Entretien avec Vincent Beaumesnil, Directeur des Sports de l’ACO

Lancement d’un groupe de travail

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25 octobre 2012 - 10:10
Entretien avec Vincent Beaumesnil, (...)

Directeur des Sports de l’ACO depuis maintenant trois ans, Vincent Beaumesnil est comme qui dirait dans son jardin sur le circuit des 24 Heures du Mans. Présent à l’Automobile Club de l’Ouest depuis 2006 avec la prise en charge des pistes et des écoles de pilotage, il est ensuite passé à la Direction des Sports où il élabore les règlements techniques et sportifs, la gestion des problèmes liés à la sécurité ou encore l’exploitation des pistes et des écoles de pilotage. Il est donc au cœur des discussions avec les différentes parties, aussi bien avec les équipes que les constructeurs, mais aussi la FIA. A l’heure où la mise en place d’un groupe de travail concernant l’avenir d’une seule et unique catégorie GT fait débat, Vincent Beaumesnil nous en a dit un peu plus sur le choix de lancer ce groupe de travail, mais aussi sur d’autres sujets.

Laurent Mercier : Pourquoi revoir la catégorie GT alors que beaucoup souhaiteraient voir les GT3 remplacer les GTE ?

Vincent Beaumesnil : « Cette démarche a un intérêt général. Il y a beaucoup de règlements GT dans différents pays. Les constructeurs veulent montrer un savoir-faire et c’est pourquoi ils se plaisent bien avec le GTE. Le souci du GT3 à notre niveau est qu’il n’y a pas de règlement technique spécifique avec en prime une Balance de Performance. C’est plutôt réservé aux constructeurs qui ont mis en place un service compétition-client. C’est le cas chez Audi, Mercedes ou BMW par exemple. Clairement, il y a deux mondes qui existent. Il est vrai que les GT3 sont moins coûteuses et qu’il y en a beaucoup sur le marché. »

Vous avez donc le soutien des constructeurs pour ce groupe de travail ?

« Nous nous sommes posés la question de savoir ce que les constructeurs souhaitaient, d’où l’objectif de réunir tout le monde autour d’une table et de dire : « Où vous voulez-vous aller et que voulez-vous ? » Il faut voir si l’on peut être capable de mettre en place une seule catégorie GT. La création de ce groupe de travail va permettre d’évaluer les choses avec les constructeurs et nos partenaires. Si nous parvenons à quelque chose tous ensemble, ce ne sera pas effectif avant 2015 de toute façon, et peut-être même plus tard. Il n’y pas d’échéance précise. »

Les « anciennes » GTE pourront continuer à rouler ?

« Il y aura forcément une période de transition. Elles resteront éligibles un certain temps. La transition sera à l’ordre du jour dans le groupe de travail monté conjointement par la FIA et l’ACO. Tout le monde doit faire preuve d’une ouverture d’esprit. Si on prend l’exemple de Porsche, le constructeur souhaite un règlement technique pour pouvoir s’exprimer. J’ai un profond respect pour tout ce qu’a fait Stéphane Ratel, mais je le répète, l’objectif est l’intérêt général. Le sport automobile coûte cher et les GTE n’y échappent pas. Nous souhaitons avoir un cadre technique précis pour avoir une plateforme qui se rapproche du coût des GT3. Si nous y arrivons, nous aurons rempli l’objectif. Il y a toujours eu du GT au Mans et il y en aura toujours. C’est le même cas avec les constructeurs et les privés, les professionnels et les gentlemen. »

A ce sujet, allez-vous revoir les catégorisations de pilotes ?

« C’est actuellement un dossier sur lequel nous travaillons activement. Le système fonctionne plutôt bien et il faut gérer pas moins de 470 pilotes. Il subsiste un problème sur une quinzaine de noms. Nous allons apporter quelques retouches à la règle. Ce sera des ajustements et non une révolution. Il faut absolument préserver le Pro-Am car c’est cela qui permet aux équipes de vivre. Le principe de base est bon. Il va y avoir une vraie analyse de la performance pure des pilotes pour redéfinir les catégorisations. »

Pour en revenir à la catégorie GT, d’autres constructeurs peuvent tout de même arriver en GTE avant la possible mise en place d’une seule catégorie GT ?

« Tout à fait ! Tout reste ouvert sur le sujet et nous l’espérons bien. Nous savons bien que ce n’est jamais le moment pour le changement, mais il faut bien prendre les décisions. »

La catégorie LMP2 est en plein essor, mais là aussi il faut continuer à contrôler les coûts ?

« En trois ans, le parc a plus que doublé, alors c’est dire si la catégorie LMP2 fonctionne. A Fuji, toutes les autos ont rallié l’arrivée. Ces autos sont devenues très fiables au fil des années et on ne peut que s’en réjouir. L’objectif est de diminuer les coûts sans toucher à la qualité. Chaque week-end de courses, il y a dix autos dans la même seconde et nous sommes ravis de cela. »

Nous sommes ici au Petit Le Mans et l’an prochain l’épreuve tombera en même temps qu’une manche du Championnat du Monde d’Endurance. Ce n’est pas un peu dommage ?

« C’est tellement compliqué de mettre en place des calendriers. Il faut gérer la réservation des circuits, mais aussi le côté logistique. Il y a une telle quantité de paramètres à prendre en compte. Les fans auront droit à deux courses le même week-end, mais pas sur le même continent. Nous avons laissé une porte ouverte pour les 12 Heures de Sebring. Il y a de la cohérence sur ce qui a été fait. Nous verrons bien pour 2014. »

Du côté du 56ème stand, d’autres projets sont en cours ?

« Nous avons eu un gros succès avec la Nissan DeltaWing et je sais que chez GreenGT, on travaille dur pour préparer 2013. Il y a d’autres projets pour l’avenir. Il faut analyser le tout et cela prend beaucoup de temps. Avec GreenGT, le terme innovation va très loin et c’est un très gros challenge. Pour le futur, les candidatures sont libres et à nous de les analyser. »

Peut-on revoir la Nissan DeltaWing aux 24 Heures du Mans ?

« Dans quelle catégorie ? Elle était présente dans le cadre du 56ème stand cette année, mais pour le moment elle n’est dans aucune catégorie présente. L’auto est sur un schéma américain où elle pourra s’exprimer en 2013. L’objectif fixé est atteint. C’est un très beau projet et un très beau produit. »

La catégorie LMPC a été peu disputée cette saison en European Le Mans Series. Le Boutsen Ginion Racing a remporté le titre. Malgré le peu d’engagés dans la catégorie, l’équipe dispose tout de même d’une invitation aux 24 Heures du Mans 2013 ?

« Il faut voir si les critères ont été respectés. L’équipe a-t-elle pris part à toute la saison européenne ? La réponse est oui. L’équipe a-t-elle remporté le titre ? La réponse est oui. Donc nous tiendrons nos engagements, même s’il faut pour cela attendre de connaître le programme de l’équipe pour 2013. C’est la même chose pour les équipes en GTE. Imaginez que l’on priverait IMSA Performance Matmut d’une sélection d’office pour les 24 Heures du Mans 2013 alors qu’ils ont joué le jeu toute la saison et qu’ils sont venus rouler au Petit Le Mans. Ce ne serait pas correct. »

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