Formule 1

Renault réfléchit à faire de McLaren une sorte d’équipe B

Une alliance pour pouvoir lutter

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Par Emmanuel Touzot

7 mars 2019 - 09:49
Renault réfléchit à faire de McLaren (...)

Cyril Abiteboul a admis avoir sous-estimé la folie des dépenses que les équipes de pointe engageaient en Formule 1 lorsque Renault est revenue en 2016. Il explique qu’il ne s’attendait pas à voir Ferrari et Mercedes redoubler d’efforts financiers et que Renault ne veut pas gagner à tout prix.

"Nous avons maintenant les opérations que nous avons décidé d’avoir" explique Abiteboul. "Ce que nous n’avions pas réalisé, c’est qu’une course à l’armement complètement folle avait commencé, particulièrement entre Ferrari et Mercedes. C’est un sport différent, un univers différent."

"Notre plan était d’opérer au niveau des équipes de pointe. Mais elles ont continué à se développer à notre rythme et avec des chiffres comme ceux-ci, nous ne pouvons et nous ne voulons pas les suivre."

Les équipes de pointe que sont Ferrari et Red Bull ont des équipes B, Alfa Romeo et Haas pour la première et Toro Rosso pour la seconde, et le cas de Haas a été grandement débattu depuis trois ans puisque l’équipe se fournit en boîte de vitesses et en suspensions chez Ferrari.

"Haas a créé un précédent qu’il est difficile d’effacer. Pour moi, il y a un avant et un après Haas. Cela a changé la Formule 1, peut-être pour toujours. Dix équipes sont devenues quatre ou cinq. C’est quelque chose que nous n’avions pas réfléchi et bientôt, il sera impossible de gagner sans équipe B."

Abiteboul explique que les équipes B se mettent en travers du constructeur qu’est Renault : "Avant de pouvoir battre Ferrari, je dois d’abord battre Haas. Et le plus dur c’est, le plus dur c’est de gagner plus d’argent ou de sponsors. Nous voyons cette situation comme sérieuse et ce n’est pas qu’un problème pour Renault, mais pour tous ceux qui ne peuvent pas suivre ce modèle."

"Je ne sais pas comment arrêter cette course à l’armement et les équipes satellite en font partie. La FIA doit l’admettre. Nous ne voulons pas faire partie d’une Formule 1 comme celle-ci."

Il pense que les budgets plafonnés qui doivent arriver dans deux ans vont renforcer la puissance des alliances entre constructeur et équipe B : "Si vous avez moins d’argent et de ressources disponibles, une équipe peut se concentrer sur l’aérodynamique et l’autre sur le châssis. Cela rendra ces alliances fantastiques. Si vous êtes isolé comme nous, il n’y a aucune chance."

Avec le départ de Red Bull, Renault n’a plus qu’un client, McLaren. Abiteboul se voit difficilement demander à McLaren de jouer l’équipe B et si c’était le cas, il est sceptique quant à la puissance de cette alliance : "Nous sommes des équipes égales. Qui sera le roi et qui sera l’esclave ? Peut-être que nous devrons parler à McLaren à un moment, mais cette alliance ne sera jamais au niveau de Ferrari et Haas, McLaren et Racing Point ou Red Bull et Toro Rosso."

A noter toutefois que Mercedes et Racing Point se sont quelque peu éloignés du modèle en question puisque l’équipe canadienne n’a plus de pilotes Mercedes ni de réduction sur le moteur qui a même été badgé BWT Mercedes pour 2019.

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