Formule 1

Quand Sauber perdit BMW en 2009, ce fut un ‘choc total’ se souvient Kaltenborn

Elle évoque l’épisode de la Superlicence de Kimi Räikkönen

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Par Alexandre C.

15 mai 2021 - 13:19
Quand Sauber perdit BMW en 2009, ce (...)

En 2006, BMW rachetait l’équipe Sauber pour fonder le projet BMW-Sauber. Très vite les résultats arrivèrent, avec évidemment le point d’orgue de la victoire de Robert Kubica en 2008 au Canada.

Tout se retourna l’année d’après : en raison de la crise financière et de l’échec in-extremis des négociations sur les budgets plafonnés, BMW annonça son retrait de la F1. Sauber redevint une équipe indépendante, avec des finances précaires.

Pour le podcast "Beyond the Grid", Monisha Kaltenborn, ancienne dirigeante de Sauber remplacée par Frédéric Vasseur, est revenue sur cette annonce de BMW : en 2009, il était alors possible, sinon probable, que Sauber mette la clef sous la porte.

« Ce fut un choc total. Et même pour la plupart d’entre eux chez BMW. Parce qu’il y avait ces discussions en cours ; si vous vous souvenez, à cette époque, il y avait certaines confrontations avec la FIA parce que Max Mosley voulait pousser pour que les budgets plafonnés soient à un niveau bien plus bas. »

« Il y avait trois équipes qui participaient à ce règlement. A ce moment-là, nous, Sauber, étions sur le point de dire : "Bien, nous acceptons ces règles", ce qui aurait bien sûr conduit à une confrontation avec les autres équipes. »

« L’enterrement du projet de budgets plafonnés a été décidé à la dernière minute et nous étions très, très sur le point de soutenir ce projet. Si une grande entreprise comme BMW entend certaines menaces concernant des paiements et des dommages et intérêts si les choses ne sont pas signées d’une certaine manière, elle appuie simplement sur la gâchette. »

L’ancienne directrice d’équipe a ainsi vécu, entre 2006 et 2009, un certain âge d’or à Hinwil. Etait-ce d’ailleurs la période la plus brillante de Sauber ?

« Oui, je dirais que oui. »

« Bien sûr, ce n’est qu’une simple spéculation ; je ne sais pas ce qui se serait passé si nous n’avions pas eu ce genre de partenaire étant donné les circonstances. Parce qu’il y avait beaucoup de constructeurs dans le sport et ça vous fait toujours progresser de manière énorme, en particulier sur le plan financier [et] sur le plan technique car c’est lié aux finances. »

« Je pense que c’était juste le bon moment quand un partenaire aussi fort est arrivé pour Sauber. Nous avons pu franchir cette étape. L’usine elle-même s’est considérablement agrandie au cours de cette période. L’espace a presque doublé. Et aujourd’hui, il est également utilisé. L’équipe s’est donc retrouvée à un autre niveau et sans cela, elle n’aurait pas pu exister autrement. »

Avant de prendre les rênes à Hinwil, Kaltenborn était directrice des affaires légales chez Sauber. Elle eut notamment à gérer un cas compliqué : l’obtention de la Superlicence de Kimi Räikkönen. En effet en 2000, le Finlandais était encore un pilote relativement inexpérimenté : il avait gagné la Formule Renault Britannique en 1999, sans avoir le pedigree d’autres rookies potentiels. Monisha a ainsi croisé maille avec la FIA...

« Pourquoi ne pas le faire si vous en êtes convaincu et que vous pensez que c’est juste et que cela pourrait être une idée fantastique ? Tu y vas alors. »

« Nous avons senti très vite qu’il y avait une sorte de résistance à vouloir lui donner la Superlicence pour courir à ce moment-là. Et ça n’a pas été facile de convaincre la FIA de franchir le pas. »

« Non, en fait, ce n’est pas chez Sauber que nous avons personnellement traité cette question. Je dirais que nous avons reçu l’aide de personnes d’une équipe qui n’est pas très éloignée de nous en Suisse. Je ne dirai pas le nom, mais ce n’était pas trop loin ! »

Ferrari semble être l’équipe possiblement derrière l’arrivée de Kimi Räikkönen en F1 si l’on en croit Kaltenborn… avec raison puisqu’en 2007, le Finlandais devint champion du monde en Rouge.

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