Superlicence : la FIA ne doit pas ’faire une faveur’ à Herta pour Vasseur

Seidl veut plus de flexibilité

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Par Alexandre C.

3 septembre 2022 - 13:49
Superlicence : la FIA ne doit pas (...)

Alors que Pierre Gasly pourrait remplacer Fernando Alonso chez Alpine l’an prochain, AlphaTauri réfléchit déjà logiquement à un possible remplaçant pour le Français. Outre Mick Schumacher ou Liam Lawson, l’équipe de Faenza pense à Colton Herta.

L’Américain ne veut pas lui-même se précipiter pour signer en F1, mais aura-t-il vraiment le choix ? Car il y a un hic dans tous ces beaux plans.

Herta risque de ne pas atteindre les 40 points nécessaire sur sa Superlicence pour concourir en F1. Il possède actuellement un total de 32 points et, avec ses résultats en IndyCar, pourrait viser les 33 en fin de saison, sachant qu’il peut aussi gagner des points pour chaque séance d’EL1 disputée avec un kilométrage suffisant. Mais cela serait encore court…

La FIA pourrait néanmoins décider d’un cas de force majeure, et gratifier tout de même Herta de la Superlicence. Après tout, que ne ferait-on pas pour le marché américain ! Mais pourquoi avoir une règle si c’est pour la battre en brèche à la première occasion ?

"Cela n’a rien à voir avec la force majeure"

Frédéric Vasseur, le patron d’Alfa Romeo, ne comprend pas : pourquoi serait-ce un cas de force majeure ? Dans ce cas, autant supprimer la Superlicence, n’est-ce pas ?

« De mon point de vue, cela n’a rien à voir avec la force majeure, car vous avez eu des championnats partout dans le monde où marquer des points. »

« Maintenant, si la FIA veut arrêter le processus des points et de la Superlicence, c’est une autre histoire. »

« Ils peuvent le faire, c’est à eux de décider s’ils veulent arrêter le système. Et nous pouvons survivre sans le système. Mais ça n’a rien à voir pour moi avec de la force majeure. »

« Nous avons un système qui nous permette de discuter si nous voulons changer ou si quelqu’un a une proposition pour changer l’attribution des points. »

« Vous devez garder à l’esprit que lorsque nous avons pris la décision concernant la Superlicence et les points, c’était pour protéger la F1 et les pilotes, pour éviter que 10 pilotes arrivent en F1 avec de gros budgets et aucun résultat dans le passé, et prennent 50% de la grille. »

« Et je pense que c’était une bonne décision. Maintenant, c’est une autre question de voir si nous devons attribuer différents points à IndyCar ou à F3 ou F2. »

« Et je ne veux pas faire de comparaison, aussi, parce que d’une année à l’autre, c’est complètement différent. »

Frédéric Vasseur révèle d’ailleurs que si Alfa Romeo a engagé quelques discussions avec Herta, tout s’est vite arrêté en raison de ce problème de Superlicence.

« Nous avons eu des discussions l’année dernière avec Andretti. Ce n’est pas un secret. »

« Herta était sur la table, et il n’était pas éligible pour une Superlicence à ce stade. »

Steiner pense comme Vasseur

Même en tant que patron d’une équipe américaine, Günther Steiner, chez Haas, ne voit pas non plus pourquoi on ferait une faveur à Herta.

« Nous avons des règles et des règlements, que nous devons respecter. »

« Si nous ne respectons pas nos propres règles et essayons de trouver des moyens de les contourner, je ne pense pas que ce soit correct. »

« Je veux dire, nous pourrions alors appliquer cela à d’autres choses aussi, mais je ne parle pas de Colton, mais en général des règles. Nous les avons faites nous-mêmes, nous les avons signées, il y a une gouvernance, et nous devons la respecter. »

« Force majeure ou pas, c’est un point de discussion. Mais comme Fred l’a dit, le COVID était partout. Cela n’a empêché aucune série de courir. »

« Je suis de ceux qui disent que si vous avez des règles, si vous ne les respectez pas, et que vous essayez juste de trouver des moyens de les contourner, pourquoi avons-nous des règles ? Alors nous devons changer les règles. »

« C’est une discussion différente. Si vous voulez changer les règles, parlons-en. Encore une fois, il y a une gouvernance en place, vous ne pouvez pas changer les règles pour demain. Cela prend du temps. »

« Nous avons eu un problème très similaire il y a quelques années [avec Nikita Mazepin], et nous n’avons pas trouvé de règles pour le résoudre. Nous avons simplement travaillé avec, c’est ce que vous devez faire dans des cas comme celui-ci. »

Faut-il revoir le barème de la Superlicence ?

La F1 distribue-t-elle cependant assez de points aujourd’hui à l’IndyCar ? Steiner relativise.

« Il y a pas mal de pilotes qui ont obtenu une Superlicence. »

« Je pense à Alexander Rossi et Josef Newgarden. Ils ont obtenu une Superlicence, et ils l’ont fait dans le respect des règles. »

« Comme je l’ai dit, nous pouvons en discuter si nous devons changer. »

« Je n’ai pas participé à l’élaboration de ces règles. Je ne sais donc pas sur quoi il était basé ou pourquoi il a été choisi, le système de points tel qu’il est maintenant. »

« Si vous voulez changer la règle, discutons-en, et corrigeons-la pour l’avenir, si vous pensez qu’elle est mauvaise. Mais il faut qu’il y ait un accord entre les parties prenantes. »

Un point de vue différent pour Seidl

Le son de cloche n’est pas le même du côté de McLaren. Andreas Seidl, le directeur de l’écurie McLaren en F1, avait fait rouler Herta en EL1 et pense que la FIA devrait se montrer plus pragmatique quand une bonne opportunité se présente...

« En général, nous croyons dans le système, nous pensons que c’est un bon système en place. »

« Mais en même temps, nous sommes absolument prêts à faire preuve d’une certaine flexibilité. »

« En tenant compte également de la situation des deux dernières années avec COVID et tout le reste, cela a eu un impact sur les résultats que les pilotes pouvaient obtenir. »

« Et oui, nous sommes absolument ouverts à une certaine flexibilité dans la remise de la superlicence à un gars comme Colton. »

« En fin de compte, avec ce qu’il a montré jusqu’à présent dans sa carrière de pilote, je n’ai aucun doute qu’il est absolument capable de concourir en F1. »

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