Steiner ’se fout’ des accusations envers Haas F1 et Ferrari

Le modèle économique va encore faire grincer des dents

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Par Emmanuel Touzot

25 mars 2022 - 15:10
Steiner 'se fout' des (...)

Les synergies entre Haas F1 et Ferrari n’ont visiblement pas toujours le même effet sur la concurrence. En 2018, certaines équipes s’agaçaient du travail commun entre les deux équipes, alors que la jeune équipe américaine visait la quatrième place du championnat constructeurs.

En 2019, 2020 et 2021, le fait qu’elle soit en fond de grille ne posait plus de problème, mais le retour de l’équipe dans les points a fait grincer des dents à Bahreïn. Otmar Szafnauer a indirectement pointé du doigt le lien entre ces deux équipes, sans que des accusations nettes n’aient été portées.

Günther Steiner, le patron de Haas, n’a pas de problème à entendre les propos du dirigeant d’Alpine F1, auxquels il s’attendait. Selon lui, c’est la preuve que le modèle économique de Haas fonctionne, et il ne veut pas prêter attention aux commentaires qui arriveront ultérieurement.

"Je n’en ai pas peur, je sais que ça viendra mais je m’en fous !" a déclaré Steiner dans une interview exclusive pour Nextgen-Auto.com, rappelant que le modèle de Haas a toujours subi des critiques. "C’est toujours comme ça !"

"Quand vous réussissez, tout le monde savait que vous alliez réussir. Et quand vous échouez, tout le monde savait que vous alliez échouer. J’écoute les gens, mais je ne fais pas attention aux gens qui sont à l’extérieur et ne font que regarder."

"Nous prenons nos décisions comme nous voulons les prendre, comme nous voulons gérer notre business, et on n’écoute pas ceux qui nous disent comment on devrait faire notre business. Je respecte l’opinion de chacun, tout le monde est libre d’avoir la sienne, mais ça ne change rien pour nous."

La preuve que le modèle économique de Haas F1 fonctionne

Désormais convaincu, après la mauvaise passe consécutive au gel du règlement, que le business model de Haas est une réussite, Steiner espère que son team pourra connaître la réussite en F1, notamment grâce au plafond budgétaire mis en place l’an dernier.

"L’objectif est toujours de se battre face aux équipes de pointe. Normalement, c’est inenvisageable car les top teams développent leur propre moteur, et ce sont des équipes qui ont beaucoup d’avance. Le plafond budgétaire ne va pas tout changer ls premières années, c’est un peu plus à long terme."

"Mais si nous pouvons le garder sous contrôle, si nous ne le rehaussons pas de beaucoup chaque année, il y aura des possibilités qu’une petite équipe, nous ou une autre, puisse se battre pour le championnat. C’est l’objectif pour la F1 aussi, que tout le monde soit très compétitif, et que le championnat reste compétitif, même si les grosses équipes n’aiment pas ça !"

Un duo de pilotes qui mélange expérience et jeunesse

Haas engage cette année un duo composé d’un pilote expérimenté, Kevin Magnussen, et de Mick Schumacher qui effectue sa deuxième saison dans la discipline. Steiner explique ce qui change, après avoir connu un duo expérimenté et un line-up de débutants.

"Nous avons eu d’abord un duo expérimenté, puis un duo non expérimenté, et nous sommes maintenant heureux d’avoir un mélange. Je pense que l’an dernier, ce n’était pas simple avec deux débutants, car il n’y avait pas de référence."

"Maintenant que Mick est ici depuis un an, on le connaît mieux, mais c’est aussi une bonne équipe pour lui car il a une bonne référence avec Kevin. Il devrait apprendre plus rapidement, et s’il n’est pas aussi rapide que Kevin, il pourra au moins chercher à comprendre pourquoi."

"Il pourra être meilleur en ne devant pas essayer trop de choses, car chaque week-end, nous n’avons que trois heures d’essais libres, donc j’espère qu’il va en tirer parti."

Il confirme également les raisons qui l’ont poussé à ne pas contacter Romain Grosjean lorsque Haas F1 a décidé de congédier Nikita Mazepin. Le nom de Magnussen est arrivé en premier.

"Je sais ce qui se passe en sport auto, et il a déménagé aux Etats-Unis avec sa famille pour rouler pour Andretti. Je pense qu’il n’aurait pas forcément voulu revenir parce qu’il a l’air de se plaire là-bas, et il a un contrat. C’est pour cela que j’ai appelé Kevin d’abord."

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