Formule 1

Todt comprend que l’accord FIA - Ferrari ait pu choquer le monde de la F1

Le président a toutefois dû faire avec les armes à sa disposition

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Par Olivier Ferret

9 avril 2020 - 18:06
Todt comprend que l’accord FIA - (...)

L’accord entre la FIA et Ferrari n’est plus vraiment le sujet principal du moment en Formule 1 mais Jean Todt, le président de la FIA, qui s’est exprimé dans les médias à propos de la pandémie actuelle et son impact sur le sport, n’a pu échapper à de nouvelles questions sur le sujet.

Déjà interrogé par L’Equipe à ce sujet (lire notre article ici), il en a confié un peu plus à Canal +. A commencer par une question sur le choc qu’une telle annonce a pu faire dans le milieu de la F1, que ce soit pour les équipes, les médias ou même les fans.

"Oui, que ça ait pu choquer je le comprends, mais peut-être que là aussi il vaut mieux expliquer ou ré-expliquer ce qu’il s’est passé. Le rôle de la FIA est d’être le régulateur et le législateur du sport automobile mondial. Et lorsque nous avons un doute, lorsque parfois une autre équipe concurrente peut nous mettre sur une piste par rapport à l’interprétation d’un règlement, il nous appartient de la vérifier," explique le Français.

"C’est ce que nous avons fait, sans qu’il n’y ait aucune réclamation officielle d’aucun concurrent, alors que quand j’ai entendu parler d’une éventuelle non-légalité de Ferrari, j’ai suggéré aux équipes concurrentes de porter une réclamation, ce qui n’a jamais été fait," tient-il à repréciser.

"Donc, nous avons décidé de notre propre chef de diligenter une enquête extrêmement détaillée qui a été extrêmement longue et qui nous a fait conclure qu’il y avait quelque chose qui ne nous convenait pas. C’est quelque chose qui a été contesté par Ferrari. Mais nous n’étions pas en mesure de démontrer d’une manière sûre que la Ferrari n’était pas légale."

"J’aurais tout à fait voulu mettre ce point devant la cour d’appel de la FIA," assure à nouveau Todt, "ce qui aurait été extrêmement long et préjudiciable pour l’image de la Formule 1. Après avoir eu des négociations confidentielles avec Ferrari, ce qui fait partie d’ailleurs des statuts de la FIA (...), il est possible de faire un accord secret avec une équipe."

"Le secret n’est pas de notre fait, parce que moi je serai ravi de pouvoir divulguer le détail du contenu de cet accord, mais Ferrari peut refuser, ce qui est le cas. Nous avons donc passé un accord, nous nous sommes également assurés, et ça c’est quelque chose qui a été enregistré par toutes les autres équipes : que le doute que nous avions n’était plus reproductible compte-tenu de ce que nous avons décidé pour le règlement de la F1 pour 2020."

"Cet accord a donc été pris. Et nous avons considéré essentiel de dire qu’un accord avait été pris, ce qui n’était pourtant pas une condition obligatoire de notre part."

Est-ce à dire que la FIA a été trop honnête ?

"Peut-être, mais on nous aurait reproché de ne pas avoir dit qu’un accord avait été pris. Vous savez, dans cette opération, si on veut l’interpréter, on arrivera toujours à l’interpréter."

"Nous avons suivi scrupuleusement le règlement, nous avons suivi scrupuleusement l’accord que nous avons pris du fait de la volonté de Ferrari que ce soit un accord secret, mais croyez-moi que nous avons tout mis en oeuvre de manière à ce que les choses soient faites de la manière la plus transparente possible vis-à-vis de l’intérêt du sport automobile."

Le président de la FIA a évoqué le mot de préjudice, d’atteinte à l’image du sport ou même de la FIA, dans cette affaire.

"Pour être très sincère, je m’en serais bien passé. Si nous avions été laxistes, nous aurions laissé l’affaire passer. Nous avons donc voulu aller au bout, mais avec un certain nombre de contraintes que nous avons été obligés de respecter. J’espère que les compétiteurs ne nous mettront plus dans ce type de situation, mais malheureusement, ce n’est pas quelque chose qui est du fait du pouvoir sportif."

Quant aux enseignements, la FIA admet en avoir tiré certains mais Todt ne remet pas en cause le processus suivi dans ce cas particulier où de sérieux doutes ont plané mais sans preuve avérée.

"Je pense que tout a été fait pour faire en sorte que ce qui s’est passé ne se repasse pas et ce qui s’est passé ait des conséquences par rapport à ceux qui sont accusés... je le répète, sans que Ferrari accepte cette accusation. En tout cas tout a été fait du meilleur possible par rapport à ce que l’on pouvait faire."

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