‘Un lobbying qui prend la F1 en otage’ : Brown attaque les top-teams

Sur les budgets plafonnés et sur les équipes-B

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Par Alexandre C.

17 janvier 2022 - 16:03
‘Un lobbying qui prend la F1 en (...)

En plus de mettre la pression à la FIA sur la gestion du cas de Michael Masi (à lire ici), le directeur de course, et plus largement sur les équilibres de pouvoir au sein du sport, Zak Brown, le PDG de McLaren Racing, n’a pas oublié l’épineux dossier des budgets plafonnés dans sa dernière sortie.

Alors que les écuries de pointe veulent augmenter le plafond (aujourd’hui à 140 millions de dollars), pour tenir compte des coûts possiblement induits par les crashs en courses sprint, Zak Brown a démoli la thèse de ses adversaires (Ferrari, Red Bull et Mercedes).

Les courses sprint, pour Brown, sont une fausse excuse pour les gros bras, qui devraient plutôt apprendre à mieux gérer leur budget – au lieu de demander des exceptions sur des réformes structurelles du sport. Là encore, l’Américain met la pression sur Mohammed Ben Sulayem, le nouveau président de la FIA…

« La combinaison de notre talent et de notre savoir-faire avec les investissements de nos actionnaires et de nos partenaires et une gestion financière rigoureuse nous a bien positionnés. Et notre capacité à être compétitif a été renforcée par l’introduction du plafond budgétaire en F1. Avec une limite de dépenses ramenée à 140 millions de dollars cette année et à 135 millions de dollars l’année prochaine, le nouveau règlement financier nous offre, ainsi qu’à l’ensemble du sport, un cadre plus équitable pour la compétition en réduisant l’avantage inévitable des équipes les plus dépensières et les mieux dotées en ressources. »

« Cependant, nous devons continuer à promouvoir la durabilité économique dans le sport. Certaines équipes cherchent encore des excuses pour relever le plafond des coûts et remporter des championnats du monde avec des chéquiers. Le lobbying continu de certaines équipes pour augmenter le plafond des coûts pour les dégâts causés par les courses sprint en est un exemple permanent. »

« L’initiative de la Formule 1 concernant les courses sprint du samedi a attiré de nouveaux téléspectateurs pour élargir sa base de fans dans le monde. Cependant, ces équipes continuent d’exiger une augmentation du plafond des coûts d’un montant démesuré, malgré la preuve évidente que peu de crashs ont été encourus lors de ces courses l’année dernière, dans une tentative à peine voilée de se protéger de l’érosion de leur avantage concurrentiel. »

« La structure actuelle de gouvernance du sport permet une situation où certaines équipes, pour protéger leur propre avantage compétitif, prennent effectivement le sport en otage au détriment de ce qui est le mieux pour les fans et donc pour le sport en général. Ces équipes semblent incapables d’accepter qu’un plafond budgétaire est dans le meilleur intérêt du sport et ne peuvent pas se défaire de leur habitude de dépenser pour arriver en tête. »

Zak Brown et le sujet des équipes B

Zak Brown a également mis la pression sur la FIA sur un autre domaine prioritaire pour McLaren : éviter que des équipes B copient des équipesA (AlphaTauri sur Red Bull, Haas sur Ferrari...), pour obtenir un avantage stratégique. McLaren, qui n’a pas d’équipe B, est bien sûr consciente des risques qu’elle encoure à terme.

Selon le PDG de McLaren Racing, la question est loin d’être réglée et la FIA devrait prendre des mesures plus strictes, alors qu’AlphaTauri a par exemple annoncé qu’elle reprendrait l’arrière de la Red Bull en 2022, et que Ferrari a construit une usine accueillant des ingénieurs Haas à Maranello...

« La menace des équipes A et B n’a pas disparu, et il est vital que la gouvernance du sport soit renforcée pour éviter cela. Les règlements, tels qu’ils existent aujourd’hui, sont fortement biaisés en faveur des équipes B ou clientes, ce qui n’est pas conforme au principe de la F1, à savoir un groupe de constructeurs authentiques en concurrence les uns avec les autres à armes égales. Cela diminue la signification d’être une "équipe" de F1 et toute l’essence du sport. »

« La F1 doit être composée de 10 véritables constructeurs, où chaque équipe - à part le partage de l’unité de puissance et potentiellement des composants internes de la boîte de vitesses - doit concevoir et produire toutes les pièces qui sont pertinentes pour la performance. Actuellement, il y a trop de diversité dans les modèles économiques entre les équipes. Essayer d’appliquer le même ensemble de réglementations complexes à chacune d’entre elles, et ensuite les contrôler efficacement, est inutilement compliqué et compromis en conséquence. Cet environnement à coûts plafonnés devrait permettre aux équipes de devenir des entités plus reconnaissables à part entière dans le cadre d’un budget réaliste, sans craindre des différences de performance significatives basées sur le montant que chaque équipe peut dépenser. »

« En résumé, la situation actuelle permet aux équipes B d’être surcompétitives par rapport aux constructeurs, et aux équipes A d’être surcompétitives en bénéficiant de l’avantage d’une équipe B. Sans correction, la situation actuelle signifie que toute équipe ayant des ambitions de championnat doit avoir une équipe B en place, ce qui n’est tout simplement pas le cas en Formule 1. »

Enfin, Zak Brown accuse AlphaTauri de devoir voter comme Red Bull, ou toute équipe B de devoir voter comme l’équipe A, même si le vote irait à l’encontre d’une petite structure comme celle de Faenza…

« En plus de cela, la pression de vote exercée par les équipes A sur leurs équipes B n’est pas compatible avec la promotion d’un sport équitable basé sur le mérite individuel des équipes. Comme je l’ai déjà dit - et ces équipes ne l’admettent pas - il arrive que certaines petites équipes votent contre leurs propres intérêts pour satisfaire l’agenda de leur équipe A. »

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