Formule 1

Que vaut la saison 3 du docu Netflix sur la F1, Drive to Survive ?

Une saison qui s’intéresse plus aux coulisses que la précédente

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Par Emmanuel Touzot

21 mars 2021 - 18:20
Que vaut la saison 3 du docu Netflix

Pour la troisième année de suite, Netflix a sorti sa série documentaire sur la F1, Drive to Survive (Formule 1 : Pilotes de leur destin, en français). Une troisième saison qui a été perturbée par la pandémie de Covid-19 et a connu plusieurs affaires politiques en coulisses.

Nous commençons par une première partie d’article sans aucun spoiler, dans le cas où vous souhaitiez le regarder, et nous vous dirons alors quand arrêter ! Il s’agit dans ce début d’article de juger la qualité intrinsèque de la série.

Une saison intéressante à regarder ?

Disons le, cette saison 3 est mieux que la deuxième ! Drive to Survive revient davantage à son rôle de plongée dans les coulisses et, fatalement, romance moins certaines choses qui se sont déroulées durant la saison.

La saison 2 avait poussé ce trait à l’extrême, au point d’être totalement indigeste, ce que s’évite la saison 3. On notera encore des montages complètement trompeurs, des commentaires réenregistrés par-dessus les images, et des tentatives de créer des tensions là où il n’y en a pas.

On peut malheureusement déplorer les interventions de Will Buxton, chargé de créer des tensions à tout prix au fil de la saison. Ses commentaires sont très souvent dispensables, et parfois ahurissants.

Des défauts qui ont toujours été reprochés à Drive to Survive, et qui ne semblent pas décidés à quitter la série. Néanmoins, pour les belles images que propose la série et pour les choses que l’on voit des coulisses, au sein même des écuries, les cinq heures et demie de programme que représente cette saison 3 valent le coup.

A partir d’ici, nous passons à la partie de l’article avec spoilers, où nous détaillons davantage les épisodes, leur contenu et leurs points forts et faibles. Si vous souhaitez regarder la série plus tard sans ne rien savoir, nous ne pouvons que vous déconseiller d’arrêter la lecture ici !

Les différents épisodes de Drive to Survive se basent sur des arcs narratifs plus ou moins respectueux de la réalité, et essaient d’aborder différents pilotes et différentes équipes.

Episode 1 - Cash is King

Le premier épisode de la saison 3 de Drive to Survive met en lumière les essais hivernaux de Barcelone, au moment où le Covid-19 commence à prendre de l’importance en Europe et dans le monde.

On y découvre la présentation de la Racing Point RP20, dont l’apparence similaire avec la Mercedes W10 de 2019 choque le paddock. La confiance affichée par l’équipe est nette, et l’on voit le rôle de Lawrence Stroll au sein de celle-ci.

L’épisode termine ensuite par le week-end de Melbourne, où tout est annulé à cause du Covid-19, même si là aussi, le paddock le prend encore avec décontraction jusqu’à l’arrivée des premiers cas.

On y retrouve notamment le coup de gueule de Lewis Hamilton sur la présence de la F1 à Melbourne. On peut toutefois regretter un traitement rapide de l’annulation du Grand Prix dans l’épisode.

Episode 2 - Back on Track

Après plusieurs mois de pause, la F1 reprend ses droits lors du Grand Prix d’Autriche au Red Bull Ring. L’épisode se concentre majoritairement autour de la lutte entre Red Bull et Mercedes F1, et de la rivalité entre Christian Horner et Toto Wolff.

Le DAS est au centre de toutes les questions, et l’on voit les différentes tactiques de Horner pour déstabiliser Mercedes. Outre les plaintes contre le DAS, qu’il reconnaît porter uniquement pour agacer ses rivaux, l’épisode revient sur la pénalité que prend Hamilton pour dépassement sous drapeau jaune en qualifications.

On voit notamment Horner et Red Bull, qui ont les images de l’infraction assez rapidement, attendre le timing idéal pour porter réclamation. Horner ne se cache pas et explique le faire pour agacer au maximum Mercedes et son pilote.

Episode 3 - Nobody’s Fool

Un épisode centré grandement sur Valtteri Bottas et sa dévotion pour battre Hamilton. On y retrouve notamment ses doutes et son agacement face à certaines critiques qui lui sont adressées.

L’épisode fait un premier bond en avant temporel en Russie, où Bottas remporte son deuxième Grand Prix de la saison après pratiquement dix courses sans gagner. On le voit notamment en discussion avec son physio et sa compagne.

Dans ce dialogue, il parle d’un commentaire vu en ligne l’ayant particulièrement touché, une critique très méchante et sans filtre vue sur les réseaux sociaux. Cette phase aborde rapidement le problème de la méchanceté des internautes envers les pilotes.

Episode 4 - We Need to Talk about Ferrari

Un épisode centré sur la Scuderia, qui vit une passe très difficile au Grand Prix d’Italie. L’action se passe à Monza, quelques jours après le catastrophique Grand Prix de Belgique.

Sebastian Vettel présente notamment son casque spécial pour l’événement, précisant que l’avantage de celui-ci est qu’il peut "enlever le masque pendant que je le porte."

On voit ensuite Vettel être repris par une personne du service communication de Ferrari qui lui explique qu’il est mal vu de blaguer vu la situation de l’écurie. S’ensuit un échange tendu entre le pilote allemand et les communicants de l’équipe.

Globalement, cet épisode fait le parallèle avec la situation de Ferrari un an avant, lorsque Charles Leclerc avait gagné à Monza. La course se passe terriblement mal pour Ferrari, et la crise s’installe avant le 1000e Grand Prix.

