Formule 1

Pirelli confirme la thèse du débris, le pneu de Hamilton a failli éclater aussi

Mario Isola avance plusieurs explications

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Par Alexandre C.

6 juin 2021 - 20:00
Pirelli confirme la thèse du débris, (...)

L’explication de Pirelli était très attendue ce dimanche, après les explosions spectaculaires de pneus ayant affecté Lance Stroll puis Max Verstappen (photo).

Après course, le Néerlandais, un peu sceptique mais toujours déçu, estimait que Pirelli allait trouver une excuse, venant de quelque débris par exemple, pour expliquer ces accidents spectaculaires. Rappelons aussi qu’avant la course, Pirelli conseillait un relais maximum de 40 tours avec les durs C3 (or Max Verstappen a couvert seulement 30 tours avec ces pneus, et Stroll 31).

Alors, pourquoi un tel « boum » sur les Pirelli ? Mario Isola avait la lourde tâche d’expliquer aux détracteurs de Pirelli la vraie cause de ces explosions : des débris, effectivement !

Pour la défense de Pirelli, Mario Isola note qu’une entaille sur le pneu de Lewis Hamilton corrobore la thèse des débris…

« Ce que j’ai recueilli jusqu’à présent ne sont que des indications préliminaires. L’éclatement a été soudain, tant pour Lance que pour Max, sans aucun avertissement. De toute évidence, nous n’avons pas eu le temps de mener une enquête complète et nous devons renvoyer les pneus à Milan. »

« Le plan est d’envoyer les deux jeux à Milan par fret aérien demain afin de les avoir dans nos laboratoires dès que possible et de pouvoir faire une enquête dessus ces trains, plus quelques autres jeux utilisés dans le même relais. Parce qu’en regardant les pneus utilisés dans le deuxième relais, pour la plupart des pilotes, nous n’avons rien trouvé. »

« Je crois pouvoir exclure que les défaillances soient dues à l’usure des pneus, car il ne s’agit pas de cela. Nous avons trouvé une coupure sur l’intérieur d’un pneu arrière gauche utilisé par Lewis Hamilton dans le même relais. La coupure était assez grande et profonde - probablement 6-7cm - mais ne coupait pas la construction, donc le pneu est en une seule pièce, juste la bande de roulement est coupée. »

« Quand il y a eu le drapeau rouge et que Lewis est venu dans la voie des stands pour changer le jeu de pneus, nous avons pu trouver la coupure dans le pneu. Le pneu arrière gauche n’est pas le plus pneu sous pression, à Bakou, car c’est évidemment l’arrière droit qui est le plus sous pression. »

« La coupure sur le pneu de Lewis vient clairement d’un débris. C’est clair parce que le pneu est toujours en une seule pièce et vous pouvez voir que la coupure n’est pas dans n’importe quelle direction, c’est une coupure qui est... clairement venue de l’extérieur. »

« Dans le cas de Lewis, la coupure n’était pas assez profonde pour couper la construction, donc il a eu de la chance à cause de ça, et dans le cas de Max et Lance, il y a eu une perte d’air et donc une défaillance.... Et c’est pourquoi Lewis n’a pas perdu de pression. Nous avons donc la preuve qu’un autre pneu a été coupé. »

Isola avance une piste : et si c’était finalement le crash de Lance Stroll qui avait causé celui de Max Verstappen ? Mais dans ce cas-là, comment expliquer l’incident sur l’Aston Martin F1 ?

« Pour Max, il pourrait s’agir de débris de la voiture de Lance. Pour Lance, honnêtement, je ne sais pas car il n’y a pas eu d’incidents avant son accident. »

« Je ne peux pas exclure qu’il y ait eu quelque chose sur la piste. En 2018, Valtteri Bottas a ramassé un gros débris sur la ligne droite principale et son pneu a soudainement éclaté. »

« Dans ce cas, c’était visible sur les images et nous pouvions voir clairement ce qui a coupé le pneu. Dans ce cas, c’est un peu plus compliqué. Un autre élément de notre enquête est de savoir s’il y a des images ou des séquences que nous pouvons utiliser pour mieux comprendre ce qui s’est passé. »

Un autre élément semble excuser Pirelli de toute dégradation inopinée... venant de la télémétrie des autres équipes.

« Il s’agit de l’enquête préliminaire. Un autre élément est qu’il n’y a pas eu de signe ou d’avertissement selon les équipes. Nous devons recevoir la télémétrie de leur part mais ce qu’ils m’ont dit, c’est qu’il n’y avait pas d’avertissement, pas de vibration, rien pour penser qu’il pourrait y avoir quelque chose de mal avec les pneus. »

« Les autres pneus qui ont été utilisés pendant la même chose pendant 30, 32, 33 tours ne montrent aucune preuve d’un problème potentiel. C’est ce que je sais pour le moment. »

L’analyse approfondie attendra le prochain Grand Prix

Pirelli espère désormais arriver à une analyse définitive d’ici le prochain Grand Prix en France, au Paul Ricard pour d’éventuelles contre-mesures...

« Ce sont les principaux éléments recueillis dans ce court laps de temps, sachant que les pneus montés sur les voitures accidentées sont rentrés au garage et dans notre zone de montage il y a seulement quelques minutes, nous avons donc besoin d’un peu de temps pour les analyser. »

« Je ne veux pas donner de conclusions préliminaires, mais il semble qu’il s’agisse d’une coupure due à un débris. Comme je l’ai dit, ce n’est pas le pneu le plus sollicité, nous avons des preuves d’une autre coupure à la même position, les deux accidents se sont produits plus ou moins sur la même partie du circuit avec quelques tours de différence. Nous avions un certain nombre d’autres voitures avec les mêmes tours sur leurs pneus sans aucun problème, donc l’enquête préliminaire conclut que c’est probablement dû à un facteur externe - débris, vibreur ou autre. »

Reste que les pneus Pirelli semblent être très sensibles à ces débris... n’est-il pas possible de rendre les pneus plus résistants face à ce genre d’imprévus ?

« Il est presque impossible de concevoir un pneu capable de résister à tout type de débris, si c’est un débris. Si ce n’est pas un débris, nous devons envisager nos contre-mesures. »

« Mais je comprends parfaitement que les pilotes qui s’écrasent à cette vitesse soient inquiets, c’est clair. Je suis également inquiet. Mais nous ne voulons rien exclure parce que, comme Max l’a dit, ces choses ne devraient pas arriver. »

Ces explications ont semble-t-il satisfait Toto Wolff, interrogé au sujet de l’entaille sur le pneu de Lewis Hamilton.

« Je vais attendre l’analyse de ce que c’était. Je ne veux pas pointer le doigt sur qui que ce soit. »

Pirelli

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