Formule 1

‘Mais qui a approuvé ce circuit...’ : la charge violente de Verstappen sur Djeddah

‘Ils ont 90 millions de dollars de raisons de courir ici’

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Par Alexandre C.

5 décembre 2021 - 08:53
‘Mais qui a approuvé ce circuit...’ : (...)

Après plusieurs pilotes comme Carlos Sainz ou Pierre Gasly, c’est au tour de Max Verstappen de monter au créneau pour dénoncer la dangerosité du tracé de Djeddah.

Même si les qualifications se sont finies sans drame majeur, à l’exception de quelques sorties de piste individuelles, dont celle du pilote Red Bull, qui sait ce qui pourra arriver en course ? Ou lors du prochain Grand Prix d’Arabie saoudite en 2022 ? Les murs sont en effet très proches de la piste, et bien des virages à haute vitesse se négocient à l’aveugle. Le crash de Leclerc en EL2 sonne ainsi comme un avertissement.

C’est donc une charge violente qu’a lancée Max Verstappen, non seulement contre le circuit de Djeddah mais aussi contre la FOM.

« C’est un circuit assez dangereux. Il y a beaucoup de virages sans visibilité, donc si quelqu’un est lent dans un virage, vous ne le saurez pas avant d’y être. Je m’attends à des problèmes. Il peut y avoir de gros accidents. »

« Si une voiture percute le mur au départ ou à tout autre moment de la course, elle peut rebondir sur la piste et provoquer un grave accident. À Spa, ils changent l’Eau Rouge pour la même raison - ils veulent créer une zone plus sûre là-bas. Alors oui, c’est très amusant de conduire ici, mais les virages à l’aveugle comme ceux-ci peuvent être très difficiles. Vous sentez que le danger est là. »

« Je me demande qui approuve ce genre de circuit. Je veux dire, quelle idée géniale. Je pense qu’ils ont quatre-vingt-dix millions de dollars de raisons de courir ici » ajoute-t-il de manière ironique…

Après les qualifications de Djeddah, Sergio Pérez a lui aussi vilipendé la dangerosité du tracé de Djeddah, rejoignant ainsi son coéquipier.

« C’est un très beau circuit, mais très dangereux car il y a beaucoup de lignes droites qui tournent, des virages et des angles morts. »

« Quand vous regardez certaines caméras embarquées, c’est assez effrayant. J’espère que rien de grave n’arrivera sur le circuit. »

« La piste est un peu trop risquée sans raison, avec les vitesses que nous faisons avec les deltas autour de la piste de certaines autres voitures, et c’est un peu inutile. Mais je pense que c’est probablement quelque chose que nous pouvons revoir après le week-end. Si vous avez une course avec des voitures regroupées, un petit incident peut devenir très, très gros. »

George Russell, le directeur du GPDA, propose des solutions

Directeur du GPDA, le pilote Williams George Russell a une voix particulière dans le paddock : il dénonce lui aussi l’aspect sécuritaire de Djeddah, notamment ses murs de béton.

« En tant que pilote, ce n’est pas très agréable d’avoir une barrière en béton, et son angle arrondi n’est pas parfait non plus, elle dépasse un peu du point de corde... »

« Mais j’en ai déjà parlé à Michael [Michael Masi, le directeur de course de la FIA,] et aux concepteurs de la piste, et ce serait un peu plus spectaculaire si vous pouviez avoir ces murs parfaitement arrondis. Mais néanmoins, je me suis senti à la limite, en poussant fort, et vous oubliez parfois que les murs sont là. »

George Russell souligne aussi le rôle crucial des ingénieurs des pilotes pour éviter le chaos... Et s’inquiète en particulier pour les courses support, dans les années à venir, sur ce tracé.

« Tout le monde fait preuve de plus de respect et de prudence que d’habitude, et les ingénieurs et l’équipe sont vraiment sur la radio pour vous tenir informés parce que c’est une recette pour un désastre, ce circuit. Nous avons la vie facile en Formule 1 parce que nous avons toutes les données GPS... mais quand je courais en F2, vous n’aviez pas de GPS. Et c’est là que je pense... qu’il est temps que la Formule 2, la Formule 3 aient la télémétrie GPS dans les équipes, afin qu’elles puissent voir exactement où se trouve chaque voiture, donner le feedback. Parce que nous l’avons vu tellement de fois, c’est le chaos absolu. »

Des avis plus positifs également...

Daniel Ricciardo a tout de même tempéré l’ensemble de ces propos, rappelant qu’il ne voulait pas être "trop négatif sur un circuit plaisant."

« Nous savons quels virages sont un peu dangereux et nous nous assurons de ne pas être un danger dans ceux-là. »

« Je ne peux pas dire que je me suis senti en danger ce week-end. Bien sûr, l’intensité est plus élevée parce que c’est un circuit urbain et que la vitesse est élevée, mais je n’ai pas eu d’inquiétude. »

Pour Valtteri Bottas, « c’est hardcore mais c’est ce que vous voulez ».

Mick Schumacher ajoute lui que « je ne critique pas le circuit, il est énorme en termes de pilotage ! Alors oui... mon sentiment est que si quelque chose se produit à l’avant, les voitures derrière arriveront dans une zone de danger à grande vitesse. Ce serait bien qu’il y ait des aménagements pour 2022. Actuellement, il y a trop d’endroits où quelque chose peut mal tourner. Et nous ne voulons pas attendre qu’un accident grave se produise. »

Pour Nikita Mazepin « ce ne serait pas juste de critiquer Djeddah et ne pas critiquer Monaco ou Bakou alors. Nous avons les mêmes problèmes ici que sur ces 2 circuits. Et c’est notre travail d’y faire face. Sinon, nous serions comme des journalistes qui se plaignent de passer trop de temps devant un ordinateur. »

Lando Norris nuance toutefois la vision du Russe : « la différence avec Monaco, c’est que Monaco est beaucoup plus lent, donc vous pouvez vous détendre un peu. Il est également plus facile de juger où se trouve le rail. C’est beaucoup plus difficile ici mais j’aime le défi. »

La réponse du designer

Le circuit a été conçu par Hermann Tilke, qui a travaillé sur la plupart des circuits modernes de Formule 1.

« Les pilotes doivent être très concentrés ici. Ce circuit ne pardonne aucune erreur. Vous ne pouvez pas vraiment le comparer avec Monaco. Il n’y a que deux endroits où on peut se détendre un peu, sinon c’est virage après virage. L’un d’eux à un banking à 12 degrés. C’est un défi constant pour le pilote. »

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