Episode 5 - The End of the Affair

Perturbé par le départ de Daniel Ricciardo pour McLaren, Cyril Abiteboul admet être blessé. Il explique qu’il ne s’attendait pas à voir l’Australien, avec qui il se plaçait sur un plan à long terme, quitter Renault F1 après seulement deux saisons.

Les deux hommes reconstruisent doucement leur relation pour faire la saison 2020 ensemble dans un bon état d’esprit. L’arc narratif parallèle de l’épisode est celui sur Racing Point et l’affaire des écopes de freins illégales.

Les deux histoires se rejoignent puisque c’est Abiteboul qui lance la réclamation contre Racing Point. A Silverstone, le directeur de Racing Point, Otmar Szafnauer, vient voir Abiteboul et lui dit en plaisantant que l’aileron avant de la Renault semble copié sur la Racing Point.

Une référence aux accusations de copie entre Mercedes F1 et Racing Point. Abiteboul lui répond alors qu’il a pris des photos de la RP20 pour s’inspirer. Ambiance... L’épisode montre aussi Lawrence Stroll se défendant contre ces accusations.

Episode 6 - The Comeback Kid

Un épisode qui se centre sur Pierre Gasly. Le pilote AlphaTauri est en quête de rédemption, un an après avoir été rétrogradé de Red Bull à Toro Rosso. Au début de l’épisode, on le voit terminer quatrième à Spa-Francorchamps.

Ensuite, on voit la semaine qui le mène à Monza. On le voit entendre à la radio qu’il restera chez AlphaTauri et que Red Bull espère donner plus de temps à Alex Albon pour faire ses preuves.

Le Français ne mâche pas ses mots envers Helmut Marko et Christian Horner : "Sérieusement, c’est ridicule. Leur comportement est ridicule" dit-il à son préparateur physique. L’épisode se termine par le récit de sa victoire au Grand Prix d’Italie.

Episode 7 - Guenther’s Choice

Comme chaque saison, un épisode se passe entièrement chez Haas F1. On retrouve Günther Steiner, aux prises avec un Gene Haas visiblement désespéré au téléphone, alors que l’équipe enchaîne les contreperformances.

La chronologie est très peu respectée entre les différentes actions de l’épisode, mais on découvre un Steiner très ému à l’idée de devoir se séparer de Romain Grosjean et Kevin Magnussen en fin de saison. Il repousse l’annonce mais celle-ci arrive finalement au Portugal.

On voit également Steiner se rendre en Allemagne négocier avec 1&1, un fournisseur d’hébergement internet d’outre-Rhin. Il s’agit aujourd’hui du sponsor de Mick Schumacher, qu’il a amené chez Haas F1.

On voit Steiner négocier et comprendre qu’il lui faudra un pilote allemand. Le parallèle est fait avec le Grand Prix de l’Eifel, où Schumacher passe le week-end avec Alfa Romeo. On voit notamment Frédéric Vasseur et Steiner blaguer.

On apprend aussi, et surtout, que les tractations entre Alfa Romeo et Schumacher sont restées très limitées, et ont presque servi d’écran de fumée à Haas F1 pour négocier tranquillement avec Schumacher.

Episode 8 - No Regrets

Un des épisodes les plus scénarisés et romancés, et donc un des plus malhonnêtes de la saison. Il se focalise sur la prétendue dégradation de la relation entre Lando Norris et Carlos Sainz, après que ce dernier a décidé de quitter McLaren pour rejoindre Ferrari.

Partant d’un postulat inventé de toutes pièces, il se montre forcément ennuyant, et c’est un des épisodes les plus artificiels de la saison. Malheureusement, cela en fait aussi un des plus dispensables.

Episode 9 - Man on Fire

Cet épisode se concentre sur Sergio Pérez, Alex Albon et Romain Grosjean, tous trois en quête d’un volant pour 2021 lors des deux courses organisées à Bahreïn. Bien évidemment, l’accident de Grosjean prend une part très importante.

L’épisode est le plus long de la saison car beaucoup de témoignages reviennent sur l’effroyable crash de Bahreïn. On y revit l’accident avec des images inédites et d’autres montrées différemment qu’à la télé en direct.

Toujours aussi effroyable, il nous glace encore le sang lorsqu’on le voit, mais on apprécie vraiment, en parallèle, de voir le principal intéressé en plaisanter, et de voir le soulagement ressenti par tout le paddock.

L’épisode se termine par la victoire de Pérez à Sakhir, au moment où il est toujours sans contrat pour la saison suivante. Christian Horner dit finalement face caméra que le Mexicain sera dans une Red Bull en 2021.

Episode 10 - Down to the Wire

Le dernier épisode de la saison se concentre sur la lutte entre McLaren, Racing Point et Renault F1 pour la troisième place du championnat du monde. On y vit donc le Grand Prix d’Abu Dhabi, où McLaren finit par triompher face aux deux autres équipes.

On voit également le dernier Grand Prix disputé par plusieurs pilotes dans leur équipe, à l’image de Vettel chez Ferrari, Pérez chez Racing Point, Ricciardo chez Renault et Sainz chez McLaren.

L’épisode - et donc la saison - se conclut sur une séquence montrant Lewis Hamilton en train de parler du racisme en sport auto. Il revient sur sa jeunesse et sur les difficultés liées à sa couleur de peau. "Tout cela a contribué à créer le monstre que vous voyez en piste", dit-il avec le sourire.

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