‘Une période de folie…’ Glock a été menacé de mort après le Brésil 2008

Il avait dû quitter le circuit sous escorte policière

Par Alexandre Combralier

16 juin 2024 - 15:00
‘Une période de folie…' Glock a (…)

‘Is that Glock ?’

Chacun se souvient du dénouement hollywoodien du Grand Prix du Brésil 2008.

Timo Glock, sur sa Toyota, était quasiment à l’arrêt sur la piste d’Interlagos dans les derniers tours. Il fut dépassé, dans les dernières centaines de mètres du dernier tour, par Lewis Hamilton – pour le gain de la 5e position.

Une position suffisante pour que le pilote McLaren F1 arrache d’un cheveu la couronne mondiale, alors qu’on fêtait déjà le titre de Felipe Massa dans le garage Ferrari.

Cette course brésilienne est peut-être ce que l’on retiendra de la carrière de l’Allemand en F1 et de ses 91 Grands Prix : c’est sans doute injuste… d’autant que le Grand Prix du Brésil a bien négativement affecté le quotidien et la suite de la carrière de Glock.

Tout d’abord, Glock a bien sûr démenti toute théorie du complot : il était tout simplement à l’arrêt avec ses slicks, alors que la pluie tombait à Interlagos.

« Après la course, j’ai vécu mes six mois les plus fous… »

« Je n’avais aucune idée de l’endroit où je me trouvais. Je pense que nous étions 9e ou 10e, ou même hors des points. Je ne me souviens plus exactement. Ensuite, nous avons vu la pluie arriver et l’équipe a décidé que nous n’avions rien à perdre. Ils ont dit, restons en piste… J’ai dit, les gars, c’est encore assez sec pour continuer avec les pneus slicks. Et s’il y a un peu de pluie qui arrive et qu’ils se refroidissent, vous n’avez plus d’adhérence. »

« Puis j’étais dans l’avant-dernier tour et il pleuvait déjà dans le dernier virage. J’ai dit, les gars, il faut que je rentre. Je ne survivrai pas au dernier tour. Je n’ai aucune chance. Ils m’ont dit, Timo, tu ne peux pas entrer parce qu’ils étaient déjà en train de mettre des barrières autour du podium, et les gens ont paniqué parce que la ligne des stands était bloquée, un peu comme à Bakou (comme en 2023 où Ocon a évité les gens dans la pitlane à la fin de la course, ndlr) »

« J’ai juste essayé de garder la voiture sur la piste et de survivre. Beaucoup de voitures m’ont dépassé. Je n’ai pas vraiment fait attention quand Sebastian et Lewis m’ont dépassé. Je roulais vers les stands et mon ingénieur m’a dit : écoute, Lewis a gagné le championnat. »

Et sur le moment, Glock n’a donc pas compris qu’il avait bien involontairement sacré Lewis Hamilton !

« Je vais voir Lewis, je le félicite et je lui dis bravo, et les caméramans et les journalistes courent vers moi. Je me suis mis sur le côté parce que je pensais qu’ils voulaient tous aller voir Lewis. Ils viennent vers moi et me posent ces questions. L’avez-vous fait exprès ? Pourquoi avez-vous laissé passer Lewis ? Je me suis demandé ce qui se passait ! Puis mon kiné m’a attrapé, m’a ramené aux stands, m’a pris mon casque et m’a expliqué ce qui s’était passé. »

La suite fut beaucoup moins drôle : la foule brésilienne, dépitée pour Felipe Massa, en voulait à Timo Glock...

« À partir de ce moment-là, c’était la foire. Je me rendais à l’aéroport sous escorte policière parce qu’ils avaient peur que le peuple brésilien devienne fou. C’était de la folie. »

« Mes parents ont reçu des lettres à mon sujet, disant que je devrais être tué. On devrait m’interdire de courir. C’était vraiment effrayant pendant longtemps, jusqu’à ce que la Formule 1 publie les caméras embarquées. Une fois que les gens ont vu ce qui s’était passé, tout s’est un peu calmé. »

« Dans les premières semaines et les premiers mois qui ont suivi la course, j’avais peur de sortir de chez moi, et quand j’ai pensé à aller au Brésil pour la course de F1, je me suis dit que non, je n’allais pas faire cette course. »

« C’était une période folle. »

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