Formule 1

Qualification Sprint : ce qui a fonctionné et ce qui déçoit

Premier bilan du nouveau format de la F1 vu à Silverstone

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Par Emmanuel Touzot

18 juillet 2021 - 13:07
Qualification Sprint : ce qui a (...)

La première Qualification Sprint de la Formule 1 a eu lieu ce samedi à Silverstone, pour déterminer la grille de départ du Grand Prix de Grande-Bretagne. C’est l’occasion de tirer un premier bilan de ce nouveau format, et de ses points positifs et négatifs.

A l’exception des qualifications de 2016, qui avaient été un fiasco absolu lors des deux tentatives, chaque nouveau format a des points positifs et négatifs. C’est donc le moment de décortiquer ce qui a fonctionné lors de ces Qualifications Sprint et ce qui pourrait être changé ou amélioré.

Les points positifs des Qualifs Sprint

Un vendredi qui gagne en intérêt

La première réussite de ce format est la répartition de l’action dans le week-end. Avec la séance de qualifications dès le vendredi après-midi, il n’y a pas de journée calme du week-end.

Là où le vendredi est habituellement réservé aux essais libres pour préparer le week-end et présente donc un intérêt limité, la deuxième séance a été remplacée par une séance qualif classique avec Q1/Q2/Q3, constituant la grille pour le Sprint, ce qui a permis d’avoir de l’action pour boucler le vendredi.

Un choix de pneus libres pour tout le week-end

Pour la Qualification Sprint et pour la course du dimanche, la F1 n’impose aucune obligation de choix de pneus. Les pilotes ont été libres de faire la Q2 avec les composés tendres.

Lors du Sprint, ils ont été 16 à choisir les médiums et quatre à opter pour les gommes tendres. En course enfin, chacun adaptera sa stratégie selon l’attaque prévue, mais l’avantage qui est réservé habituellement au 11e disparaît.

On peut se féliciter des interrogations multiples que cela a apporté avant le Sprint, et des doutes que cela a apportés avant le départ, puisque les équipes manquaient de roulage avec seulement deux séances d’essais libres.

Il faut se rappeler qu’à partir de 2022, la règle obligeant le top 10 à débuter la course avec les pneus de Q2 disparaîtra. Et cet essai à Silverstone prouve que cette décision est la bonne, et que le spectacle en sera augmenté.

Un début de course totalement fou

Est-ce à cause des peurs de ne pas pouvoir dépasser à la stratégie et lors des arrêts aux stands ? En tout cas, les premiers tours de course ont été totalement fous en piste, avec de nombreuses manœuvres de dépassements.

Fernando Alonso s’est illustré en gagnant six positions, mais on a aussi pu observer une intense lutte entre Lance Stroll et Kimi Räikkönen, et un duel acharné entre Lewis Hamilton et Max Verstappen.

Certes, le premier tour est souvent le théâtre de nombreux dépassements, mais les pilotes ont semblé encore plus vouloir en profiter, et ont un peu plus mis leur prudence de côté, nous offrant quelques minutes d’intense spectacle en piste.

Les problèmes de la course qualificative

Le nom ’pole position’ devient moins important

Bien que correct étymologiquement, le nom de pole position semble décidément difficile à attribuer au vainqueur d’une course. La F1 et Ross Brawn en tête ont admis qu’il était étonnant de garder ce nom.

Sebastian Vettel avait expliqué avant le week-end qu’il aurait préféré conserver la statistique de poleman pour la séance qualif du vendredi et décerner un trophée différent au vainqueur de la Qualification Sprint.

La F1 a choisi une autre option en donnant la statistique de la pole au vainqueur de la course qualificative, et en attribuant le nom de ’Speed King’ au premier de la séance du vendredi, en l’occurrence Hamilton. Le Britannique a d’ailleurs reçu le trophée Pirelli de la pole position, ce qui n’a rien arrangé à la compréhension. A revoir, donc, selon la FOM elle-même.

Une séance de qualifs classique... pour rien

De manière générale, la séance qualificative du vendredi a perdu en intérêt, non pas dans la tension qu’elle a proposé, mais dans ses célébrations et son impact sur le week-end entier.

Les pilotes avouaient eux-mêmes vendredi qu’il était étonnant de se battre pour une qualification et de ne pas avoir l’impression d’avoir validé sa place sur la grille. Malheureusement, c’est là un problème intrinsèque au format, pour lequel il n’y aura pas de solution miracle.

Le rôle des Essais Libres 2 remis en doute

Max Verstappen a fortement remis en doute avant le week-end l’intérêt des EL2, disputés samedi matin, alors que le régime de Parc Fermé était instauré. Selon lui, ils n’allaient pas être utiles puisque les équipes ne pouvaient rien faire.

Mais avec une seule heure d’essais le vendredi matin, durant laquelle les équipes devaient préparer la séance de qualification et travailler un peu sur des plus longs relais, elle s’est finalement avérée utile puisque les pilotes y ont parcouru jusqu’à 34 tours pour les plus assidus.

L’intérêt de ces EL2 pour préparer les relais de course n’était donc pas absent, mais les fans ont également exprimé le manque d’intérêt pour une telle séance après la qualification.

Il est vrai que ces EL2 ressemblaient un peu à ce qu’était le warm-up du dimanche matin à l’époque, avec une séance très studieuse et sans tension entre les qualifications classiques et le Sprint.

Le problème est que pour des raisons purement commerciales, il semble difficile de voir Liberty Media échanger les qualifications du vendredi et les EL2 du samedi matin. D’autant que l’on perdrait de nouveau un des points forts du format, qui est l’intérêt gagné par la journée du vendredi.

Quelle solution possible alors ? Peut-être permettre aux équipes de retoucher à plus de réglages comme la suspension ou l’angle de l’aileron arrière (en plus de l’avant), sans permettre de changement de pièces par exemple.

En conclusion

La Qualification Sprint est une idée intéressante, à condition de ne pas trop la généraliser. Elle permet de modifier un format de week-end manquant parfois d’intérêt, et de dynamiser le vendredi.

Néanmoins, sur les circuits où il est difficile de dépasser, cela ne ferait qu’ajouter à la procession que peut parfois être la course du dimanche. Et clairement, la F1 doit revoir l’ensemble de ses nomenclatures pour les week-ends où elle organise ces Sprints.

Si les voitures 2022 produisent réellement leur effet sur les dépassements, il pourrait toutefois être intéressant de tester ce format sur différents types de tracés, pour avoir une véritable vision de leur valeur ajoutée.

Ce qui a fonctionné :

  • Un vendredi qui gagne en intérêt
  • La stratégie pneumatique libre pour les courses
  • Un début de course totalement fou

Ce qui n’a pas fonctionné :

  • Les dénominations ne fonctionnent pas
  • Le soufflé retombe après les qualifications
  • Le rôle et l’absence de tension des Essais Libres 2

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