Vettel veut continuer ses combats écologiques sans la portée de la F1

Ne pas rester pour de mauvaises raisons

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Par Emmanuel Touzot

29 juillet 2022 - 12:45
Vettel veut continuer ses combats (...)

Sebastian Vettel continuera à se battre pour l’environnement lorsqu’il ne sera plus pilote de F1. Le quadruple champion du monde quittera la Formule 1 en fin de saison et il explique l’importance de la crise climatique pour toutes les industries, dont le sport automobile.

"Pour ce qui est de la crise climatique, il n’y a aucun moyen pour la F1 ou tout autre sport ou entreprise de l’éviter, car elle a un impact sur nous tous" a déclaré Vettel. "Alors peut-être que cela sera repoussé ou peut-être que cela sera plus discret. Mais ce n’est qu’une question de temps, que nous n’avons pas."

L’Allemand explique pourquoi, comme Lewis Hamilton, il s’est penché de plus en plus sur l’écologie et l’environnement au fil des ans. Selon lui, c’est le fait de vieillir qui pousse à réfléchir différemment au monde.

"La plus grande chose, c’est que si vous regardez Lewis ou moi-même, nous sommes plus âgés maintenant que nous étions il y a 10 ans, et je pense qu’il y a une sorte de progression normale. Nous avons l’immense privilège de parcourir le monde, de voir tant de choses."

"Et si vous n’ignorez pas tout, ça vous fait quelque chose. Je ne suis pas un exemple exceptionnel, je regarde mes amis autour de moi et leurs pensées sont très différentes de ce que je me rappelle des pensées qu’ils avaient lorsqu’ils avaient une vingtaine d’années. Je pense donc que c’est en partie normal."

Une préoccupation pour les jeunes générations

Vettel est triste pour la jeune génération de pilotes, comme Charles Leclerc, Lando Norris, George Russell ou Max Verstappen, et pour ceux qui viendront après, et qui verront leur vie bien plus marquée par les problèmes et enjeux climatiques.

"Ce qui me fait mal, c’est que des gens comme George, Lando, Charles, Max n’aient peut-être pas les mêmes libertés que Lewis et moi. Et ceux qui viendront après eux auront encore moins de libertés parce qu’ils seront de plus en plus centralisés et se dicteront de plus en plus la façon dont nous vivons et dont nous devons adapter nos vies."

"Je pense que ce n’est pas juste et je suis prêt à me battre pour cette sorte de justice et d’équité, pour que les enfants qui font du karting aujourd’hui puissent avoir la même carrière de pilote que j’ai eue."

L’écologie a "joué un rôle" dans sa décision

Le pilote Aston Martin F1 avait reconnu une certaine "hypocrisie" dans sa défense de l’environnement, face à son métier, et il reconnait que son engagement est "un des facteurs qui a définitivement joué un rôle. Je ne peux pas vous donner un chiffre en termes de pourcentage, je pense que ce serait idiot."

"Mais il est certain qu’en voyant le monde changer et en voyant l’avenir dans une position très menacée pour nous tous et surtout pour les générations à venir, je comprends qu’une partie de ma passion, de mon travail s’accompagne de choses dont je ne suis pas fan."

"De toute évidence, je voyage dans le monde entier, je fais des courses de voitures, je brûle des ressources, littéralement. Ce sont des choses dont je ne peux pas me détourner. Ce n’est pas le facteur principal, comme je l’ai dit, c’est une combinaison de beaucoup de choses, mais ça fait aussi partie du moteur derrière tout ça."

Il confirme qu’il y a une certaine hypocrisie dans sa position actuelle, mais ce n’est pas cette idée qui l’a fait partir : "Ça ne me dérange pas que les gens me traitent d’hypocrite parce que je sais que je le suis. Je n’ai pas besoin qu’on me le dise."

"Il ne s’agit pas de savoir à quel point vous êtes un hypocrite ou non. Il s’agit plutôt, selon moi, de savoir ce que vous pouvez faire. Certains d’entre nous peuvent faire beaucoup, d’autres peuvent faire très peu, mais tout cela fait une différence."

"Ce ne serait pas juste de s’asseoir ici et de dire ça comme une excuse, et ce serait aussi le mauvais moteur derrière la décision comme ça, parce que j’ai fait ça toute ma vie, ça a été le centre de ma vie pendant très longtemps."

Ne pas rester pour de mauvaises raisons

Mais l’écologie n’est pas au centre de sa volonté de quitter la F1, contrairement à sa famille, avec laquelle il veut passer davantage de temps : "Mes enfants, ils grandissent littéralement tous les jours. Il y a ma famille et d’autres intérêts, d’autres choses auxquelles j’aimerais consacrer plus de temps."

En revanche, Vettel n’a pas voulu poursuivre sa carrière pour la simple possibilité d’avoir une plateforme de popularité pour communiquer ses idées. Comme il l’a dit dans sa vidéo d’explication, il ne voulait rester que s’il était capable de s’impliquer à 100% dans son métier.

"Je pense que ce serait une mauvaise motivation de continuer à faire ce que j’ai toujours fait pour être compétitif et gagner, mais juste pour exprimer mon opinion sur certains sujets. Je pense que ce ne serait pas une bonne motivation, ce n’est pas la bonne chose à faire."

"Évidemment, j’ai aussi pensé à ça. Peut-être que oui, peut-être que je perdrai ma voix et la portée qu’elle a. Mais pour moi, la voix et la portée n’ont jamais été au premier plan. J’ai toujours privilégié le message, car c’est ce en quoi je crois vraiment."

L’humanité est face à "son plus grand défi"

Vettel a déjà expliqué que ses réflexions en tant que pilote l’ont toujours poussé à chercher davantage de réponses, et qu’il a fait la même chose pour la crise climatique dans laquelle nous sommes entrés.

L’Allemand explique les raisons pour lesquelles il s’y intéresse autant, et détaille un peu plus ses convictions : "Je vois bien que nous sommes face au plus grand défi que l’humanité ait jamais eu à relever. Et si nous ne gagnons pas cette course, le monde continuera à tourner, mais sans nous."

"Je suis à fond dans le sujet et je pense qu’une fois qu’on en prend conscience, c’est peut-être aussi un peu le caractère qu’on acquiert quand on essaie toujours de faire mieux à la prochaine course et à la suivante, d’être curieux de ce qui pourrait vous rendre plus rapide, de ce qui pourrait vous donner l’avantage."

"C’est le même genre de caractéristique qui m’a poussé à chercher plus de réponses, à poser plus de questions, et qui m’a conduit à la chose suivante. En réalisant l’ampleur du défi, je pense que la tentation est grande d’entrer dans une spirale négative, de paniquer et de devenir très anxieux face à l’avenir."

"Mais en même temps, je lis beaucoup sur le sujet, j’entends beaucoup de choses et je rencontre beaucoup de personnes qui font évoluer le monde dans la bonne direction, qui rendent le monde meilleur et qui se battent vraiment, qui s’engagent et qui sacrifient même leur vie pour le rendre meilleur à l’avenir."

"Il y a donc beaucoup de choses à faire pour nous, mais je pense qu’au premier plan, cela a toujours été mes convictions, pas un programme ou une campagne."

Aston Martin F1 Team

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