Formule 1

Verra-t-on beaucoup d’abandons volontaires lors des courses sprint en 2022 ?

De nombreux pilotes pourraient n’avoir rien à jouer

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Par Paul Gombeaud

5 novembre 2021 - 08:17
Verra-t-on beaucoup d’abandons (...)

La Formule 1 a donc décidé que 6 courses sprint auront lieu lors de la saison 2022. Mais les contours du règlement exact de celles-ci sont encore loin d’être définis à l’heure actuelle.

Il semble déjà acquis que les qualifications du vendredi détermineront à la fois la grille du départ du samedi et celle du Grand Prix, ce qui signifie que le résultat du sprint n’influera en rien sur la position de départ du dimanche, contrairement à cette année. Cela soulève alors un potentiel problème.

En effet, ne risque-t-on pas de voir de nombreux abandons volontaires le samedi après-midi ? Si vous luttez pour une position en dehors de la zone des points et que vous n’avez rien à gagner d’ici l’arrivée, pourquoi mettre en péril la course du dimanche en risquant un accident et ainsi endommager des pièces d’autant plus précieuses à l’heure des budgets plafonnés ?

Le directeur de la F1 Ross Brawn en est conscient rappelant que "pour le moment, chaque position gagnée lors du sprint est un avantage pour le dimanche. Si vous perdez une position le samedi, vous reculerez d’une place sur la grille de départ le lendemain. Ce qui donne un enjeu à chaque pilote qu’il soit à l’avant ou en fond de peloton."

"Mais si vous avez une course indépendante la samedi qui ne récompense que le Top 10, quel est l’intérêt pour les 10 autres d’y participer ?"

Alors que faire pour de donner de l’enjeu pour ces fameux pilotes qui n’auront sur le papier rien à jouer lors de la course sprint en 2022 ?

Une première solution pourrait être d’utiliser la même règle que lors d’un Grand Prix, où une 11ème place vous permet par exemple, si vous n’avez aucune unité inscrite au championnat, de mieux figurer au classement général qu’un pilote qui termine 12ème. En fin de saison, cela peut vous permettre de battre un rival et ainsi d’empocher de précieux millions.

Mais appliquer cette règle lors de la course sprint qui ne comporte qu’un tiers de la distance du Grand Prix ne semble pas forcément équitable.

"Lors du Grand Prix, chaque position possède un enjeu car cela peut faire des différences au championnat," poursuit Brawn.

"Il y a de nombreux éléments à considérer car nous ne voulons pas que cette épreuve cannibalise la course du dimanche, le tout en essayant de lui donner de l’enjeu. Et je pense que nous sommes encore loin d’avoir décidé de qu’il faut mettre en place pour y parvenir."

Une deuxième solution pourrait alors être d’attribuer des points à tous les pilotes le samedi, mais là encore cela serait bien compliqué à mettre en place à moins d’une révision complète du règlement actuel, où seuls les 10 premiers du Grand Prix reçoivent des points.

Car si tout le monde score le samedi, il faudrait que ce soit la même chose le dimanche. Et permettre à au moins 19 pilotes de marquer des points provoquerait un énorme chamboulement. Car si le vainqueur de la course sprint marquait par exemple 20 points, la logique voudrait que le gagnant du Grand Prix en ait lui 60, la course étant trois fois plus longue.

Et encore, en admettant que le vainqueur du sprint ne marque "que" 20 unités, soit théoriquement une de plus que le deuxième ou deux que le troisième etc... L’enjeu de la course sprint en resterait donc minime, puisque les différences seraient faibles au niveau comptable.

Et si l’on décidait alors d’attribuer 50 points au vainqueur du sprint contre 45 au second afin de donner davantage d’enjeu, la logique serait de monter à 150 points le dimanche. Ce qui parait démentiel à l’échelle de la F1.

Quant à la solution de la grille inversée, qui est très peu populaire auprès des fans et c’est un euphémisme, Brawn admet lui-même "que ce serait sûrement aller trop loin."

Utiliser ce système aurait par ailleurs pu permettre de modifier l’ordre des évènements lors d’un week-end de Grand Prix. Par exemple : disputer la course sprint le vendredi en utilisant la grille inversée du résultat de la course précédente, et garder les qualifications le samedi pour la course du dimanche.

"C’est une option, mais nous ne l’avons pas considérée," poursuit Ross Brawn. "Mais puisque la course sprint n’influence pas le résultat du Grand Prix, alors c’est théoriquement possible."

Avec l’augmentation du nombre de points attribués à la course sprint, et en admettant que celle-ci ait lieu lors de la dernière manche du championnat, nous pourrions assister à un scénario inédit en Formule 1 où le titre pourrait se décider un samedi. Là encore, ne serait-ce pas problématique pour l’ADN du sport ? Pas forcément selon Brawn.

"Nous aimons tous l’idée d’une lutte jusqu’au dernier Grand Prix de la saison. Nous en aurons peut-être une cette année, ce qui serait fantastique."

"Mais si un pilote était amené à remporter le titre le samedi lors de la course sprint, ça pourrait être très intéressant car ça lui donnerait un énorme enjeu."

"Nous aimons tous voir le championnat se jouer lors du dernier dimanche de la saison, mais après tout ça n’arrive pas si souvent. Les épreuves que nous choisirons pour les courses sprints auront donc un impact important sur la saison, et aucun scénario n’est à exclure."

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