‘Nous sommes un pays pauvre’ : la F1 en Afrique du Sud, un projet irréaliste ?

Hamilton et Domenicali n’arrangent pas les affaires du GP

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Par Alexandre C.

30 avril 2022 - 12:34
‘Nous sommes un pays pauvre' : (...)

Encore récemment, Lewis Hamilton a confié tout son désir de voir l’Afrique et notamment Kyalami revenir au calendrier de la F1.

« Celui que je veux vraiment voir, c’est l’Afrique du Sud. C’est le prochain Grand Prix que je veux entendre annoncer. Eh bien, nous sommes à peu près sur tous les autres continents, alors pourquoi pas. En fin de compte, mes ancêtres sont de là-bas, donc c’est important pour moi personnellement, et c’est important pour le sport d’y aller » confiait-il ainsi récemment.

En interne à Kyalami, apprécie-t-on ce soutien direct de Lewis Hamilton ? Ou bien l’intérêt lui aussi public de Stefano Domenicali, le patron de la FOM ? Pas automatiquement…

« Chaque fois que Lewis ou Stefano mentionnent Kyalami, les médias se déchaînent » a ainsi confié une source proche du dossier Kyalami à RacingNews365.

« Aucune de ces spéculations n’est utile à la cause car elles suscitent des attentes. Des attentes très hautes, puis presque immédiatement brisées. C’est cynique... »

Pourquoi cela n’arrange-t-il pas l’Afrique du Sud ? Eh bien, parce que le défi d’accueillir la F1 serait trop grand, et trop peu réaliste, par rapport aux autres difficultés, immenses, que subit le pays (corruption, inondations extrêmement meurtrières récemment, chômage endémique, destruction du Parlement dans un incendie, instabilité politique, inflation, etc.)

Un pilote sud-africain a ainsi confié à la même source : « Pourquoi cette obsession ? Nous [l’Afrique du Sud] sommes bien trop pauvres ; voyez la dévastation à cause des inondations, les délestages et les coupures de courant, etc. »

Warren Scheckter, neveu de Jody, le champion du monde 1979 de Ferrari, espère à travers un consortium mener à bien ce projet ambitieux. Où en sont alors les négociations ?

« Nous travaillons avec la Formule 1 depuis un certain nombre d’années pour essayer d’organiser un Grand Prix en Afrique du Sud, et cette conversation est toujours en cours. »

« Nous travaillons dur avec eux pour essayer de donner un sens à un business plan pour l’Afrique du Sud. Nous faisons de bons progrès, mais nous avons encore du travail à faire. C’est une bonne chose, mais ce n’est pas encore terminé. »

« Je ne pense pas que nous voudrions attendre au-delà de 2024. Nous n’avons pas perdu espoir pour 2023, mais c’est peu probable en raison de l’encombrement du calendrier. »

« D’un point de vue logistique, le calendrier est serré pour nous. Si nous devions envisager 2024, ce serait le plus tard possible, donc oui, nous n’irions pas au-delà. »

2024 apparait en effet comme une limite puisque le consortium du fameux neveu aurait des droits expirant à la fin de cette année…

Un projet herculéen pour un colosse aux pieds d’argile

Et le délai semble court vu l’ampleur des travaux. Car le circuit n’a que le Grade 2 de la FIA, qui expire d’ailleurs bientôt de surcroît.

Il faudrait aussi construire de nombreuses tribunes (la capacité n’est que de 20 000 places pour le moment). Sans compter le ticket d’entrée à payer à la FOM, à hauteur d’une dizaine de millions probablement. Ou encore, les nombreux travaux à prévoir dans le garage, dans le paddock qui est trop étroit aujourd’hui pour accueillir des hospitalités, etc.

On imagine que le gouvernement ne serait pas forcément enclin à financer un tel projet, en période de difficultés économiques… et de soupçons de corruption.

Deux autres solutions se présenteraient : des fonds amenés via le trust Venter, qui exploite la marque Porsche dans le pays mais sans lien direct avec la maison-mère ; ou encore un soutien accru de la F1.

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