Formule 1

Négociations avec les promoteurs : à la peine, Liberty accuse… Ecclestone !

Bernie Ecclestone a révélé que les promoteurs payaient trop pour les GP

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Par Valentin Vilnius

12 mars 2019 - 18:29
Négociations avec les promoteurs : à (...)

Liberty Media connaît actuellement des difficultés dans le cadre de la prolongation des contrats de certains circuits. Plusieurs Grands Prix, et non des moindres (Silverstone, Monza, Espagne, Mexique) verront leur contrat arriver à expiration à la fin de l’année ; mécontents des conditions financières aujourd’hui en vigueur avec la FOM, et en délicatesse budgétaire, ces circuits pourraient bel et bien disparaître du calendrier en 2020, si Liberty Media n’est pas prêt à consentir de sérieuses ristournes.

Or Bernie Ecclestone, peu après avoir été remercié par Liberty Media, au printemps 2017, avait rappelé – pour mieux faire un croche-patte aux Américains – qu’il avait, en effet, imposé des exigences financières drastiques aux promoteurs, et que ces derniers avaient donc bien raison de se plaindre !

« Quand j’ai convaincu ces gens, à Bahreïn, de construire ce circuit ici, et bien d’autres gens encore, je me sentais un peu responsable, je leur ai demandé trop d’argent pour ce qu’ils fournissaient, donc je me sentais un peu responsable » lançait Bernie Ecclestone après le Grand Prix de Bahreïn 2017.

Bien heureux de cette sortie médiatique inespérée, les promoteurs rappellent et rappelleront encore les propos de l’ancien grand argentier de la F1 à Liberty Media…

Greg Maffei, le PDG de Liberty Media et supérieur de Chase Carey, a donc voulu remettre les pendules à l’heure, lors d’une conférence à la Deutsche Bank : il n’a pas hésité à faire le coup du passif et de l’héritage, en accablant Bernie Ecclestone.

« Bernie Ecclestone avait fait un très bon travail, et probablement un trop bon travail, puisqu’il avait vidé les portefeuilles des promoteurs. Et nous en ressentons le contrecoup aujourd’hui, en partie parce que les contrats sont publics aujourd’hui, et que les promoteurs peuvent voir les prix demandés ; et en partie parce que Bernie a suggéré à beaucoup de promoteurs qu’ils payaient trop cher. Cela n’a pas aidé la cause. »

« Par-dessus le marché, les gouvernements essaient de retirer des subventions : au Mexique, en Espagne aussi. Donc cela crée quelques difficultés. »

Que faire alors, si des promoteurs ne peuvent être prolongés ? Greg Maffei entend bien jouer le jeu de la concurrence et aller voir ailleurs : Hanoi sera au calendrier en 2020 ; les négociations avancent sur un Grand Prix des Pays-Bas ; Miami, et le continent africain pourraient enfin accueillir prochainement un Grand Prix.

« Nous continuons à travailler avec Miami, mais il y a des nombreux obstacles sur ce point. Nous avons aussi regardé des alternatives aux USA, dont Las Vegas. »

« Nous avons recherché d’autres alternatives en Afrique. Nous essayons aussi de consolider l’avenir de certaines courses européennes et d’en attirer de nouvelles. Le cœur de notre fanbase est solide. »

« Vous essayez toujours d’équilibrer ce que vous faites : consolider votre fanbase, là où vous êtes solides – historiquement, c’est en Europe de l’Ouest ; et ajouter d’autres courses, comme au Vietnam, potentiellement une deuxième course en Chine, potentiellement une course en Afrique. »

« Nous ne sommes pas encore prêts à faire une annonce, mais nous essayons de mélanger intelligemment nos opportunités de croissance et les régions où nous voulons consolider notre présence. »

Le Grand Prix au Vietnam n’est-il pas risqué ? Chacun se souvient du flop du Grand Prix de Corée du Sud ; et les destins des courses en Inde ou en Malaisie n’ont pas été particulièrement brillants.

« Le Grand Prix du Vietnam sera plus excitant et représentera un progrès par rapport à la Malaisie, dont l’évènement n’était pas assez différencié du Grand Prix du Singapour » rétorque, à ces critiques, le PDG de Liberty Media.

FOM (Liberty Media)

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