Reporter le règlement de 2021 à 2022 est souhaitable mais désormais impossible
Avancer les budgets plafonnés à 2020, ou repousser le règlement aéro à 2022 ?
Comme Toto Wolff, Christian Horner et Otmar Szafnauer l’ont clairement prédit, le règlement 2021, en l’état actuel des choses, accroîtra les performances entre les écuries au lieu de les rapprocher (voir notre actualité précédente).
En effet, les budgets plafonnés ne seront introduits qu’en 2021, alors que le développement des monoplaces 2021 se mènera, logiquement, en 2020, année sans restrictions financières. Les écuries les mieux dotées vont ainsi pouvoir largement investir avant de devoir couper dans leurs frais… tandis que les écuries de milieu de grille ne pourront mener autant de développements techniques.
La conséquence de cette prédiction est claire : puisque le règlement 2021 sera contre-productif en l’état, ne ferait-on pas mieux de reporter son entrée en vigueur ?
« Avec le recul, il aurait été préférable d’introduire les budgets plafonnés en 2021, et ensuite, de prendre plus de temps pour développer le règlement aérodynamique, de faire évoluer les règles, pour les introduire en 2022 » estime logiquement Christian Horner. « De cette façon, tout le développement mené par les écuries de pointe aurait été encadré par les budgets plafonnés. »
« Il n’y a jamais eu de véritable politique de budgets plafonnés en F1 précédemment. Et il faut bien sûr, mettre en place toutes les infrastructures, tous les outils, pour surveiller les entreprises et leurs sous-traitants, ce n’est pas une mince affaire. C’est un business très complexe, chaque structure est différente. Donc il y a beaucoup de retard à rattraper, beaucoup de choses à mettre en place, et même après la publication du règlement, le 31 octobre, il y aura toujours des directives financières, techniques, afin de mettre en place des ajustements avant que la saison 2021 ne débute. »
Reporter les règles, selon Otmar Szafnauer, le directeur de Racing Point, est aussi, « peut-être », un choix « raisonnable ». Mais ce qui est souhaitable est-il seulement possible ?
« Nous en avons discuté lors d’une réunion, la semaine dernière, nous avons eu un débat sur la possibilité de reporter l’entrée en vigueur des règles d’un an, pour les raisons mentionnées » poursuit Otmar Szafnauer. « Ce serait plus équitable, car les écuries de pointe peuvent se permettre de dépenser plus maintenant. »
« Il y a une petite chance pour qu’un report soit décidé. Je ne sais pas si nous avons définitivement manqué cette opportunité, mais si ce n’est pas le cas, alors, cela reste une chose raisonnable à faire, parce que de notre côté, nous sommes bien loin d’atteindre le plafond budgétaire. »
Est-il déjà trop tard ? C’est bien ce que pense (souhaite ?) Toto Wolff pour Mercedes…
« Je ne pense pas que ce règlement pourra être stoppé ; ça a été dit de manière très claire, ce règlement progresse, va de l’avant. Il y aura des changements, mais ce sera une question de détails et d’interprétations, mais en gros, ce règlement va avancer. »
Et pourquoi ne pas introduire les budgets plafonnés dès l’an prochain ?
« C’est impossible » rétorque Christian Horner. « Aucun accord ne sera jamais trouvé à ce sujet. »
L’impossibilité d’avancer l’introduction des budgets plafonnés à 2020 est politique, elle est aussi technique.
« Le plus important dans cette affaire » explique Toto Wolff, « c’est de mettre en place des processus d’audit, de surveillance ; et rien de cela n’est en place pour l’an prochain. Donc cela ne fait pas sens de mettre en place ce règlement. »
C’est bien une opportunité qui aurait donc été manquée par la F1… la FIA et la FOM auraient dû y réfléchir à deux fois avant de prendre une décision définitive. C’est en substance ce que ressent Toto Wolff.
« En F1, on est très porté vers l’action, les choses doivent être faites tout de suite, » poursuit le directeur de Mercedes. « Nous ne pouvons continuer ainsi, sans déployer une vision stratégique à plus long terme. L’idée de repousser l’entrée en vigueur des budgets plafonnés, semble logique et stratégiquement bien pensée. Mais elle n’a pu convaincre, n’a pu susciter assez d’appétit du côté des décideurs. »
Enfin, du côté de McLaren, la situation semble bien être aussi à l’acceptation du statu quo.
« Nous aimons ce qui est sur la table aujourd’hui » estime Andreas Seidl, le directeur de l’écurie McLaren en F1. « Nous attendons juste le 31 octobre pour voir la publication de ces règles, et nous saurons tous sur quoi nous devrons travailler pour 2021 et les saisons suivantes. »
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