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‘Si vous virez Jean, je m’en vais’ : Todt-Schumacher, une solidarité à toute épreuve

Todt bientôt manager de Mick Schumacher ?

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Par Alexandre C.

20 juin 2021 - 14:33
‘Si vous virez Jean, je m’en vais’ : (...)

Il existe encore des liens très forts entre la famille Schumacher et Jean Todt. L’ancien patron de la Scuderia est un ami des plus fidèles de la famille Schumacher, et rend régulièrement visite à ce titre à Michael.

Alors que Todt quittera bientôt ses fonctions de président de la FIA, la question peut se poser : dans l’après-FIA, Todt pourrait-il manager la carrière de Mick Schumacher aujourd’hui gérée par Ferrari ?

Le pilote Haas est conscient de cette hypothèse, bien qu’encore prématurée pour éviter tout conflit d’intérêt – il se confiait au Figaro.

« Jean a tenu un rôle majeur dans ma progression et m’a aidé à faire les bons choix jusqu’à aujourd’hui , nous explique le pilote Haas . J’ai appris beaucoup de choses avec lui, notamment, et c’est très important, à identifier les personnes auxquelles je peux accorder ma confiance et celles en qui je ne peux pas faire confiance. C’est l’une de ses forces. Je me tourne souvent vers lui pour lui demander conseil. »

« Nous pouvons toujours compter sur lui quand on l’appelle. Il nous donne toujours le bon conseil au bon moment. C’est très précieux. C’est une voix qui compte chez nous. »

« En tant que président, il ne peut pas non plus trop s’impliquer car il doit rester neutre. On plaisante entre nous en se disant qu’il devrait devenir mon manager. On en reparlera car il serait un super manager (sourire). »

Un lien forgé dans l’épreuve

Ces liens proches se sont noués bien sûr d’abord dans le succès. A chaque étape de la carrière de Michael Schumacher chez Ferrari, la solidarité entre Todt et le Kaiser s’est affirmée.

Par exemple en 1996, quand Ferrari voulait se séparer de Todt, son pilote a défendu son patron. Todt explique ainsi au Figaro que « quand je suis arrivé chez Ferrari en 1993, il fallait avoir Senna avec qui j’ai discuté une fois . Lui voulait signer pour la saison 1994 mais nous n’avions pas de place et nous n’étions pas prêts. Ayrton est alors allé chez Williams et cela s’est mal terminé à Imola Dans l’esprit des gens, puisque Michael était là on allait tout gagner. Mais nous, nous savions que ce ne serait pas le cas, que ça prendrait du temps. Puis en juin 1996, le bruit s’est propagé que Ferrari allait me remercier. »

Corinna Schumacher raconte alors comment Todt a protégé son mari : « Michael m’a dit que Ferrari voulait se séparer de Jean. Il leur a fait savoir : "si vous le virez, je partirai aussi. »

Autre moment durant lequel Todt a protégé Michael Schumacher : après le fameux geste anti-sportif du pilote Ferrari à Jerez, quand il défendait sa position sur la Williams de Vileneuve : « Quand Michael perd un peu le contrôle en 1997 avec Villeneuve tout le monde voulait sa peau. Je l’ai protégé. »

Deux années plus tard, comme le relate Corinna Schumacher, Michael Schumacher était à nouveau sur la sellette : « Michael n’avait pas été champion du monde, il n’avait terminé que 2e. Puis Michael s’est brisé la jambe (à Silverstone en 1999). Il est revenu et a encore dû faire face à cette défiance. Jean a dit : " si vous vous séparez de Michael, je m’en vais ". Jean était très protecteur envers Michael. Il pensait que ce n’était pas juste. »

Après les moments de difficulté vint enfin le moment de délivrance, à Suzuka en 2000, la course du titre. « Après la course, je suis fier d’accompagner Michael sur le podium » raconte Todt. « Je lui glisse : "notre vie ne sera plus jamais la même. Je pensais à notre vie professionnelle, pas à notre vie privée. Avec le recul, si j’avais su qu’il allait avoir ce terrible accident… Cela devient anecdotique de gagner un championnat. Mais ce jour-là, ce vers quoi on courait, on l’a eu. »

De tels liens ont fait que Todt est un des visiteurs les plus réguliers de Michael Schumacher aujourd’hui.

Comme souvent, le président de la FIA demeure très discret à ce sujet : « Je le vois régulièrement. Là, quand j’aurai fini mon mandat, je pourrai lui rendre visite un peu plus souvent, passer quelques jours avec lui et sa famille. Michael a été gravement blessé, cela a été suivi d’un handicap. Aujourd’hui, sa famille et son entourage l’accompagnent pour essayer de faire progresser les choses. Je suis proche d’eux. Ils savent que je suis à leur écoute. C’est une petite participation, à mon petit niveau. »

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